L'Algérie 10 ans après le putsch    
Les droits humains: Un bilan désastreux 

Chronologie d’une tragédie cachée

( 11 janvier 1992 – 11 janvier 2002 )

Salah-Eddine Sidhoum, publiée par Algeria-Watch, 11 janvier 2002

Cette chronologie, loin d’être exhaustive, a été rédigée sur la base d’informations de la presse nationale et internationale, des agences de presse, des témoignages de citoyens et de faits vécus par l’auteur. Elle retrace jour après jour la tragique guerre imposée à la population par les putschistes du 11 janvier 1992 avec son lot de morts, de blessés, de souffrances et de destructions. Notre intention n’est pas de dresser une indécente comptabilité macabre mais de simplement montrer à l’opinion publique qu’une véritable guerre se déroule en Algérie, guerre que les factieux auraient voulu - par une politique de désinformation et de manipulation - mener à huis-clos et cacher au monde.

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1995

 

Janvier 1995: Le département d'Etat Américain publie un rapport accablant sur la situation des droits de l'homme en Algérie.

La presse internationale et les Chancelleries des pays occidentaux avancent les chiffres de 1000 morts par semaine.

Le Conseil national de transition (CNT) adopte le décret portant sur la transformation de toutes les cours criminelles en tribunaux d'exception (cours spéciales) en introduisant le décret "anti-terroriste" (03-92) dans le code pénal et le code de procédure pénale.

Une vaste campagne médiatique est menée par la télévision et ses relais de la "société civile" contre "les viols et le mariage de jouissance" ". De nombreux cas de kidnappings et de viols de femmes sont amplement médiatisés durant tout ce mois. La population signale l'apparition de faux « islamistes" très actifs dans les villages de la Mitidja, de Chlef et de Boumerdés.

Arrestation rocambolesque par la police de M Zaaf, journaliste et correspondant de l'agence italienne Ansa et de son fils à leur domicile dans la Casbah d'Alger. Officiellement, il aurait hébergé un "terroriste". Selon de nombreux témoignages de la corporation, la cause réelle de l'arrestation serait le fait qu'il il avait adressé à son agence des dépêches concernant les exactions et les exécutions commises par les militaires lors de ratissages dans la Casbah.

Quinze greffiers des tribunaux d'Alger arrêtés pour "soutien aux terroristes". Ils seront jugés et condamnés à de lourdes peines en juillet 1996 lors d'un procès à huis-clos.

3 janvier 1995 : Le "GIA" adresse un ultimatum aux ambassades des Etats-Unis, de la Grande Bretagne et d'Allemagne pour fermer leurs services diplomatiques.

4 janvier 1995: Une délégation du FLN conduite par Mehri rencontre Abassi Madani et Ali Benhadj. Il serait question de la réunion de l'opposition représentative à Rome.

5 janvier 1995: L'instance exécutive du FIS publie un communiqué où elle "dénonce tout acte de violence qui vise les innocents, quelle que soit leur tendance ou religion, et quels que soient les auteurs de ces actes".

6 janvier 1995 : Zine Eddine Aliou Salah, journaliste au quotidien Liberté, tué par un groupe armé près de son domicile, dans la banlieue de Blida.

10 janvier 1995: Quatre citoyens tués à leur sortie de la mosquée à Barika, près de Batna par des individus armés qui réussiront à prendre la fuite.

11 janvier 1995: Des partis politiques algériens (FIS, FFS, FLN, Ennahda, MDA, PT, JMC) et la Ligue algérienne de défense des droits de l'homme signent ensemble un Contrat National de sortie de crise à Rome et exigent la création d'une commission d'enquête sur les violences perpétrées en Algérie.

Deux pères blancs, Raphaël Deillon et Bernard Lefebvre échappent à un attentat à Ghardaïa.

Violent accrochage au quartier Maquaria d’Alger entre un groupe armé et des militaires. L’assaut de la villa où étaient retranchés les hommes armés est donné au lance-roquettes : huit morts.

Un groupe armé mitraille un bus à Batna : 11 morts.

Six membres présumés d'un groupe armé dont un certain Mihoubi Hachemi, présenté par la presse comme étant l'"émir" tués lors d'une opération militaire dans la localité de Rouag (M'Sila).

13 janvier 1995 : La presse privée rapporte l'assassinat de six militants du FLN près de Relizane et considère cet acte comme une réponse des "groupes armés" (sans préciser lesquels) au contrat national signé à Rome.

14 janvier 1995: Yahiaoui Abdelhamid, journaliste au quotidien Echaâb est tué par balles dans la banlieue est d’Alger.

Manifestations organisées par les services de propagande du pouvoir contre la plate-forme de Rome. Poursuite de la campagne d'invectives contre les participants à la réunion de Sant 'Egidio. Les membres du gouvernement s'y mettent pour traiter Mehri, Ben Bella et Ait Ahmed de tous les noms.

15 janvier 1995 : Salah Nour, membre du CNT (Conseil National de transition) est tué par balles près de son domicile à Kouba

Quatre policiers sont tués à Réghaïa.

17 janvier 1995 : L’observatoire National des « droits de l’homme » parle dans son rapport annuel de 327 cas de « dépassements ».

Des informations font état d'une embuscade tendue à Bab Ezzouar (Alger) à une patrouille de police durant ces derniers jours : 7 morts.

18 janvier 1995 : Le pouvoir dénonce le contrat de Rome.

19 janvier 1995 : explosion d’une voiture piégée au marché de Bougara (Blida) : quatre morts et des dizaines de blessés.

Miloud Beddiar, membre du CNT (Conseil national de transition, assemblée non élue) tué à Alger.

21 janvier 1995 : Rachid Harraïgue, président de la fédération de football, tué à Alger.

22 janvier 1995: un commerçant français du nom de Belaïche, tué au square Port Saïd à Alger.

L’hôtel Les Cèdres de Tala Guilef (Tizi Ouzou) détruit à l’explosif par un groupe armé. Pas de victimes.

Trois douaniers tués à Tidjelabine (Boumerdés) par un groupe armé.

23 janvier 1995 : Un buraliste de Surcouf, près de Ain Taya (Alger) du nom de Rebbah Mohamed, grièvement blessé par un groupe armé.

Le cadavre d'un douanier retrouvé à Cheraga (Alger).

27 janvier 1995: Moussa Moghni, membre du CNT est tué par balles à Larbaâ (Blida).

Une usine de chaussures de la SONIPEC est détruite à Dellys (Boumerdés) par un groupe armé.

29 janvier 1995: une marche « spontanée » contre la réunion de Sant’Egidio est organisée par les services de l’action psychologique à Alger. Des cars ramènent de malheureux travailleurs des fins fonds du pays pour « marcher ».

30 janvier 1995: Explosion d'un véhicule piégé devant le commissariat central d'Alger : 42 morts et des dizaines de blessés.

31 janvier 1995 : Trois membres présumés d'un groupe armé tués à Kouba (Alger). Ils seraient selon la presse, les auteurs de l'assassinat de Salah Nour, membre du CNT.

