Le témoignage de l’ex-émir du GIA Ali Benhadjar

Un document essentiel qui confirme les déclarations de Abdelkader Tigha sur l’assassinat des moines de Tibehirine

Suite aux révélations de Abdelkader Tigha, ex-membre du DRS, sur l’assassinat des moines de Tibhirine en 1996, dans le quotidien français Libération du 23 décembre 2002, de nombreux articles ont été publiés par la presse algérienne (et certaines agences de presse internationales) pour contester son témoignage. L’un des arguments majeurs invoqués par ces articles a été les déclarations d’un ex-émir du GIA, Ali Benhadjar, qui a rompu avec cette organisation en 1996 et a renoncé ensuite à la lutte armée, dans le cadre de la loi sur la « concorde civile », en janvier 2000.

Selon la presse algérienne, en substance, l’enlèvement et l’assassinat des moines ne devaient rien aux services de sécurité algériens, mais étaient le résultat d’un conflit entre le GIA de Djamel Zitouni et l’organisation dissidente que dirigeait Ali Benhadjar (qui au moment des faits était la « katiba Wafa’» de Médéa et qui dirigera peu après la Ligue islamique de la daawa et du djihad, LIDD), sur lequel se serait greffé un conflit entre les services de renseignement français, DST et DGSE. Depuis 1996, cette thèse a été alimentée par de nombreux articles de la presse algérienne et par plusieurs ouvrages publiés en France.

Or, la question est clairement posée de savoir si cette thèse n’est pas une invention pure et simple, très probablement issue des bureaux du « service d’action psychologique » (et responsable à ce titre des opérations de désinformation) du DRS. En effet, dès le mois de juillet 1997, Ali Benhadjar a tenu à faire connaître son témoignage sur l’enlèvement et l’assassinat des moines de Tibhirine. C’est ce document (rédigé initialement en arabe) dont nous publions ci-après la traduction de larges extraits. Il nous a paru important de le faire précéder de quelques citations d’articles publiés en réaction aux révélations de A. Tigha. Citations révélatrices de l’efficacité du travail de désinformation mené par les services du DRS, dont la sophistication est capable d’abuser des journalistes dont certains sont sans doute de bonne foi.

Quant à Mgr Tessier, archevêque d’Alger, bien que la presse algérienne ait interprété ses propos comme contredisant totalement ceux de A. Tigha, il précise que les « informations les plus claires » au sujet de l’enlèvement et de l’assassinat des moines ont été rapportées par Ali Benhadar. Or les explications de ce dernier recoupent en de nombreux points ceux de A. Tigha.

« Mgr Teissier : “Nous ne donnons pas foi à cette information” », Le Matin, 24 décembre 2002.

« Ce que je peux dire au nom de l’Église d’Algérie est que nous n’avons aucune information nouvelle qui nous permette, aujourd’hui, d’ajouter foi à la version publiée dans son édition d’hier, par le quotidien français Libération se basant sur les déclarations d’un ancien lieutenant de l’armée algérienne impliquant les services du DRS d’être derrière l’assassinat des moines de Tibhirine, à Médéa.

« Je tiens à préciser que celui qui a donné les informations les plus claires est Benhadjar, qui était lui-même dans la région en contact avec les différents groupes terroristes et ses déclarations ont été largement publiées par la presse. À ces informations, s’ajoutent celles de Mohammed Balhi, qui a témoigné sur cet assassinat dans son livre sur les moines de Tibhirine ainsi que celles données dans le film réalisé par M. Saïdi sur le père Célestin, l’un des sept moines assassinés. Nous n’avons aucune autre information donc pour donner crédibilité à la version de Libération. »

ASSOCIATED PRESS, « Un ancien militaire algérien accuse Alger d’avoir ordonné l’enlèvement des moines de Tibehirine, selon Li-bération », lundi 23 décembre 2002.
« “Cette thèse n’est pas nouvelle”, a commenté lundi à l’Associated Press un enquêteur français de l’antiterrorisme, “certains milieux politiques algériens relayés par des médias français qui n’ont plus la possibilité de se rendre en Algérie depuis des années, faute de visa, tentent d’accréditer le téléguidage de Zitouni par la Sécurité militaire et d’imputer certains massacres de civils aux autorités algériennes”.
« On précisait sous couvert de l’anonymat que l’enquête effectuée par les services de renseignements français avait “formellement”conclu que l’assassinat des moines trappistes avait été la conséquence d’un règlement de comptes entre, d’une part, les radicaux salafistes des GIA, alors dirigé par Zitouni, et l’Armée islamique du salut (AIS) et la Ligue islamique pour la daâwa (prédication) et le djihad (LIDD), dirigée par un ancien militant du FIS, Ali Benhadjar. »

