Disparitions forcées  
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Nom : Haïmoune

Prénom : Sofiane

Date de naissance (ou âge)  : 19 ans

Etat-civil   : Célibataire

Nombre d'enfants :

Profession : sans

Adresse : Bourouba (Alger).

Date de l'arrestation : 17 mars 1995

Heure : 3h du matin

Lieu de l'arrestation : Domicile

Agents responsables de l'arrestation : Militaires et policiers

Résumé des faits : Citoyen âgé de 19 ans, sans profession, a été arrêté au domicile de ses parents, situé au quartier Bourouba (Alger) en même temps que son frère Farid , dans la nuit du 17 mars 1995 par des militaires et des policiers. Deux semaines plus tard, un jeune citoyen a rendu visite aux parents de Sofiane pour leur remettre la veste de Sofiane qui se trouvait séquestré avec lui au commissariat d'El Maqaria (ex-Leveilley). Sa mère se rendra à plusieurs reprises à ce commissariat et reconnaîtra plusieurs policiers qui avaient participé à l'enlèvement de ses fils, mais ces derniers nieront toute responsabilité dans ce rapt.

Lieu (x) où la personne disparue a été localisée éventuellement :

  • Commissariat de Maqaria (Hussein Dey).

Démarches entreprises par la famille :

  • Recherches dans différents commissariats.

Observations :

  • Son frère Farid, 20 ans a été arrêté en même temps que lui et aurait été exécuté à la sortie du domicile.

Témoignage de la famille   : (mère).

Je m'appelle Haïmoune Yamina. Mes fils, Sofiane et Farid ont été enlevés le 17 mars 1995. Des policiers et des militaires sont venus à la maison à 3 heures du matin. On dormait. Ils recherchaient le fils de ma belle-sour, Maza Abdelkrim Dinar qui venait souvent voir sa grand-mère. Ils sont venus, de part leur comportement et leur état d'excitation, avec l'intention de tuer. Ils ont pris Farid, 21 ans, Sofiane, 19 ans. Leur père était chômeur. C'étaient eux qui subvenaient aux besoins de la famille. Leur frère aîné était au service national à Oran.

Maza Abdelkrim Dinar était recherché. Le policier Saad et les autres qui l'accompagnaient qui étaient de Leveilley (Hussein Dey), en ne trouvant pas Maza, ont pris mes enfants. Dix minutes plus tard, après le départ des policiers et des militaires, j'ai entendu des coups de feu. Je me suis mise à hurler, car je pensais que c'étaient mes enfants qu'on venait de tuer.

Le lendemain, je suis allée au commissariat de Leveilley à 8 heures. L'un des policiers qui était venu la veille à la maison m'avait dit de décliner mon identité. Après cela il m'a demandé de monter. Les policiers m'ont alors dit que ce ne sont pas eux qui sont venus la veille et que des hommes déguisés en policiers les avaient égorgés et jetés quelque part.

J'ai cherché partout, dans les commissariats, les prisons, les tribunaux, mais sans succès.

Dix mois plus tard, Je suis allé à la prison me renseigner mais sans résultats. Je suis alors allé au cimetière d'El Alia, au bureau de renseignements. J'ai donné des renseignements sur la date de l'enlèvement. Le préposé tira un registre et rechercha sur une liste. J'ai trouvé le nom de mon fils Farid, enterré le 26 mars 95. Il était resté 9 jours à la morgue.

Actuellement je suis sans nouvelles de Sofiane. Aucune information n'a filtré sur lui.

Moi je veux savoir s'il est vivant ou mort.

Pourquoi prendre mes enfants alors qu'ils recherchaient Maza dont ils connaissaient le domicile. Le policier Saâd connaissait le domicile de Maza Abdelkrim Dinar. Pourquoi alors, ont-ils pris mes enfants ?

Je suis déboussolée, brûlante d'envie de connaître le sort de mon autre fils.

Leur père est en chômage, moi, je ne travaille pas. Je voudrais seulement savoir que sont devenus réellement mes enfants.

Un citoyen est sorti, douze jours plus tard. Il m'a dit avoir vu mon fils au commissariat de Leveilley. Je ne sais plus qui croire, ce jeune ou ceux qui l'ont tué.

Mes enfants étaient jeunes. L'un d'eux chassait les oiseaux. Ils étaient inoffensifs. Nous avions une seule pièce où nous dormions à 9. Mon autre fils était au service national. S'ils avaient fait des choses méchantes, ils ne seraient pas restés à la maison et on ne les aurait pas cueillis à 3 heures 30 du matin à notre domicile. Ils sont partis pieds nus. Ils ont laissé leurs baskets. Dès que je vois ces chaussures, je me mets à pleurer à chaudes larmes..........
 
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