Février 1995: De nombreuses femmes sont kidnappées, certaines violées, d'autres mutilées et assassinées, dans la région de Blida et de Chlef par des "groupes armés". Ces actes ignobles et crapuleux sont fortement médiatisés par la télévision d'Etat. Des scènes horribles et choquantes sont diffusées en prime time.

1er février 1995 : suspension de l’hebdomadaire La Nation en raison d’un article sur Ali Benhadj.

Un journaliste de la télévision, Nacer Ouari chargé du journal des malentendants est tué à Sidi Moussa (Alger).

Gasmi, syndicaliste connu pour s'être opposé aux dérives politiciennes de Abdelhak Benhamouda est tué à Khemis El Khechna (Boumerdés).

L’APS rapporte que l’Algérie a été « élue par acclamations à la vice-présidence de la 51e session de la Commission des droits de l’homme à Genève ». (Sic)

Ali Djeddi, membre de la direction du FIS condamne l'attentat à la voiture piégée du boulevard Amirouche.

3 février 1995 : François Mitterrand suggère une réunion sur la crise algérienne sous l'égide de l'union européenne. Tollé général dans les milieux éradicateurs. Le pouvoir s'insurge contre ce qu'il qualifie d'ingérence.

5 février 1995 : Dans un communiqué publié par El Hayat, le "GIA" revendique l'attentat contre le commissariat central d'Alger.

6 février 1995 : un cinéaste, Djamal Fezzaz, grièvement blessé par balles à Alger.

Abassi Madani est hospitalisé à l’hôpital militaire de Aïn Naâdja.

11 février 1995: une enseignante, Mme Fatma-Zohra Ouraïs, tuée à El Biar (Alger).

Six gardes frontières tunisiens tués par des présumés islamistes à Tamerza (poste frontière) selon la presse privée.

12 février 1995: la télévision diffuse les « aveux » télévisés des « assassins » de Saïd Mekbel, journaliste du quotidien Le Matin. Ils récitent parfaitement bien la leçon et répondent admirablement bien à la « question ».

Les partis politiques signataires de l'accord de Rome s'opposent aux "élections" présidentielles et appellent à un dialogue sérieux.

Vingt membres présumés d'un groupe armé tués dans la région de Mascara.

Conférence de presse à Alger des personnalités politiques signataires du Contrat de Rome.

13 février 1995 : un responsable d'un des syndicats estudiantins (UGEL), Abdelhafid Saïd est tué à Alger.

Azeddine Medjoubi, comédien et directeur du TNA est tué à Alger.

14 février 1995 : Mohamed Ouaguenouni, militant du PAGS est tué à Si Mustapha (banlieue est d’Alger).

Bachir Bentayeb, fonctionnaire au ministère des Affaires Etrangères est tué par des hommes armés à Alger. Son jeune frère, Abbas sera kidnappé par la sécurité militaire quelque temps après. Il fera partie de la très longue liste des disparus.

15 février 1995: Mme Nabila Djahnine, militante féministe, présidente de l'association Thighri n'tmettouth (cri de femme) est tuée à Tizi-Ouzou par des hommes armés qui réussiront à prendre la fuite.

Ali Benhadj, vice-président du FIS, est mis au secret dans une caserne du Sud algérien. Des informations non confirmées parlent de Tamanrasset. Toute visite familiale et de ses avocats lui est interdite.

Rachid Baba Ahmed, chanteur et producteur est tué à Oran.

16 février 1995 : Dans un témoignage adressé à l'opinion publique, un prisonnier politique de la prison d'El Harrach (A.C. Mokhtar n° 75409) décrit la torture qu'il a subi au centre de Châteauneuf et signale qu'un écolier de 14 ans est mort sous ses yeux sur la table de torture.

Violent accrochage entre des militaires et des hommes armés près de la gare d’El Harrach (Alger), qui durera près de douze heures. Pas d'informations sur d'éventuelles pertes humaines.

Le DEC (maire non élu) de Draa Ben Khedda (Tizi-Ouzou) tué par balles.

Cinq membres présumés d'un groupe armé tués à Boukhalfa (Tizi Ouzou). Selon la presse, parmi eux se trouveraient les auteurs de l'assassinat de Mme Nabila Djahnine.

Un citoyen tué à Birkhadem (Alger) par des hommes armés qui réussiront à prendre la fuite.

17 février 1995: le correspond du quotidien El Djoumhouria à Gdyel, Djaffer Zaïter est tué par balles par des inconnus.

Le pont reliant Saoula à Birkhadem (Alger) est détruit à l’explosif. Important embouteillage dans la ville de Birkhadem.

Etat de psychose à Alger. Des rumeurs font état d'une offensive éminente des "groupes armés" dans la capitale en ce mois de Ramadhan.

18 février 1995: Explosion d’une bombe à Lakhdaria (Bouira) au passage du train Alger-Constantine : pas de victimes.

Le MPR (mouvement pour la République), appendice du RCD, appelle à nouveau à la constitution de groupes armés d'autodéfense.

Un officier de police du nom de Doukar Saïd est tué à Tizi Ouzou.

19 février 1995: Le colonel Meraou Djillali dit Salah, adjoint du général Médiène dit Tewfik de la sécurité militaire est tué à Kouba ainsi que ses deux gardes du corps.

L’organe télévisuel de propagande diffuse un prêche de Cheikh El Bouti, (imam de service du dictateur syrien, Hafedh El Assad) condamnant la réunion de Rome.

Une unité de matériaux de constructions de Bordj Menaiel (Boumerdés) détruite à l'explosif par un groupe armé.

20 février 1995 : Le "GIA" revendique l'assassinat des 6 garde-frontières tunisiens.

21 février 1995 : Manipulation des "services" en vue d'une évasion à la prison de Serkadji qui se termine le lendemain par un carnage : 109 morts. La presse éradicatrice accuse Hachani d'être l'un des principaux instigateurs !!! Des informations vérifiées ont démontré le contraire. Hachani avait créé avec Layada et Cherati une cellule de crise et avait réussi à faire réintégrer la majeure partie des détenus (qui ne comprenaient pas ce qui arrivait) dans leurs cellules. Chérati sera abattu par un tireur d'élite. Hachani et Layada seront enlevés et séquestrés.

Les autorités interdisent une marche que devait organiser à Alger le MCB – commissions nationales, proche du FFS. Le quartier de la Grande Poste est bouclé par les brigades anti-émeutes. Entre-temps, la grève de l'école se poursuit en Kabylie. Indifférence totale du pouvoir.

22 février 1995 : L'émission "Droit de savoir" de la première chaîne française de télévision (TF1) consacrée au détournement de l'Airbus du 24 décembre 1994 est déprogrammée sur injonction de Charles Pasqua.

25 février 1995 : Le centre culturel de Aïn Zaouïa (Tizi Ouzou) est incendié par des hommes armés.