Hassane ZERROUKY, « Les anomalies du récit », Le Matin, 24 décembre 2002.
« Selon Libération de mardi 23 décembre, c’est la Sécurité militaire algérienne qui a organisé l’enlèvement des sept moines trappistes. Le journal se base sur les révélations de Abdelkader Tigha, ancien membre des services secrets. Son récit comporte au moins une anomalie. Les sept moines trappistes ont été exécutés le 21 mai 1996. Alors que Djamel Zitouni a été tué, selon Hassan Hattab, auteur du commu-niqué signé en commun avec Antar Zouabri, le 16 juillet 1996, soit deux mois plus tard. Cette date ainsi que la version de la mort de Zi-touni ont été confirmées par Sid Ali Benhadjar, dissident du GIA, à plusieurs interlocuteurs, dont René Guitton, actuel directeur des Édi-tions n° 1 et auteur d’un ouvrage sur les moines trappistes (Si nous nous taisons, Éditions Calmann-Lévy, Paris 2001).

« Le même Benhadjar a également livré sa version sur l’affaire des moines et la mort de Zitouni dans des entretiens accordés à Algérie Interface ainsi qu’à plusieurs journaux algériens. À moins que cette nouvelle version de la mort des moines n’est qu’un nouvel épisode accréditant la thèse de l’implication des services algériens afin de disculper la défaillance de la DGSE et de la DST qui s’étaient alors marchées sur les pieds dans cette affaire (voir Hassane ZERROUKY, La Nébuleuse islamiste en France et en Algérie, Éditions n° 1, Paris, 2002). »

Mounir B., « L’adjudant Tigha au rapport. DRS in Bangkok », Le Quotidien d’Oran, 25 décembre 2002.
« Libération fait l’impasse sur le témoignage principal de l’ancien émir de la LIDD, Ali Benhadjar, qui est un des seuls témoins directs de l’épisode de l’enlèvement des moines dans la nuit du 26 au 27 mars 1996. »

Hassane ZERROUKY, « Affaire des moines trappistes : Libération commente Le Matin », Le Matin, 26 décembre 2002.
« Libération n’a [pas] relevé les anomalies du récit de l’ancien membre des services concernant la mort de Zitouni, en essayant au moins de faire des recoupements avec ce qu’il avait publié sur cette affaire et avec les révélations apportées par Sid-Ali Benhadjar, chef dissident du GIA et « émir » de la région de Médéa au moment des faits. »

Salah Eddine K., « Déclarations de Tigha dans Libération : le RND dénonce les « basses manœuvres » », Le Quotidien d’Oran, 28 décembre 2002.
« Rappelons que l’archevêque d’Algérie, Mgr Henri Tessier, s’est inscrit en faux contre les affirmations de l’ancien adjudant dans les colonnes de Libération. Il a relevé, lors d’un passage à la télévision algérienne, que les témoignages des habitants de la région de Tibhirine ainsi que celui de l’ancien émir de la Ligue de la daawa et de la prédication, Ali Benhadjar, étaient plus crédibles. »

L’affaire de la mise à mort des sept moines en Algérie

par Abu Cha’ib Ali Benhadjar, émir de la Ligue islamique pour la da’wa et le djihad

Algérie, lundi 12 Rabie el-aouel 1418 (17 juillet 1997).

L’affaire des sept moines qui furent tués à Médéa des mains d’un groupe du GIA au mois de mai 1996 après leur enlèvement à la fin du mois de mars de la même année a fait alors grand bruit et provoqué des réactions très vives en Algérie et à l’étranger, avant que la page ne soit tournée rapidement, comme si l’affaire était définitivement réglée. Cela montre le désir des autorités françaises et algériennes d’enterrer l’affaire, après qu’elle eut joué son rôle pour susciter la terreur face aux actes du GIA et avoir fait passer à la communauté internationale le message que ceux qui se réclament de l’engagement religieux et prétendent bâtir un État islamique sont les premiers à s’en prendre aux hommes religieux. Avec cet autre message au monde que l’Islam n’est pas cette religion de tolérance et de miséricorde puisqu’il n’épargne personne de sa vengeance, étant intrinsèquement totalitaire et sauvage. C’est pourquoi il faut que le monde occidental s’unisse contre lui […], et cela avec l’appui des régimes au pouvoir dans le monde arabo-musulman, pour abattre les tenants de l’Islam par le fer et le feu sans distinguer ni approfondir les réalités. […]

La nuit où fut donnée l’aman
Dans la nuit du 24 au 25 décembre 1993, qui est la nuit de la fête de Noël chez les chrétiens (c’est-à-dire la nuit de la fête de la naissance du Messie Aïssa, fils de Marie, que le salut soit sur lui), nous nous sommes rendus au monastère des moines de Tibhirine depuis les montagnes de Tamezguida qui le surplombent de leurs hauts sommets. Notre groupe était composé comme suit : le cheikh Younes, alias Attiya Sayeh, le frère Ayoub (Lounès) d’Alger, le frère Laïd Ziani, de Quetiten, le cheikh Aïssa Hamza, le plus âgé d’entre nous, de Blida, le frère Thabet, de Tamezguida, et l’auteur Ali Ben-hadjar ; en tout, nous étions six.

