Disparitions forcées  
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Nom : Hraoui

Prénom : Ahmed

Date de naissance (ou âge)  : 20 ans

Etat-civil   : Célibataire

Nombre d'enfants :

Profession : Manoeuvre

Adresse : Kadiria (Bouira)

Date de l'arrestation :

Heure : 4 heures

Lieu de l'arrestation : Domicile

Agents responsables de l'arrestation : Militaires

Résumé des faits : Citoyen âgé de 20 ans, manouvre, demeurant à Kadiria - Lakhdaria (Bouira) a été enlevé par des militaires à son domicile à 4 heures du matin devant sa mère et ses sours. Aurait été détenu au camp militaire de Djebahia. Aucune nouvelle depuis.

Lieu (x) où la personne disparue a été localisée éventuellement :

  • Camp militaire de Djebahia (Bouira)

Démarches entreprises par la famille :

  • Plainte auprès du tribunal de Lakhdaria
  • Lettres à l'ONDH, au médiateur de la République

Observations :

Témoignage de la famille   :

Mon fils Hraoui Ahmed, 20 ans est manouvre.

Je dormais dans ma chambre. Mon fils était dans la sienne. Les militaires y firent irruption. Ils montèrent sur la dalle de la maison et frappèrent à la fenêtre en lui disant d'ouvrir. Il refusa d'ouvrir en disant qu'il était 4 heures du matin. Ils lui dirent alors : « Ouvres, ouvres, Ahmed, nous sommes des frères ». Il a leur a répondu qu'il ne connaissait ni les frères ni quelqu'un d'autre et qu'il n'ouvrirait pas la porte avant le matin.

Mon fils descendit alors dans ma chambre pour me dire que des hommes avaient frappé à sa fenêtre et qu'il ne savait pas de qui il s'agissait.

Je suis allé à la fenêtre et ils m'ont dit la même chose : « Nous sommes des frères ». Je leur ai répondu que je n'ouvrirais pas la porte avant la levée du soleil. Ils tentèrent de défoncer la porte. Nous fîmes la prière (Chahada) et j'ai alors ouvert la porte avant qu'ils ne la cassent. Certains étaient en tenue militaire, d'autres étaient en tenue civile. Ils étaient tous cagoulés. Ils prirent mon fils vers leurs camions qui étaient stationnés en contrebas. Mon fils en voyant les camions militaires se retourna vers moi en me disant de ne rien craindre car c'étaient des militaires.

Le lendemain, nous sommes allés à la brigade de gendarmerie. Ils ignoraient tout de cette arrestation. Les gendarmes nous promirent de faire des recherches et nous ont demandé de notre côté de continuer les recherches.

Je suis allé alors à une ancienne ferme (CAPS) devenue caserne. J'ai trouvé un militaire très correct qui me dit : « Mère, ne pleure pas, ton fils est à Djébahia, vas-y tu le trouveras ».

Djébahia est une caserne située dans la localité. Je me suis alors dirigée vers cette caserne. J'ai donné ma carte d'identité à un caporal qui, après être parti dans un bureau revins et me disant : « je vais t'accompagner voir ton fils ». Alors que je marchais derrière le caporal dans la cour de la caserne, un capitaine sortit et m'apostropha : « Où vas-tu ? ». Je lui ai expliqué que je venais voir mon fils. Il me dis alors : « Tu habites près de la route goudronnée ou dans les habitations du haut, sur la piste ? ».

Je lui répondis que j'habitais dans le hameau montagneux de Begas, sur la piste.

Il me dit alors : « Sors de la caserne, vous êtes tous des terroristes, sors en vitesse, ton fils n'est pas là ». Alors qu'auparavant le caporal allait m'y conduire pour voir mon fils.

Je me suis alors dirigée vers la brigade de gendarmerie. Ils me dirent cette fois-ci que c'était les « terroristes » qui avaient certainement pris mon fils. Je leur ai répondu que j'avais vu des camions militaires et que le caporal de la caserne de Djébahia m'avait dit qu'il était là-bas.

Depuis je suis sans nouvelles de mon fils.

 
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