Les dispositions du Décret législatif no 92-03 du 30 septembre 1992 relatif à la lutte contre la subversion et le terrorisme ont été introduit dans le code pénal en février 1995

26 février 1995 : Mme Aïssa Khadidja, enseignante à l’Institut d’agronomie d’El Harrach (Alger) est tuée près de son lieu de travail.

Plusieurs ONG internationales des droits de l'Homme condamnent le massacre de Serkadji et appellent à la constitution d'une commission d'enquête indépendante.

27 février 1995 : Mr Abdelkader Hadj Benaamane, journaliste correspondant de l'APS à Tamanrasset est arrêté à son domicile avec sa fille âgée de 2 ans pour avoir divulgué le lieu de séquestration de Ali Benhadj. Il sera condamné par un tribunal militaire à trois ans de prison ferme pour atteinte à la sûreté de l'Etat.

Mohamed Benhalima, directeur général de la banque extérieure d'Algérie est blessé par balles à Alger.

Attentat à Birkhadem (Alger) contre un certain Djamil Benrabah, fonctionnaire à la présidence et membre du CNSA. Il sera grièvement blessé. Avant de tomber, il aurait, selon la presse, tué avec son arme l’un de ses agresseurs. Son épouse, magistrate, est tuée sur le coup.

28 février 1995: « aveux » télévisés des survivants du carnage de Serkadji, interviewés par le procureur général d’Alger. Une première dans les annales de la 'justice" algérienne.

Une citoyenne, Hammoudi Fatiha est tuée par balles à Draa El Mizan (Tizi Ouzou).

309 islamistes tués durant le mois de février selon un décompte de presse.

29 février 1995 : El Watan annonce encore une fois la mort de Djamel Zitouni, chef du "GIA"

1er mars 1995 : Le comité algérien des militants libres de la dignité humaine et des droits de l'homme publie le premier tome du Livre blanc sur la répression en Algérie aux Editions Hoggar (Suisse).

Un habitant de Baraki, Aouarhoun, technicien à l’APS est tué par balles, près de son domicile.

4 mars 1995 : Trois organisations américaines de défense des droits de l'homme 'Human Rights Watch, Lawyers Commitee for Human rights et Physicians for Human Rights) exigent une enquête indépendante sur le carnage de la prison de Serkadji et se proposent d'accomplir cette tâche.

Des hommes armés circulant dans une voiture banalisée tirent sur des lycéennes à Saoula (Alger) : plusieurs blessées.

5 mars 1995 : Suspension du quotidien La Tribune.

Lettre de Hachani au général Zeroual, relatant les circonstances de la "mutinerie", ses efforts pour y mettre un terme, les obstacles rencontrés et la violence dont il a fait l'objet de la part des gardiens. Il déclare entamer une grève de la faim et réclame une commission d'enquête.

7 mars 1995: Le quotidien parisien Le Monde publie le témoignage d'un policier algérien réfugié en France, décrivant la torture et les exécutions sommaires perpétrées par les services de sécurité.

Le "ministre" de la justice, Mohamed Teguia qui déclarait triomphalement le 22 février que la mutinerie de Serkadji avait été matée (109 morts) est limogé. Il est remplacé par un "député" de la chambre d'enregistrement (CNT), Mohamed Adami, ancien magistrat impliqué dans une affaire de mœurs.

Un train est brûlé aux environs du Gué de Constantine : deux blessés.

Un citoyen algérien, fonctionnaire à la mission des Nations Unies à Alger, tué par un groupe armé.

8 mars 1995 : A l'occasion de la fête de la femme, un groupuscule de femmes éradicatrices organise à la salle Ibn Khaldoun d'Alger, un tribunal symbolique pour juger les "intégristes". Abassi, Belhadj et Haddam sont condamnés à mort !!!!

10 mars 1995 : une voiture piégée explose devant un immeuble habité par des policiers à Jolie Vue (Kouba) : dégâts importants. Une cinquantaine de personnes blessées.

12 mars 1995 : Le nouveau président de la fédération algérienne de football, M. Larbi Brik (remplaçant de Rachid Harraigue, assassiné) est blessé par balles à un barrage dressé par un groupe armé sur la route de Sidi Bel Abbés.

13 mars 1995 : Le collectif des avocats des détenus de Serkadji s'élève dans un communiqué adressé à l'opinion publique contre les actions exercées par la direction du bagne à l'encontre les survivants du carnage.

Une fillette de 15 ans (Ghodbane Fatima) est enlevée par des hommes armés désignés comme étant des « islamistes » au niveau de l’école de Oued Djer (Blida) et égorgée. Une vaste campagne médiatique s’en suit.

14 mars 1995: Alors que des armes sont distribuées à profusion aux membres de la Nomenklatura véreuse et que des groupes de miliciens se sont constitués depuis près d’une année dans plusieurs régions du pays et notamment en Kabylie et dans la Mitidja, le « ministre » de l’Intérieur déclare à la presse anglaise (The Indépendant) : « Il n’y a pas de loi sur les groupes d’autodéfense en vue ».

15 mars 1995 : Le comité algérien des militants libres de la dignité humaine et des droits de l'homme publie une liste de cent cinq victimes du carnage de Serkadji.

Dans un communiqué, l'Armée Islamique du Salut (AIS) déclare avoir désigné un "émir national intérimaire" en la personne de Madani Mezrag et avoir pris la direction du mouvement en l'absence d'Abassi et Benhadj incarcérés. Certains milieux parlent de manipulation et de récupération de Madani Mezrag par les "services".

16 mars 1995 : Deux jeunes filles égorgées dans la localité de Ain Ferhat (Oum El Bouaghi)

17 mars 1995 : Dans un communiqué parvenu à l'AFP, la délégation parlementaire du FIS pour l'Europe et les Etats Unis se déclare "outrée par les meurtres de civils innocents, notamment de femmes et enfants en Algérie, meurtres qui font le jeu de la junte illégale qui a toujours essayé de semer la confusion en organisant la terreur pour soumettre la population à ses volontés. Elle condamne les attaques contre des individus, hommes ou femmes, qui exercent pacifiquement leur droit d'expression, notamment les étudiants, les hommes politiques, les écrivains ou les journalistes qui ne participent pas aux opérations des forces de sécurité impliquant l'usage de la force".

18 mars 1995 : Selon le quotidien La Tribune, plusieurs responsables de l'AIS auraient rejoint d'autres groupes armés, pour dénoncer la désignation de Mezrag comme émir national.

19 mars 1995: Accrochage entre des policiers et des éléments d'un groupe armé à Ain Taya (Alger) : un membre du groupe armé tué.

20 mars 1995 : Rachida Hamadi, journaliste à la télévision et sa sœur sont victimes d’un attentat à Chevalley (Alger). La sœur mourra sur le coup, la journaliste décédera quelques jours plus tard en France où elle fut transférée en urgence.

Violent accrochage dans la localité d'Ait Larbi, près de Beni Yenni (Tizi Ouzou) entre un groupe armé et les services de sécurité. Pas d'informations exactes sur le nombre de morts.