Lorsque nous arrivâmes au monastère après le coucher du soleil, nous le trouvâmes fermé. Laïd escalada le mur, sauta à l’intérieur du jardin et nous ouvrit la porte. Je restai avec le cheikh Aïssa et le frère Thabet dans la rue devant la porte pour surveiller et écarter gentiment les voisins qui passaient par là et remarquaient notre présence. Le cheikh Attiya, Ayoub et Laïd s’avancèrent dans le monastère pendant que nous attendîmes plus d’une heure et demi leur retour. La joie et la satisfaction visibles sur leur visage nous indiquèrent que leur démarche avait été couronnée de succès. La veille, le cheikh Attiya m’avait consulté au sujet des moines, et je lui avais dit qu’ils étaient pacifiques, nous le savions à Médéa, et que peut-être ils nous aideraient médicalement et matériellement comme ils avaient aidé nos frères pendant la première révolution. Il partageait mon avis et décida de passer à l’action cette nuit, comme je l’ai indiqué.

Lorsque nos trois frères sortirent du monastère, ils se dirigèrent vers nous et nous informèrent de ce qui s’était passé depuis leur entrée dans le monastère jusqu’au moment où ils avaient quitté les moines.
Laïd, le premier à être entré dans le monastère, demanda aux moines de s’agenouiller contre le mur et — que Dieu ait son âme — comme il ignorait le français, il leur parla en dialectal. Ils comprirent et s’exécutèrent, terrorisés. Lorsque le cheikh Attiya entra dans la salle ainsi que Ayoub, demandant à Laïd de se reculer un peu, il s’avança et le frère Ayoub leur parla en français et leur annonça qu’ils ne leur voulaient pas de mal, mais qu’ils étaient venus pour une mission de bienfaisance. Alors la peur les quitta et ils reprirent contenance. Lorsqu’ils demandèrent aux frères de ne pas effrayer leur doyen, le médecin, qui était âgé, malade et alité dans une autre chambre, ils les rassurèrent. Les frères avaient trouvé une table pleine de bonnes choses et de bougies, car les moines étaient sur le point de célébrer cette nuit selon leur coutume. Ils n’étaient pas seuls puisqu’il y avait avec eux un hôte nommé Nicolas, qu’on appelle El Djillali, un Français qui travaille comme professeur dans l’enseignement secondaire (et, dernièrement, universitaire) à Médéa, et trois autres hôtes africains, qui étaient probablement du Burkina Faso.

Lorsque le médecin se présenta, les frères parlèrent avec lui. Il commença par refuser l’aide, mais ne tarda pas à accéder à la demande du cheikh Attiya, qui parla au nom du Groupe islamique armé en sa qualité d’adjoint à l’émir du GIA Djaafar el Afghani, et en même temps en tant qu’émir de la Katiba el Khadra pour la wilaya de Médéa. Les moines connaissaient le cheikh Attiya à travers les journaux et ce que les gens en disaient, notamment sa façon de parler du nez, de s’adresser à eux, et l’obéissance dont faisaient preuve à son égard les autres moudjahidines. Mais ils se rassurèrent lorsqu’il leur parla en français et leur exprima son souhait de les voir aider le djihad matériellement ainsi que par des soins et des médicaments.

Ils acceptèrent cette demande et lui promirent de soigner les malades et les blessés et de fournir des médicaments en cas de besoin. Ils s’excusèrent pour l’aide financière en faisant valoir que leur situation était loin d’être prospère et qu’ils avaient tout juste de quoi subvenir à leurs besoins. Les frères en prirent acte, et le cheikh Attiya leur donna l’aman, c’est-à-dire le serment qu’ils ne seraient pas agressés et que les moudjahidines ou le peuple ne leur feraient aucun mal tant qu’ils seraient fidèles à leur promesse de coopérer avec nous.

Celle promesse de l’aman, je l’ai entendue de mes propres oreilles du cheikh Attiya à l’extérieur du monastère, et les frères Laïd et Ayoub en ont été témoins. Laïd avait reconnu dans le monastère Nicolas, précédemment nommé, et il dit discrètement en aparté au cheikh Attiya : « Ce Nicolas coopère avec le pouvoir en tant qu’enseignant, ce n’est pas un moine, nous pouvons donc l’enlever. » Mais le cheikh refusa la demande de Laïd. Et lorsqu’ils franchirent le seuil du monastère en se dirigeant vers nous, le cheikh m’informa de la chose en me disant qu’il avait refusé cet acte parce que ces gens étaient en prières, qu’il leur avait donné l’aman à tous (c’est-à-dire tous ceux qui étaient dans le monastère) et que le pacte avait été conclu. Je l’approuvai et l’encourageai dans ce sens car les musulmans tiennent leurs promesses.

