Disparitions forcées  
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Nom : Hamadache

Prénom : Kamal

Date de naissance (ou âge)  : 23 août 1960

Etat-civil   : Marié

Nombre d'enfants : 04

Profession : Vendeur de pièces détachées

Adresse : Birtouta, Alger

Date de l'arrestation : 30 octobre 1993

Heure : 17 heures

Lieu de l'arrestation : café du village

Agents responsables de l'arrestation : gendarmes

Résumé des faits : Citoyen âgé de 33 ans, marié et père de 4 enfants, vendeur de pièces détachées, demeurant à Birtouta (Alger). Fut enlevé le 30 octobre 1993 à 17 heures au café de la ville par des gendarmes de Birtouta conduits par le sous-officier B.M. selon des témoins qui sont formels sur les auteurs de l'arrestation. Un officier de la gendarmerie confirmera à la famille que ses hommes étaient les auteurs de l'arrestation et qu'il allait être présenté à la justice. Il aurait été séquestré durant plus de 60 jours à la brigade de gendarmerie avant d'être transféré vers une destination inconnue.

Lieu (x) où la personne disparue a été localisée éventuellement :

  • Brigade de gendarmerie de Birtouta durant 60 jours.

Démarches entreprises par la famille :

  • Une plainte a été déposée par la mère le 16 mars 1995 auprès du procureur du tribunal de Boufarik et qui restera sans réponse. Une autre plainte fut déposée auprès du procureur du tribunal militaire de Blida le 20 septembre 2000, restée également sans réponse.

Observations :

Témoignage de la famille   : (mère)

Mon fils habite à Birtouta. C'était un vendeur de pièces détachées. Des civils sont venus le chercher. Ils avaient stationné leur véhicule à quelques mètres de notre domicile. Ils voulaient le voir sous prétexte qu'ils avaient besoin d'une pièce pour leur véhicule sensé être en panne. L'épouse de mon fils qui avait ouvert la porte envoya son fils voir si son père n'était pas chez le tôlier. A son retour, l'enfant répondit par la négative. L'un des civils lui tendit alors une pièce de 10 DA.

Deux jours plus tard, nous avons vu ces civils rôder autour de la maison.

Au troisième jour, mon fils se rendit au café du village. Subitement, il fut enlevé à 17 heures par des gendarmes de Birtouta. Devant son absence, sa femme pensa qu'il était allé passé la nuit chez moi à Alger.

Des témoins de l'enlèvement étaient formels. C'était bien la gendarmerie de Birtouta qui avait pris mon fils.

Nous nous adressâmes à la dite gendarmerie. Un officier nous dit qu'effectivement, ils étaient les auteurs de l'arrestation et qu'il allait être présenté à la justice et que si cette dernière le libère, ils le ramèneraient. Nous étions plus ou moins rassurés.

Quelque temps plus tard, les gendarmes se sont rétractés en nous disant que notre fils n'était pas retenu chez eux. C'était faux. Des gens sûrs et crédibles nous ont informé que notre fils Kamel avait été bel et bien séquestré durant 64 jours à la brigade de gendarmerie de Birtouta, qu'un PV sur mon fils avait été rédigé. Cette même source nous avait informé qu'il avait été transféré vers Boufarik ou Blida.

Nous sommes allés nous renseigner un peu partout, à Boufarik, Blida et Ouled Yaïch. Mais aucune nouvelle.

J'ai déposé une plainte auprès du procureur. Quelques mois plus tard le procureur me convoqua pour me signifier que les auteurs de l'enlèvement pourraient être des « terroristes ». Je lui ai répondu que les témoins sont formels : ce sont bel et bien les gendarmes de la brigade de Birtouta qui l'avaient arrêté.

Il me montra des photos de citoyens retrouvés morts à Koléa et me demanda de reconnaître éventuellement parmi eux mon fils. Il n'y figurait pas.

Il me dit alors en guise de conclusion de continuer à chercher de mon côté et lui allait poursuivre ses recherches de son côté.

J'ai cherché un peu partout à Alger et ailleurs. Je suis allée à la prison de Serkadji, d'El Harrach, Berrouaghia, la prison militaire de Blida. Je n'ai jamais pu le localiser.

Je demande aux autorités de m'informer sur le sort de mon fils. S'ils l'ont tué, que Dieu ait son âme. S'il est vivant qu'on nous le montre. Il m'a laissé une femme et quatre enfants en bas âge.

L'Etat n'a pas le droit de tuer impunément ses citoyens. S'il est responsable d'un méfait, il y a la justice pour sanctionner. L'Etat n'a pas le droit de nous enlever nos enfants et de nous dire qu'elle n'a rien avoir. C'est honteux pour un Etat pareil.

Ce sont les gendarmes de Birtouta qui l'ont pris devant témoins et qui l'ont séquestré durant plus de deux mois avant de le faire disparaître.

Ce ne sont pas les « terroristes » qui ont kidnappé mon fils.
 
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