22 mars 1995 : attentat contre un bus militaire à Réghaïa. Un lieutenant-colonel blessé.

Bouberkéche Ali, journaliste, demeurant à Aïn Taya est retrouvé mort à Dergana (Alger).

24 mars 1995 : Le docteur Abdelwahab Benboulaïd, enseignant à l'université, fils de l'illustre martyr Mostepha BenboulaÏd, héros de la guerre de libération nationale, tué à Aomar (Bouira) ainsi qu'un vieux compagnon de son père. Officiellement le « GIA » serait l'auteur de l'attentat. Ses amis s'interrogent sur les véritables commanditaires de ce crime.

25 Mars 1995 : El Watan, quotidien "très bien informé" parle d'une vaste opération militaire dans la région de Aïn Defla et de près de 800 morts (!!) après d'intenses pilonnages et bombardements par l'aviation de plusieurs zones.

Visite durant ce même mois d'une délégation d'Amnesty International. La visite du bagne de Serkadji qui venait d'être le théâtre d'un carnage lui est refusée par le pouvoir militaire.

Vaste opération de ratissage dans la région de Laghouat avec participation des forces aéroportées suite à la désertion de 101 militaires.

27 mars 1995 : Mohamed Abderrahmani, directeur du quotidien gouvernemental El Moudjahid est tué aux Anassers (Alger).

Quatre policiers sont tués à Metlili. (Sud)

30 mars 1995: Mr Messili Azeddine, citoyen algérien demeurant en Angleterre est kidnappé par la police politique à l'aéroport d'Alger- Dar El Beida à son retour de Tunis. Mr Messili a disparu depuis cette date. Un témoin l'aurait aperçu au Centre de torture de Châteauneuf.

31 mars 1995: L'agence de presse officielle, APS annonce la mort de 18 citoyens algériens qualifiés de "terroristes".

Une voiture piégée explose au quartier Zellal à Tizi Ouzou : un mort.

265 islamistes tués au courant du mois de mars selon un décompte de presse.

Avril 1995: Création de la milice du village de Boukram (Lakhdaria). Des armes sont distribuées à une quarantaine de miliciens.

3 avril 1995 : les maquisards islamiques piratent la télévision à l’ouest du pays pendant près de 45 minutes. Affolement dans la nomenklatura locale. L'émetteur est ensuite détruit à l'explosif.

Le pouvoir militaire crée des zones d’exclusion au Sud du pays. Les habitants sont contraints de se munir de laissez-passer pour circuler sur leur propre terre. Avec les zones hyper-surveillées du Club des Pins et de Sidi Fredj, les contours de l’Algérie « utile » se dessinent plus clairement.

Deux fonctionnaires des Affaires religieuses tués à Blida.

Des milliers de personnes sont mobilisées à Ain Defla par les organisations satellites du pouvoir pour manifester leur soutien au général Zeroual et pour dénoncer le "terrorisme".

4 avril 1995 : Mohamed Sellami, responsable du PAGS (parti communiste) crée avec ses frères, une milice armée à Boufarik qui va mener des opérations de représailles contre les familles de sympathisants islamistes de la ville.

Makhlouf Boukhzar, chroniqueur sportif de la station régionale de la télévision est tué à Constantine.

Le DEC (maire non élu) de Hammam Melouane (Blida) et trois miliciens sont tués dans une embuscade tendue par les maquisards.

Onze membres présumés d'un groupe armé tués à Oran.

5 avril 1995 : Tentative d'assassinat du maire de Bouharoun (Tipaza).

6 avril 1995 : Benmerakchi Mohamed, taxieur, est arrêté à 2 heures du matin à son domicile (Climat de France. Alger) par des policiers cagoulés et transféré au centre de Châteauneuf où il sera horriblement torturé durant 40 jours. Son crime : il avait été accidentellement balayé par les caméras de la BBC lors de l’interview que le Dr. Sidhoum avait accordé à cette chaîne de télévision.

9 avril 1995 : Trois citoyens tués à la cité Sorecal de Bab Ezzouar (Alger) par un groupe armé.

13 avril 1995 : Explosion d'une bombe près du commissariat de police de Mostaghanem : 2 citoyens tués.

18 avril 1995 : la presse rapporte selon un communiqué des services de sécurité que 90 citoyens qualifiés de « terroristes » sont morts durant la semaine écoulée en divers points du territoire national. Cette même presse fait état de "l'identification" des auteurs de l'assassinat d'Abdelouahab Ben Boulaïd.

19 avril 1995 : Un policier et son père, chauffeur de taxi famille Boumezbar) tués à Frais Vallon (Alger).

21 avril 1995: Arezki Oukid, membre du CNT (parlement désigné) tué à la Casbah d'Alger.

22 avril 1995 : une enseignante de l’Ecole d’architecture d’El Harrach (Alger), Hadji Ratiba, est tuée par balle. Son mari est grièvement blessé.

Un barrage de policiers est mitraillé aux Eucalyptus (Alger). On parle d’une dizaine de morts.

23 avril 1995 : Les négociations entre le pouvoir et une tendance du MCB aboutissent à un accord. Création d'un commissariat à l'Amazighité. Le MCB-commissions nationales dénonce cet accord. Aggravation des désaccords au sein du mouvement culturel amazigh. Il semblerait que l'enjeu des "élections" présidentielles ait précipité les choses et que les calculs politiciens aient pris le dessus sur la cause culturelle.

Huit membres présumés d'un groupe armé tués dans la région de Annaba.

24 avril 1995 La LADDH dénonce les milices armées et les pouvoirs parallèles.

Plusieurs bus incendiés par des inconnus à Frais Vallon, dans la banlieue ouest d'Alger.

26 avril 1995 : Violent accrochage entre policiers et un groupe armés près de la cité universitaire Bouraoui d'El Harrach (Alger). Pas d'informations précises sur le nombre de morts.

Trois jeunes citoyens tués par un groupe armé à Ain El Kahla, près d'Ain Taya (Alger).

27 avril 1995 : Une cinquantaine de cadavres mutilés et décapités sont découverts dans la région de Jijel. Il s’agirait de malheureux citoyens arrêtés lors de rafles et de ratissages selon les témoignages de citoyens de la région. La propagande officielle et ses relais médiatiques parlent de règlements de compte entre maquisards islamiques.

Violents affrontements entre militants du mouvement culturel amazigh à Béjaïa, suite à la reprise des cours en Kabylie. L'éclatement du mouvement se confirme.

30 avril 1995 : 62 islamistes tués au cours du mois d'avril selon un décompte de presse.

5 Mai 1995: Cinq ressortissants étrangers, techniciens dans une société gazière (Bechtel) tués à Ghardaïa par des hommes armés.

6 mai 1995: Le journaliste Djamil Fahassi, de la chaîne III de la radio nationale est kidnappé à hauteur de l'Institut d'agronomie d'El Harrach, aux environs de 14h 30 par des civils armés qui seraient selon les propos de sa famille, des éléments de police. Rezag Bara, président de l'Observatoire national des droits de l'homme refuse de recevoir Mme Fahassi.