Nous partîmes cette nuit-là, regagnâmes la montagne et ne revinrent plus jamais. Mais certains de nos malades et de nos blessés se faufilèrent jusqu’au monastère en plein jour et en habit civil comme toutes les personnes qui venaient se faire soigner, sans éveiller les soupçons ni susciter l’attention. Aucun cas de blessé grave ne nécessita son transfert vers le monastère, ou le déplacement du médecin sur les lieux. Le cheikh envisageait de convoquer en cas de besoin le moine médecin à la maison du père Robert, au bout de la montagne, près de la commune de Tamezguida.

Il arriva une fois qu’un moudjahid alla se faire soigner au monastère, puis sortit du cabinet du médecin en oubliant sa sacoche. Le médecin le rattrapa et l’appela pour la lui remettre. C’est bien le signe de la confiance réciproque dans ce pacte (l’aman) qui avait été conclu avec le cheikh Attiya.

Les témoins dans l’affaire de l’aman donnée aux moines
Les hauts responsables en France et hors de France nièrent qu’il y avait entre les moines et le « terrorisme » une coopération ou une aman, comme le rapportèrent différents médias locaux et internationaux. Il est vrai qu’il n’y a jamais eu de collaboration avec le GIA après qu’il se soit dévoyé sous la conduite de Zitouni et de Zouabri. Les moines n’ont jamais conclu de pacte avec ceux-ci, ils n’ont jamais collaboré avec eux.

Mais le pacte et la coopération ont bien existé à l’époque du cheikh Attiya et avec la katiba de Médéa précisément, lorsque le GIA était sur la bonne voie, dirigé par des gens loyaux — et cela se poursuivit chez les moudjahidines de la katiba de Médéa qui en restèrent au pacte du cheikh Attiya et à sa conduite dans le djihad, sans injustice ou dépassements envers le peuple et les moines.

D’autres responsables ont reconnu cette coopération et ce pacte d’aman dans la presse. Je mentionnerai à titre d’exemple une déclaration de l’évêque d’Oran Henri Claverie qui fut publiée dans le quotidien El Khabar du 9 dou el Qaada (correspondant au 28 mars 1996), qui expliquait : « L’évêque indique qu’aucune menace n’était parvenue aux religieux français auparavant, mais au contraire, qu’ils avaient reçu des garanties de l’ancien émir du GIA Attiya qui s’était présenté au monastère en disant : « Vous êtes des hommes de Dieu qui faites la prière, nous ne vous ferons aucun mal ; mais il leur demanda à ce moment d’aider les islamistes, ce qu’ils refusèrent ». »

Si l’évêque Claverie a nié leur acceptation de coopérer, il n’en confirme pas moins l’aman du cheikh Attiya. Mais Attiya n’était pas venu au monastère uniquement pour leur dire ce que cite Claverie. Pourquoi donc, sinon, l’émir du djihad se serait-il rendu chez les moines, alors que les moudjahidines avaient déjà reçu de l’aide d’eux pendant la révolution ? Et on se demande comment l’évêque Claverie savait que le cheikh Attiya s’était rendu au monastère. Il ne l’avait sûrement pas appris par la presse ou par la rumeur, mais de la bouche des moines eux-mêmes, en sa qualité de responsable de l’église, n’est-ce pas ?

Si l’évêque Henri Claverie n’était que témoin indirect, il y a deux autres témoins, l’un d’entre eux ayant été témoin oculaire, et l’autre par ses liens directs et sa proximité avec le monastère et la montagne.

Le premier témoin est le professeur Nicolas, appelé Djillali, qui est encore vivant à l’heure où j’écris ces lignes. Nous lui posons la question : est-ce que ce que nous avons rapporté sur ce qui s’est passé cette nuit-là est vrai ou non ? Le nombre des moudjahidines qui sont entrés dans la pièce n’était-il pas de trois ? Attiya est connu, et le frère Laïd, grand de taille, imberbe, de teint pâle ; et le frère Ayoub, ni petit ni grand, les cheveux et la barbe châtain, qui parle bien le français, et qui se chargea de traduire les paroles du cheikh Attiya… N’est-ce pas ? N’y avait-il pas trois Africains qui étaient venus pour la fêle de Noël ? N’était-ce pas la fête comme nous l’avons mentionné ? La seule chose que nous cherchons, c’est de dire la vérité et d’établir les faits. Nous ne demandons nulle récompense ou remerciement, mais nous voulons la vérité nue.

