Disparitions forcées  
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Nom : Hamada

Prénom : Lakhdar

Date de naissance (ou âge)  : 16 décembre 1958

Etat-civil   : Marié

Nombre d'enfants : 04

Profession : Gérant d'entreprise

Adresse : Azzaba (Skikda)

Date de l'arrestation : 14 septembre 1994

Heure : minuit

Lieu de l'arrestation : domicile

Agents responsables de l'arrestation : Sécurité militaire

Résumé des faits : Citoyen âgé de 36 ans, marié et père de quatre enfants, gérant d'une entreprise d'électricité. A été arrêté le 14 septembre 1994 à minuit à son domicile situé à Azzaba (Skikda) par des agents de la sécurité militaire. Ils étaient au nombre de dix et circulaient à bord de deux voitures dont une 504 break et exhibèrent leurs cartes professionnelles. Ils saisirent également sa voiture, une R4. Aucune perquisition ne fut effectuée. Il aurait été signalé à la prison Darimont de Skikda. Mais n'a pu être vu. Après 6 mois de détention, le commissariat de police de Azzaba aurait exigé une photo et un extrait de naissance à la famille. Un an plus tard, la gendarmerie se présentera au domicile familial pour enquêter et signaler que le fils se trouvait à la prison de Skikda. Un permis de communiquer est remis aux parents qui s'y rendent mais ne le trouvent pas.

Lieu (x) où la personne disparue a été localisée éventuellement :

  • Prison de Skikda

Démarches entreprises par la famille :

  • Plainte déposée le 23 février 1997 au tribunal de Skikda, enquête, aucune décision judiciaire ne sera prise.

Observations :

  • Son véhicule de type R4 sera saisi par ses ravisseurs.

Témoignage de la famille   : (épouse)

Mon mari Hamada Lakhdar avait une entreprise d'électricité. Nous avions quatre enfants. Il a été arrêté par des agents de la sécurité militaire à son domicile situé à Azzaba le 14 septembre 1994 à midi. Ils étaient au nombre de dix et sont venus à bord de deux voitures dont une 504 familiale. Lors de l'arrestation de mon mari, ils prirent également sa voiture, une R4. Ils ne fouillèrent pas la maison.

Le lendemain, nous avons déposé une plainte.

Un mois plus tard, son frère fut convoqué au commissariat en lui demandant de ramener une fiche d'état civil et une photo de mon mari.

Au bout d'une année, les gendarmes revinrent à la maison, prétextant enquêter sur nos conditions de vie. Ils me réclamèrent le livret de famille et nous demandèrent de passer à la gendarmerie. Un gendarme me dit discrètement que mon mari était bel et bien vivant mais que pour des raisons qu'il n'avait pas voulu évoquer, il ne pouvait me donner le lieu de séquestration. Il a rédigé un PV sans plus.

Des informations me sont parvenues que mon mari serait peut-être détenu à la prison de Darimont, sur la route de Skikda. J'ai écrit une lettre au procureur de Constantine pour obtenir une autorisation de visite à mon mari à la dite prison. A ma grande surprise, on me convoqua et on m'accorda cette autorisation de visite.

En me présentant à la prison, les gardiens me signifièrent que mon mari ne figurait pas parmi la liste des pensionnaires de cet établissement. J'ai tenté à plusieurs reprises de retourner. Et à chaque fois c'était la même réponse.

Un jour, alors que je me trouvais avec ma fameuse autorisation de visite dans le hall d'entrée de la prison de Darimont, j'ai surpris une discussion entre un citoyen qui ramenait un couffin et un gardien de prison qui serait un proche à lui. Le gardien lui dit : « Nous avons des prisonniers au secret qui ne figurent pas sur les listes. Ils sont isolés des autres prisonniers. Ils dépendent directement de l'armée. Le jour de la visite, ils sont transférés au secteur militaire ».

Malgré cela j'ai fais par la suite plusieurs prisons, prison militaire de Constantine, de Batna, Lambèse......

Au tribunal de Constantine, on m'a confirmé que mon mari était à la prison de Darimont alors que l'administration pénitentiaire niait sa présence.

 
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