Un avocat est tué à Médéa.

7 mai 1995: Des miliciens armés de Boufarik exécutent six citoyens dont une femme et un vieillard de 80 ans dont les enfants avaient rejoint les maquis. Quelques mois plus tard la télévision nationale et la presse privée feront l'éloge de ce groupe de criminels et de son chef.

Cinq cadavres sont exposés au Souk El Aacer de Constantine, dont celui identifié du citoyen Benbara Fayçal, arrêté par les services de sécurité le 22 juillet 1994.

Vaste opération militaire dans les monts de l’Ouarsenis. Artillerie et aviation bombardent les maquis. Nombreux incendies de forêts.

10 mai 1995: Le "GIA", dans un communiqué publié par El Hayat, revendique l'assassinat des cinq ressortissants étrangers à Ghardaïa.

13 mai 1995: le DEC (maire non élu) de Cheffia (El Tarf) est retrouvé égorgé.

Explosion d’une bombe à Naciria (Boumerdés) : quatre morts

15 mai 1995: Ouverture à la Cour criminelle d'Alger du procès de l'assassin présumé de Boudiaf. La veuve de la victime dénonce la parodie de procès et refuse d'y participer.

16 mai 1995: Publication du rapport d'enquête de l'Observatoire national des droits de l'homme concernant les "événements" de Serkadji. Les victimes de cette manipulation tragique sont accablées de tous les maux. L’Etat terroriste est lavé de tout soupçon.

17 mai 1995: explosion d’une voiture piégée devant le commissariat de police de Khemis El Khechna (Boumerdés) : deux morts et plus de vingt blessés.

Violent accrochage entre militaires et maquisards à Bentalha (Alger). On parle d’une dizaine de morts.

Important ratissage de l’armée dans les monts Babors (Bordj Bou Arréridj). Aviation et artillerie pilonnent les maquis.

Un bus de ramassage scolaire est mitraillé à Ouled Attia (Skikda) par un groupe armé : deux citoyens rués.

21 mai 1995: Malika Sabour, journaliste à l’hebdomadaire Echourouk El Arabi est tuée à son domicile à Réghaïa.

Ratissage dans les maquis de Sidi Ali Bounab (Kabylie). La forêt est à nouveau incendiée par les bombes. On parle d'utilisation de napalm.

22 mai 1995: Bakhti Bénaouda, enseignant à Oran est tué par balles près de son domicile.

24 mai 1995: Panique à l’hôtel Aurassi d’Alger où étaient réunis les walis avec le « ministre » de l’Intérieur; suite à l'explosion dune bombe dans le sous-sol de l’hôtel.

26 mai 1995: une voiture piégée explose devant une cité de policiers à Bachdjarah (Alger). Plus de 30 blessés. Les dégâts matériels sont importants.

Embuscade meurtrière contre une patrouille de gendarmerie à Tiaret : 18 morts.

27 mai 1995: un journaliste de la TV, Mohamed Hemaïzi est tué par balles au Gué de Constantine (Alger).

28 mai 1995: violent accrochage en plein centre-ville de Boumerdés entre policiers et maquisards. On déplore des morts et des blessés selon les témoignages d’habitants.

31 mai 1995: 315 islamistes tués au cours du mois de mai selon un décompte de presse.

2 juin 1995: Le "ministre" de l'Intérieur confirme le retour en prison des deux responsables du FIS, Abassi et Benhadj.

3 juin 1995: Lembarek Boumaarafi, auteur présumé de l'attentat contre Boudiaf est condamné à mort par le tribunal d'exception d'Alger après un procès inique. La veuve de Boudiaf refuse d’assister au procès qu’elle qualifie de mascarade.

Rappel de 50 000 réservistes de l'armée. Les familles sont angoissées par le rappel de leurs enfants. Plusieurs rappelés quitteront le pays pour échapper à la sale guerre.

La presse privée rapporte la mort de 38 citoyens qualifiés de « terroristes » en divers endroits du territoire national.

5 juin 1995: Le « ministre » de l’Intérieur annonce triomphalement qu’il ne reste que 3000 « terroristes » sur le terrain.

7 juin 1995: Deux français sont tués par balles à El Biar (Alger).

Les hebdomadaires La Nation, El Hourrya et El Manar sont suspendus pour avoir publié un communiqué des signataires du Contrat de Rome appelant à un meeting à la salle Harcha.

9 juin 1995: un meeting organisé par les partis signataires du Contrat national de Rome à la salle Harcha d'Alger draine plus de 10 000 personnes et ce, malgré le quadrillage du quartier par la police et les menaces d’éléments de la police politique en civil. Les responsables du FIS reçoivent la visite de la police politique à leur domicile pour leur interdire toute participation au meeting. De nombreux sympathisants islamistes seront interpellés à la fin du meeting.

10 juin 1995: Un membre présumé d'un groupe armé tué au douar Ouled Ali (Boumerdés) lors d'une opération militaire. Un autre membre de groupe armé tué à Jijel selon un communiqué des services de sécurité.

11 juin 1995 : un jeune citoyen de Belouizdad, surnommé Yamaha, fervent supporter du CRB et de l'équipe nationale, tué dans son quartier par un groupe armé. Beaucoup de citoyens du quartier s'interrogent sur les motifs de ce crime gratuit contre ce malheureux.

12 juin 1995: violent accrochage entre policiers et un groupe armé au quartier de Belouizdad (Alger). Une villa est prise d’assaut au lance-roquettes. Trois morts seraient à déplorer. Parmi eux, figurerait, selon la presse l'auteur de l'assassinat de Said Mekbel.

Un membre présumé d'un groupe armé tué à Larbaâ (Blida).

Un vietnamien tué à Tiaret par des inconnus.

13 juin 1995: Six membres présumés d'un groupe armé tués dans la localité de Hamma (Sétif), selon un communiqué des services de sécurité.

Un membre présumé d'un groupe armé tué à Maquaria (Alger). Des documents "subversifs" auraient été retrouvés en sa possession selon un communiqué des services de sécurité.

14 juin 1995 : Le quotidien londonien El Hayat fait état de contacts entre la Présidence de la République et les dirigeants du FIS emprisonnés.

Un membre présumé d'un groupe armé tué lors d'une opération militaire dans la région de Boumerdés selon un communiqué des services de sécurité.

Cinq membres présumés d'un groupe armé tués par les services de sécurité à Tipaza selon une dépêche de l'APS.

15 juin 1995: Dans un communiqué publié par El Hayat et signé par Djamel Zitouni, le GIA déclare avoir exclu de ses instances Abassi Madani et Ali Benhadj.

16 juin 1995: Un membre présumé d'un groupe armé tué dans la région d'Ain Témouchent selon un communiqué des services de sécurité.

Trois éléments présumés d'un groupe armé tués à Zeddine (Ain Defla).