Le second témoin est le père Robert. Venu en Algérie après l’indépendance, il s’installa seul dans la région de Tamezguida au lieu dit Gattioua où il passa de longues années ; puis il changea de lieu et vécu à Zaddina dans la même montagne, près de quelques habitants. Il nous déclara lui-même qu’il était venu dans cette région et avait choisi cette vie pour se consacrer à la prière et vivre pauvrement après avoir laissé derrière lui sa vie aisée et sa famille dans son pays.

Le cheikh Attiya lui avait également donné l’aman, et nous avions été chez lui à deux reprises dans la montagne, avant qu’il ne déménage. Nous lui avons expliqué dans tous ses aspects la justesse de notre cause. Lorsqu’il se montra désolé de la violence et mit son espoir dans la compréhension et le dialogue, nous lui expliquâmes qui était l’agresseur et qui l’agressé… Et nous nous mîmes à défendre la loi de Dieu et la légalité.

Posons la question au père Robert : est-ce que nous t’avons fait du mal ? Le cheikh Attiya t’a donné l’aman, et nous nous sommes assis avec toi, et avons parlé de choses de la religion et de la vie comme les étoiles et les herbes., tu te souviens ? Et comme tu es le plus proche du monastère, le cheikh Attiya envisageait de faire de toi l’intermédiaire entre lui et les moines pour demander au médecin de venir soigner les blessés, comme il me l’a dit lui-même… Est-ce que tu ignores le pacte d’aman que le cheikh leur avait donné ? Et ton ami Nicolas qui te rendait visite chez toi au bout de la montagne ? Vous vous prétendiez neutres et libres dans vos comportements, et non soumis à l’autorité d’un régime quelconque… Mais vous ne délaissiez pas la politique, et vos témoignages étaient dictés par l’intérêt d’être protégés (dhimma) ni plus ni moins. Nous ne voulons, en disant cela, que manifester la vérité des faits et montrer que les vrais musulmans tiennent leur parole… Les mœurs de la guerre et ses règles ont été fixées par Dieu et son prophète Mohammed […]. Nous sommes tenus par elles et pour elles nous vivons et nous mourrons.

Les tentatives du GIA pour dénoncer le pacte
Certains émirs érudits en religion du GIA et certains de ses lieutenants légaux sous l’émirat de Zitouni, lorsque nous en dépendions, voulurent charger la katiba de Médéa de tuer les moines sous le prétexte qu’ils n’avaient ni aman ni pacte, et que le cheikh Attiya avait commis une erreur en leur donnant l’aman, car cela n’est pas permis dans la loi. Ils prétextèrent aussi que le cheikh Attiya qui leur avait donné l’aman était mort, et que par conséquent le pacte d’aman était caduc. Nous n’acceptâmes pas ces vues et leur répondîmes par des preuves tirées de la loi et des arguments tirés des paroles des savants qui nous ont précédés (dont le lecteur trouvera un résumé en annexe).

Nous répondîmes aussi que nous, la katiba de Médéa, étions les mieux placés pour connaître ces moines, qu’ils étaient pacifiques, ne faisaient pas de prosélytisme, n’aidaient pas notre ennemi, et n’avaient aucune influence sur leurs voisins dont aucun n’avait changé de religion tout au long de leur présence, ce qui nous avait conduit à leur donner l’aman et à les épargner. Et le GIA ne pouvait pas s’en prendre à eux, car la plupart des moudjahidines de la katiba voyaient les choses ainsi. En conséquence, l’aman donnée par le cheikh était toujours valable, et nous devions la respecter dans la mesure du possible.

Lorsque se produisit la dérive du GIA sous la conduite de Zitouni manipulé par les services de sécurité avec des fetwas et des directives aberrantes, ils annulèrent nos engagements et dévièrent de notre voie en rendant licite le sang, les biens et l’argent de ceux qui n’étaient pas d’accord avec eux. Il n’y a pas à s’étonner si ces valets honteux en arrivèrent à enlever les moines et à les tuer, eux qui tuèrent les meilleurs des propagandistes et des moudjahidines officiers et des civils qui travaillaient avec eux.

Lorsque la direction du GIA dévoyée comprit que notre katiba (de Médéa) avait pris conscience de ses manigances et de ses manœuvres contre les dirigeants et les prédicateurs (et que nous parvint la nouvelle de l’assassinat par traîtrise des frères que nous leur avions envoyés, au nombre de six, en délégation ; un seul en réchappa, et nous revint après un an d’absence), le groupe de Zitouni nous contacta et voulut s’assurer de notre allégeance et de notre obéissance, et pour cela nous demanda d’enlever les moines du monastère, ce que nous refusâmes.