Un membre présumé d'un groupe armé tué lors d'une opération militaire dans la région de Boumerdés selon un communiqué des services de sécurité.

17 juin 1995: L'APS signale la mort de 23 citoyens algériens, qualifiés de "terroristes" en divers endroits du territoire.

L'hebdomadaire arabophone indépendant, El Hadeth (l'événement) est interdit de parution par le pouvoir militaire pour des raisons inconnues par ses journalistes. Il ne réapparaîtra plus jamais. Cet hebdomadaire prônait la paix et la réconciliation.

18 juin 1995: un journaliste de la station régionale de Constantine, Hakim Takouchet, est égorgé par un groupe armé.

Explosion d’une voiture piégée devant le tribunal de Larbaâ (Blida) : un mort et plusieurs blessés.

19 juin 1995: explosion d’une voiture piégée devant la brigade de gendarmerie de Baraki.

21 juin 1995: une voiture piégée explose au niveau de la cité Daksi de Constantine : plus de vingt blessés.

22 juin 1995: Le quotidien français Libération publie le témoignage accablant d'une femme policier algérienne exilée, sur la torture, les exécutions sommaires et les manipulations macabres perpétrées par certains services de sécurité.

30 juin 1995: destruction à l’explosif du pont reliant Bordj El Bahri à Bordj El Kiffan (Alger).

Explosion d’une bombe près du marché de Boufarik : 6 morts et plus de trente blessés.

Salhi Mohamed, militant du RCD est victime d’un attentat. Il décédera à l’hôpital.

1er juillet 1995 : Le quotidien La Tribune, spécialisé dans les "informations sécuritaires sensibles" annonce qu'un "commando venu de Bosnie aurait eu pour mission de perpétrer des attentats dans la capitale française et aurait reçu comme instruction d'éliminer des islamistes condamnés à mort par le "GIA" comme Abdelbaki Sahraoui et Moussa Kraouche".

2 juillet 1995 : Le « ministre » de l’Intérieur est limogé par le pouvoir militaire.

3 juillet 1995: Publication du rapport préliminaire sur le carnage de Serkadji survenu le 21 février 1995 par le Syndicat national des avocats, le comité des avocats constitués, les familles des victimes et la ligue algérienne de défense des droits de l'homme.

Echec des discussions entre la Présidence et les responsables incarcérés du FIS.

6 juillet 1995: Amnesty publie dans son rapport annuel de l'année 94, des preuves irréfutables de tortures et d'exécutions sommaires en Algérie.

9 juillet 1995 : un gazoduc est détruit à l’explosif à Keddara (Boumerdés). Le gigantesque incendie provoqué est difficilement maîtrisé.

10 juillet 1995 : Le Pouvoir militaire interdit la journée "Portes Ouvertes" sur les droits de l'homme initiée par les partis signataires du Contrat National et qui devait se tenir au cinéma "l'Algéria" (Alger).

Explosion d'une bombe près du ministère de la "justice" à El Biar. Pas de victimes.

La presse privée annonce la mort de 200 citoyens qualifiés de « terroristes » dans l’ouest du pays.

11 juillet 1995 : Le Cheikh Abdelbaki Sahraoui âgé de 85 ans, membre fondateur du FIS est lâchement assassiné dans sa Mosquée, rue Myrha, dans le 18e arrondissement de Paris. De nombreux observateurs étrangers pointent du doigt la Sécurité militaire algérienne. De Bruxelles, Me Vergès accuse nommément cette structure. Le quotidien La Tribune, avait annoncé dix jours auparavant la "possibilité" se son exécution.

15 juillet 1995: Ali Djeddi, Abdelkader Boukhamkham, Omar Abdelkader, Noureddine Chigara et Kamal Guemazi, membres du FIS sont convoqués au ministère de la « justice », pour leur interdire verbalement leur participation à toute activité politique et à toute déclaration publique.

17 juillet 1995 : La Tribune, quotidien algérien donne des détails surprenants de l'assassinat de Cheikh Abdelbaki Sahraoui. En effet, le journaliste précise "que cinq hommes ont participé à l'assassinat" en affirmant que "la piste du GIA est presque évidente. Abdessabour est actuellement le seul chef du GIA à disposer en France de réseaux capables de réaliser des attentats aussi audacieux..."

Un ressortissant italien, commerçant de profession est grièvement blessé à Kouba (Alger) par des hommes armés qui arriveront à prendre la fuite.

21 juillet 1995: Onze cadavres sont retrouvés dans les rues de Constantine. Selon les témoignages des familles, il s'agirait de citoyens enlevés par les services de sécurité. Parmi les cadavres identifiés, on relèvera ceux de Barkat Ahcène, Kerroum Rabah, Boumendjel Sassi, Oualbani Fodhil, Katari Farid, Khaouioua Farid, Kermiche Mostepha, Merouani Hadj Rabah, Guerfi Mohamed El Haddi et Maoui Bounab Rabah. Un onzième cadavre n'a pu être identifié.

22 juillet 1995: Ould Ammi Boualem, officier de police du commissariat de Bourouba (Alger) est tué par un groupe armé. Il était connu pour ses tortures sauvages. Son nom était retrouvé dans de nombreux témoignages de citoyens torturés au commissariat de Bourouba. Il sera accusé en 2000 par un autre commissaire d'avoir exécuté sommairement le citoyen Azizi Abdelkrim et son fils Abdessamad.

23 juillet 1995 : Explosion d'un camion piégé devant le local de la milice armée de Meftah (Blida) : plus de vingt morts.

Destruction à l’explosif du pont des Issers, reliant Alger à Tizi Ouzou. Embouteillage monstre sur la route.

29 juillet 1995 : Dix cadavres sont retrouvés dans les rues de Constantine. Selon les témoignages des familles, il s'agirait de citoyens enlevés par les services de sécurité. Les cadavres identifiés sont ceux de : Benguidoum Hichem, Nemdil Laid, Merouani Youcef, Djermane Fouad, Bounab Tayeb, Benmounah Nabil et Remita Kamel. Trois cadavres n'ont pu être identifiés.

31 juillet 1995 : 216 islamistes tués durant le mois de juillet selon un décompte de presse.

1er août 1995: Un militant du MAJD, Rachid Hammouche responsable du département économique dévoile dans une interview à l'hebdomadaire arabophone El Hourriya que la politique sécuritaire a coûté à ce jour quatre milliards de dollars.

2 août 1995: Amnesty International adresse un mémorandum au général Zeroual, soumettant à ce dernier de nombreux cas de tortures, de disparitions et d'exécutions sommaires. L'ambassadeur d'Algérie à Londres accuse cette organisation de partialité et de manque de discernement. Rezag Bara traite les rapports d'Amnesty International de "catalogues des trois Suisses".

Une journaliste de Révolution Africaine, Naïma Hammouda est tuée à Saoula (Alger).

3 août 1995: Publication du rapport sur le Carnage de Serkadji de février 95 par le comité algérien des militants libres de la dignité humaine et des droits de l'homme. Il rejoint le rapport des familles des victimes et avocats.