L’émir de la compagnie « El Qods », à qui on demanda cela, n’était autre que le frère Laïd lui-même, qui avait été présent avec le cheikh Attiya lorsqu’il conclut le pacte et donna l’aman. Il refusa et renvoya ceux qui vinrent à lui en renfort pour cette action infâme, et il les dissuada de revenir vers lui. Il ne resta plus au GIA dévoyé qu’à faire appel à d’autres katibas de Berrouaghia, de Ouzera, de Bougara et de Blida, et quelques personnes de Médéa d’obédience salafie proches de Ettakfir oua El Hidjra, certains se rattachant au vrai courant salafiste auquel nous sommes tous fiers de nous rattacher par notre conduite, nos convictions, nos pratiques. La plupart d’entre eux fu-rent tués des mains du groupe de Zitouni d’une façon atroce avant de prendre cons-cience de la dérive du groupe et de comprendre où les mènerait le djihad sous sa conduite.

Il fut donc aidé par d’autres katibas qui planifièrent et exécutèrent cela, et nous n’étions pas au courant, de même qu’il ne nous vint pas à l’idée que l’affaire irait si vite. À moins qu’elle ait été préparée avant qu’ils nous demandent de nous en occuper et que nous refusions. Nos frères de la katiba avaient l’intention à cette époque de prévenir les moines que le GIA dévoyé préparait leur enlèvement afin qu’ils s’éloignent ou demandent protection aux autorités, pour être fidèles à notre engagement, ce qui fait partie des obligations de l’aman et du pacte. Mais le GIA nous prit de vitesse en me-nant cette action infâme que la charia ne reconnaît pas et que celui qui a un atome d’humanité dans le cœur se refuse de commettre.

Cette nuit-là, le drame ne toucha pas seulement les moines ; plusieurs jeunes furent également enlevés et tués pour le seul crime d’avoir été nos sympathisants. Le groupe criminel de Zitouni, en les tuant, s’imagina faire une bonne action et créer un évènement médiatique.

Pour finir, nous certifions que ce rapport n’a pas pour but d’obtenir une compensation ou des remerciements, ou des éloges ou une aide. Nous voulons seulement que la vérité éclate […], car ce pacte et cette aman ont été démentis par les responsables en France et en Algérie par des responsables de l’Église et des médias. Ils persistent à nier et à ignorer ces vérités, et ils ne veulent pas voir l’Islam véritable qui affirme son existence et sa force sur cette terre et dans diverses contrées par la parole de vérité et la fidélité et le respect des droits et les bons comportements. Nous n’avons pas d’autre ambition en cela que la miséricorde de Dieu, de Lui plaire pour être Ses serviteurs croyants auxquels Il donne la victoire dans ce monde et le paradis dans l’autre si leurs intentions sont pures et leurs actions droites comme Il leur a tracé la Voie droite dans le Saint Coran et la Sunna du prophète Mohammed (qu’Allah le bénisse et lui accorde le salut).

Dans les pages suivantes, vous trouverez en annexe de ce rapport […] :
1. Notre précédent rapport au sujet de cette affaire qui traite de l’influence des services de renseignement sur le GIA dévoyé.
2. Le communiqué de la katiba de Médéa après l’enlèvement des moines.
3. Preuves canoniques de l’obligation de respecter le pacte avec les moines comme avec quiconque, et de ne pas leur porter tort, en les tuant ou d’une autre façon.

Communiqué n° 1

Extrait d’un compte rendu que nous avons écrit pour prouver l’implication des ser-vices secrets algériens dans les GIA. Cet extrait concerne l’enlèvement des moines.
Nous nous arrêtons sur l’affaire des moines enlevés à Médéa parce que les indices de la coopération des services algéro-français sont clairs. Nul ne peut les ignorer sauf les idiots et les incultes. Nous avons démontré l’affaire en résumé dans un précédent communiqué de notre katiba du mois d’avril. Nous avons promis de plus amples éclaircissements. Nous disions que cet enlèvement est une manœuvre des services se-crets en nous appuyant sur les observations suivantes.

1. Lors des mois de septembre et octobre 1995, une revue française publie une déclaration d’un des généraux algériens : « Nous avons infiltré le GIA et nous sommes même arrivés à des postes de direction en son sein. » Vous pouvez vérifier cette information dans les archives de la presse.

2. Le ministre précédent de l’Intérieur algérien a été relevé de son poste l’année dernière, suite à ses déclarations selon lesquelles, « il allait y avoir des tombes pour les membres du GIA dans les montagnes. » Il faisait référence à la guerre intestine au sein du GIA et aux tribunaux et commissions pour la liquidation des meilleurs fils de combat dans la montagne qu’ils ont provoqués.