6 août 1995 : explosion d’une voiture piégée sur l’autoroute de Boufarik (Blida), face à la centrale électrique : 15 morts.

8 août 1995: la presse privée annonce la mort d’une centaine de citoyens qualifiés de « terroristes » dans la région de Blida.

Explosion d’une bombe dans un train à Zoubiria (Médéa) : une dizaine de citoyens tués.

Explosion d’une voiture piégée devant la mairie de Ben Aknoun (Alger) : huit blessés et dégâts matériels importants.

11 août 1995: Amara Bachir et son épouse, chanteurs, tués à leur domicile à Tixéraïne (Alger).

12 août 1995: Explosion d’une voiture piégée devant le local de la milice de Souidania (Alger) : un mort et sept blessés.

14 août 1995: une dizaine de cadavres décapités sont retrouvés sur la route à Rouina (Aïn Defla).

15 août 1995 : explosion d’une bombe à Bouinan (Blida) : cinq membres de la même famille sont tués.

17 août 1995: Le gouvernement français interdit la vente en France du livre blanc sur la répression en Algérie publié par le Comité algérien des militants libres de la dignité humaine et des droits de l'homme. Motif fallacieux invoqué : "en raison de l'appel à la haine qu'il contient, sa diffusion est susceptible d'avoir des incidences sur l'ordre public". Des éditeurs français et la Ligue française des droits de l'homme protestent contre cette mesure et demandent la levée de l'interdiction.

18 août 1995: deux voitures piégées explosent au club des pins, refuge de la nomenklatura : deux morts et plusieurs blessés.

Un gardien de prison et un militaire tués au village de Aït Sidi Athmane (Kabylie).

19 août 1995: Explosion d’une bombe à Boufarik (Blida) : 5 morts.

20 août 1995: Boutine Salah, imam à la Casbah d'Alger tué par balles.

21 août 1995: un journaliste du Matin, Ameur Ouagueni tué par balles à El Biar (Alger).

24 août 1995 : Opération de ratissage dans la Casbah d'Alger. De nombreuses arrestations auraient été opérées.

26 août 1995 : Six cadavres sont retrouvés dans le quartier El Khairia de Constantine. Selon les témoignages des familles, il s'agirait de citoyens enlevés par les services de sécurité. Les cadavres identifiés sont ceux de : Trodi Mohamed Seghir, Arab Mohamed, Bettina Abdelaziz, Maatib Mounir, Moualef Issam et Boufenara Azeddine.

27 août 1995 : La chaîne de télévision française d'Etat (F2) participe à la campagne médiatique de désinformation des factieux d’Alger en présentant dans son journal de 20 heures les "aveux" d'un "repenti", soigneusement préparés par les services de l'action psychologique. La même journaliste, Véronique Taveau, participera en janvier 1998 à une émission de désinformation et de manipulation grossière sur la chaîne franco-allemande ARTE.

29 août 1995: explosion d’une bombe près du domicile d’un milicien à Béni Rached (Chlef) : 5 morts.

31 août 1995: Explosion d'un véhicule piégé devant la direction générale de la sûreté nationale à Bab El Oued (Alger) : 12 morts.

Vaste ratissage de l’armée dans la Casbah d’Alger. Plus de cinquante arrestations.

2 septembre 1995 : explosion d’une bombe devant le commissariat de Meftah (Blida) : Plus de 30 morts et plus d’une centaine de blessés. Les dégâts matériels sont considérables.

Un ressortissant italien tué à Oran.

3 septembre 1995: Deux religieuses appartenant à la Congrégation internationale Notre Dame des Apôtres, Denise Leclerc et Jiane Little John sont tuées au quartier de Belouizdad (Alger). Emotion et interrogations de la population. Les délégations exécutive et parlementaire du FIS dénoncent ces crimes odieux les imputant aux services spéciaux.

Un train est attaqué à Boufarik (Blida) par des hommes armés : un mort et plusieurs blessés.

Explosion d’une bombe à la gare des Issers (Boumerdés) : dégâts matériels.

Saïd Tazrout, correspondant du quotidien Le Matin est tué à Tizi Ouzou.

L'instance exécutive du FIS à l'étranger appelle au boycott des "élections" présidentielles.

4 septembre 1995 : Explosion d'une voiture piégée devant la mairie de Birkhadem (Alger). Deux citoyens tués.

Vaste opération militaire dans la région de Larbaâ (Blida). Des hélicoptères bombardent les massifs montagneux.

Embuscade meurtrière dans la région de Batna : une quarantaine de militaires tués.

Yasmina Brikh, speakerine de la radio est tuée à Alger (Alger).

Le central téléphonique d'El Harrach (Alger) est partiellement détruit par l'explosion d'une bombe.

5 septembre 1995 : Brahim Gueroui, journaliste à El Moudjahid tué par balles aux Eucalyptus (El Harrach).

Explosion d’une bombe devant la station émettrice de la TV des Eucalyptus (Alger) : un mort.

10 septembre 1995: un journaliste de la télévision, Saïd Brahimi et son épouse sont tués sur la route de Dellys (Boumerdés).

12 septembre 1995 : un violent accrochage a lieu entre des militaires et un groupe armé sur les hauteurs de Frais Vallon, dans la banlieue ouest d’Alger. Une maison est attaquée au lance-roquettes par l’armée. On déplore une vingtaine de morts de part et d’autre.

13 septembre 1995 : la presse privée annonce pour la énième fois la mort d’un certain « Flicha » dans l’accrochage de Frais Vallon (Djebel Koukou), dans la banlieue ouest d'Alger. .

14 septembre 1995: La milice du village de Boukram près de Lakhdaria (Bouira) est attaquée par une centaine de maquisards. Trente et un miliciens sont tués et une vingtaine de membres de leurs familles sont blessés. De nombreuses maisons de miliciens sont détruites.

17 septembre 1995: Abdelmadjid Benhadid, candidat décoratif aux « élections » présidentielles de novembre prochain est tué à Boudouaou (Boumerdés).

Une partie de la voie ferrée située entre Bouira et Aomar-gare est détruite à l’explosif.

28 septembre 1995: Abou Bakr Belkaïd, présenté par certains milieux comme l’éminence grise des éradicateurs est tué au square Port Saïd à Alger.

30 septembre 1995: 201 islamistes tués durant le mois de septembre selon un décompte de presse.

Octobre 1995: Une religieuse, Sœur Odette Hélène Prévaut est tuée à Kouba (Alger). Sa compagne, Sœur Chantal Marie Odette est grièvement blessée.

Rachid Boudjedra, réfugié en France continue sa campagne de désinformation de l'opinion publique internationale en déclarant sur une chaîne de télévision francophone (TV5) que les "intégristes" avaient assassiné 78 écoliers car "ils portaient seulement un cartable" et que lui-même avait été condamné à mort par le FIS en.....1983

Explosion d'un véhicule piégé à Relizane devant le siège de la milice locale : huit morts et quatre vingt deux blessés.

Des maquisards attaquent un bus transportant des miliciens et leurs familles à Rabta (Aflou) : Dix-huit morts et quinze blessés. Des femmes et des enfants figurent parmi les victimes.

2 octobre 1995: Larbi Zitout, diplomate algérien en poste en Libye, se réfugie à Londres et demande l'asile politique. Il dénonce la guerre menée par les généraux contre la population.

3 octobre 1995: Omar Ouartilène, rédacteur en chef du quotidien arabophone El Khabar est tué près de la maison de la presse du 1er mai à Alger.

9 octobre 1995: Trois citoyens (Benhayek Djamal, Derguine Abdelkrim, et Benamrane Redouane) sont tués à Dely Ibrahim (Alger) par des individus armés qui réussiront à prendre la fuite. Les victimes seraient, selon des informations non confirmées, des policiers.

Anouar Haddam, responsable de la délégation parlementaire du FIS en exil, estime que le communiqué du "GIA" revendiquant les attentats de Paris est faux et qu'il s'agirait d'une grossière manipulation.

14 octobre 1995: Rédha Boubetra, sous-officier de l’armée est tué par des hommes armés près de la Mosquée Ketchaoua, dans la basse Casbah d’Alger.

16 octobre 1995 : Saisie de l'hebdomadaire indépendant La Nation. Il critiquait la rencontre avortée Zeroual-Chirac.

Lazhar Mustapha et Djébaïli Saïda, employés au quotidien El Hayat El Arabia tués par des hommes armés au lieu dit Djebel Koukou, près de Bab El Oued.

3 novembre 1995: Mahiou M'barek, secrétaire national du FFS et son neveu sont tués à Kouba (Alger). Il est à rappeler que le FFS a prôné le boycott des "élections" présidentielles prévues pour le 16 novembre.

Vaste campagne d'arrestations de citoyens dans les quartiers populaires en prévision des "élections" présidentielles du 16 novembre.

6 novembre 1995 : Saisie de l'hebdomadaire La Nation à la veille des "élections" présidentielles.

Ait Ziane, chef d'un groupe armé de la région de Tizi-Ouzou est tué lors d'une opération au centre-ville.

7 novembre 1995 : Hadj Mekhfi, chef des milices de Lakhdaria, intervient à la télévision et fait campagne pour le général Zeroual, candidat "indépendant" aux "élections" présidentielles. Il sera amplement récompensé quelques mois plus tard en se faisant « élire » député.

9 novembre 1995: Fermeture jusqu'à nouvel ordre des marchés hebdomadaires sur tout le territoire national et interdiction de la circulation des camions dans les grandes villes en prévision des "élections" présidentielles.

350 000 militaires et miliciens armés sont déployés à travers le territoire national pour surveiller le "bon déroulement » des « élections » présidentielles.

12 novembre 1995 : Mort sous la torture au commissariat de Annaba d'un militant de Hamas, selon la presse privée. Il collait des affiches de Nahnah pour les "élections" présidentielles.

Fermeture des établissements scolaires et occupation de ces derniers par les militaires en prévision des "élections" présidentielles.

Des informations font état de la mort de Mohamed Saïd, Abderrezak Redjem et de nombreux autres dirigeants du FIS passés en clandestinité, dans un guet-apens tendu à Chréa ou Bougara (Blida) par les faux maquisards agissant sous le sigle du « GIA ».

16 novembre 1995: "élections" présidentielles sous haute surveillance. Très forte participation populaire ce qui surprend beaucoup d'observateurs.

21 novembre 1995 : Un citoyen habillé en tenue afghane est attaché en croix à un blindé de l'armée qui fait le tour de la ville de Boufarik, sous les coups et les insultes des miliciens armés. Il s'agirait d'un élément du "GIA" capturé.

22 novembre 1995 : Les montagnes de Bougara (Blida) sont intensément bombardées pendant 48 heures par des hélicoptères de combat après évacuation de la population des villages avoisinants.

27 novembre 1995: Le général Mohamed Boutighane, commandant les garde-côtes est tué à Bir Mourad Rais (Alger).

28 novembre 1995: Un colonel de l'armée tué à l'avenue Ghermoul à Alger-centre. Dans les milieux populaires, on parle de règlements de compte entre clans.

29 novembre 1995: Six membres présumés d'un groupe armé tués à Jijel lors d'une opération militaire.

30 novembre 1995: 2 marins lettons tués à Alger.

Décembre 1995 : Après l'euphorie des "élections historiques" du 16 novembre, la désillusion reprend le dessus avec son lot de morts, de torturés, de disparitions et d'explosions.

De folles rumeurs font état d'un attentat contre le président-général Zeroual.

Des "repentis" défilent durant tout ce mois sur l'écran de la télévision d'Etat. Vaste campagne médiatique sur la "reddition" massive des "repentis" avec une large participation de la presse privée

2 décembre 1995 : Un journaliste du nom de Mahiout Hamid et un chauffeur du quotidien privé Liberté tués au quartier de Beaufraisier (Bouzaréah)

4 décembre 1995: Le FIS confirme la mort de Cheikh Mohamed Said et de Redjem.

5 décembre 1995 : Khadîdja Dahmani, journaliste de l'hebdomadaire Echourouk est tuée à Baraki (Alger).

6 décembre 1995 : La guerre des clans reprend de plus belle au sein du sérail militaire par journaux interposés, après une brève accalmie du fait des "élections" présidentielles. Liberté, quotidien privé annonce l'éventuelle nomination du général en retraite Betchine comme « ministre » de la Défense du prochain gouvernement Ouyahia. Le clan Betchine répond dans un premier temps à travers son quotidien l'Authentique en des termes menaçants : "Que ces larbins souffrent de la modestie d'attendre les réponses et des répliques autres que celles ici transcrites". Effectivement "les répliques" ne tarderont pas à arriver. Le directeur et le rédacteur en chef de Liberté seront arrêtés le 10 décembre à l'aéroport d'Alger alors qu'ils étaient en partance pour Paris. Le directeur sera incarcéré à Serkadji durant quatre jours puis condamné à quatre mois de prison avec sursis. Son quotidien sera suspendu durant 15 jours.

16 décembre 1995 : Mokhtar Bouchaïb, bâtonnier de l’Ordre des avocats est kidnappé sur la route de Médéa par des hommes armés.

19 décembre 1995: Mohamed Sellami, militant du PAGS et chef de la milice de Boufarik tué lors d’un accrochage avec des maquisards à la cité Miami de Boufarik selon la presse. Par la suite, on apprendra qu'il s'agissait d'un élément de sa bande de miliciens qui lui avait tiré dessus par mégarde, l'ayant pris pour un "terroriste".

22 décembre 1995: L'Observatoire américain des droits de l'homme (Human Rights Watch) adresse au rapporteur spécial de l'ONU sur les exécutions sommaires et arbitraires à Genève, une liste nominative de 92 victimes du carnage de Serkadji (21-22 février 95).


 

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