3. De nombreuses déclarations de responsables de ce sale régime annonçant de près ou de loin que la lutte avec le GIA ou le terrorisme, comme ils disent, vivrait « ses derniers jours », en s’appuyant sur ce qu’ils ont semé en son sein et en introduisant des traîtres et experts de la manipulation cherchant à faire avorter la lutte et à faire dévier sa marche. [Citation coranique] et parmi ces déclarations, celle de Zéroual durant et après sa campagne électorale.

4. Les expressions utilisées par la junte au pouvoir dont les observateurs avertis n’ignorent pas qu’elles sont aussi utilisées dans les communiqués et déclarations des groupes infiltrés — comme nous l’avons rappelé dans le rapport ci-dessus. Le risible dans l’affaire, c’est que le GIA nous demande de nous repentir de l’activité islamique pour la da’wa ou au sein du FIS, tandis que le régime militaire exige également de nous le repentir. Comme les deux exigences se ressemblent ! C’est comme si elles provenaient d’une source unique.

5. En juillet 1996, Radio Méditerranée a diffusé un communiqué de quelques mem-bres du majless ech-choura (du GIA dévoyé), dans lequel ils informent que Djamal Zitouni a été démis de ses fonctions — alors qu’ils n’en ont ni le pouvoir ni la force — et exigent sa passation en jugement ainsi que celle de son groupe et surtout de Antar Zouabri, qu’ils accusent de faire partie des services secrets et d’être leur agent. Qu’ils disent vrai ou qu’ils mentent, Dieu seul le sait. Ces membres étaient proches de lui et de son acabit, donc mieux informés. […]

6. Saïd Mekhloufi, dans son communiqué (au nom du MEI : Mouvement pour un État islamique) n° 2 (qui n’est pas daté mais paraissant être du début 1996), déclare sortir du GIA. Il dit expressément que le MEI est certain que la direction du GIA est aujourd’hui infiltrée par les services secrets et […] qu’il a entre les mains des preuves irréfutables que son émir Abou Abderrahman Amin (alias Djamel Zitouni) est en relation avec les services secrets. […]. Il ajoute : « J’ai montré certain de ces documents à quelques émirs, qui ont décidé de quitter la direction du GIA. » A Médéa, nous n’avons jamais reçu ces documents.

7. Notre frère Bachir Turkman (que Dieu ait son âme), membre de l’organisation légale du GIA (ils l’ont tué lâchement après l’avoir torturé), était présent dans le QG où s’est déroulée l’allégeance extorquée dont a bénéficié Zitouni pour devenir l’émir du GIA. Son témoignage à propos de ces évènements nous a montré un pan de la dé-rive du djihad : Bachir a dit que l’un des responsables de la communication du GIA a rapporté à une personne — dont Bachir ne se souvient plus du nom – que le groupe de Zitouni ou son cercle, quand ils se sont rendus chez lui (le responsable de la communi-cation) pour qu’il publie leur communiqué annonçant la désignation de Zitouni comme émir, il était occupé avec la préparation du communiqué du majless ech-choura qui désignait Mahfoud Abi Khalil à ce poste. Ils ont essayé de le corrompre avec de l’argent, villa et voiture (c’est la méthode des services secrets) […] pour qu’il édite celui de Zitouni. Nous n’avons pas prêté attention à cette information, car pour nous en islam, on n’achète pas les postes d’émir avec de l’argent ou autre. Cette information a été confirmée dernièrement par un enregistrement de l’émir de la région n° 1 et adjoint de Abi Abdallah, alias Khaled Sahli.
C’était là des observations générales, auxquelles nous ajoutons des observations particulières et circonstanciées concernant l’affaire des moines.

1. Les ravisseurs des sept moines ne se sont pas contentés de l’enlèvement. […] Ils se sont aussi attaqués aux populations pacifiques de deux quartiers de la ville et de sa périphérie [de Médéa, NDT], en cassant portes et téléviseurs, en tuant trois jeunes de la mosquée et en en enlevant d’autres dans leurs maisons. Comment une opération aussi importante — avec des cris, des coups de feu, des mouvements de voitures — a-t-elle pu se dérouler à minuit, alors que le couvre-feu était en vigueur ? Les soi-disant forces de sécurité n’ont pas voulu se déplacer, par lâcheté ou par complicité avec les agres-seurs, considérant qu’elles n’étaient pas concernés du fait que cela touchait la population, ou sur ordre des autorités supérieures, agissant en coulisse.

En la circonstance, nous faisons remarquer que la plupart des forces de l’armée, de la police et de la gendarmerie ne sont pas au courant du travail des services de renseignement, lesquels sont en relation directe avec la présidence ou la direction militaire. Les complots et les opérations fomentés par la Sécurité militaire contre les forces de sécurité, de la gendarmerie et de l’armée, sont nombreux. C’est ainsi que la SM n’a pas hésité à sacrifier certains de ses éléments et de ses armements, pour faire des provocations accusant une partie [les islamistes, NDT] ou pour infiltrer certains de ses éléments dans les rangs [des groupes armés, NDT] et en faire des héros, membres dirigeants du GIA (comme dans l’affaire de Farid el-Wahrani). […]

2. Les soi-disant forces de sécurité prétendent s’être déplacées dans les premières minutes qui ont suivi l’enlèvement et avoir encerclé la région. La vérité, connue de tous les témoins oculaires, est qu’elles n’ont pas bougé avant l’aube alors que l’enlèvement est intervenu au milieu de la nuit. Cela ne peut être nié, car toute la population le sait.

3. Les moines ont été enlevés et emmenés à pied sur une distance de plusieurs kilomètres. La plupart sont âgés et se sont déplacés dans l’obscurité à travers les champs, dans une région quadrillée de postes d’observations et de casernes. Où étaient les yeux des gardes et des sentinelles ?

4. Un des jeunes enlevés s’est enfui et s’est adressé aux forces de l’ordre. Il les a informés de l’emplacement des otages dont les moines et leurs ravisseurs. Nous avons vu la région sévèrement bombardée. Questions : pouvait-on libérer les moines avec ces méthodes de frappes aveugles, ou bien voulait-on que les ravisseurs liquident les moines en représailles pour ces bombardements ? Ces morts permettraient au régime d’enclencher un tapage médiatique immense sur le plan international dans le but d’obtenir la sympathie de la communauté internationale pour lui-même et pour son complice dans les complots, l’État français.

5. Toutes les informations faisaient état d’un transfert des moines vers la région de Bougara, et les journaux ont confirmé cette information reprise de sources bien informées et proches des autorités. Cela met en évidence l’implication de la Sécurité militaire dans le GIA, car ce sont ses agents qui donnaient l’information : leur exécution a eu lieu à 5 ou 6 km de leur lieu de résidence, leurs têtes ont été abandonnées à 4 km de la ville, sur la route nationale n° 1.

6. Les médias ont tenté de dissimuler à l’opinion la véritable nature de l’affaire de l’enlèvement des moines en la présentant comme relevant d’un règlement de comptes entre le GIA et la katiba de Médéa, qui avait donné aux moines une promesse d’aman. Il s’agissait ainsi de tromper l’opinion publique locale et internationale sur les objectif des deux régimes alliés français et algérien qui sont derrière cette opération, de sorte que l’opinion française ne prenne pas conscience que ses dirigeants étaient mêlés à l’affaire des moines. Ils ont été sacrifiés pour maintenir la relation avec les dirigeants algériens et conserver l’hégémonie sur les affaires des anciennes colonies.

Après toutes ces observations générales et particulières, les questions suivantes s’imposent.
Si le pouvoir en place en Algérie déclare avoir infiltré le GIA au niveau de la direction – et c’est ce que montrent les indices et les faits – et donc s’il maîtrisait l’orientation et l’action de certains des dirigeants du GIA, comment aurait-il pu ignorer la planification et l’organisation de l’enlèvement des moines ? Même en admettant qu’il n’ait pas eu connaissance de l’affaire avant son exécution, comment croire qu’il n’ait pas réussi à connaître le lieu de la séquestration des moines alors qu’il avait un accès direct aux secrets du GIA infiltré puisque les dirigeants de ce groupe étaient tou-jours entre ses mains ?

Comment les autorités peuvent-elles affirmer avoir ratissé la région et recherché les moines, sans succès, alors qu’ils n’étaient qu’à quelques kilomètre du lieu de leur enlèvement ? Comment l’État français s’est-il aussi facilement accommodé de l’assassinat des moines – c’est ce qui ressort des faits – alors qu’il contrôle par son aide économique et son influence les dirigeants du régime en place en Algérie ? Ces derniers, à leur tour, déclarent contrôler le GIA et l’infiltrer par leur services de renseignement, mais aucun des deux gouvernements n’aurait pu faire quoi que ce soit pour les moines enlevés ? […]

L’assassinat de l’évêque d’Oran Henri Claverie par l’explosion de sa voiture à son arrivée à Oran, alors qu’il revenait de l’enterrement des moines, est également très bizarre. Il a été tué après sa rencontre avec le ministre français des Affaires étrangères, pour qu’il emporte son secret dans la mort. Le GIA n’est pas fort au point de pouvoir gérer toutes ces affaires. Radio Méditerranée a annoncé que l’évêque avait retardé son départ en avion de plusieurs heures, ce qui constitue un indice troublant. Curieuse-ment, ni les journaux occidentaux, ni les analystes de la presse n’ont tenu compte de ce fait et l’affaire a été classée comme tant d’autres […].

Résumé du communiqué n° 2 de la katiba Wafa’de Médéa, 4 avril 1996

La katiba Wafa’de Médéa regrette l’enlèvement des sept moines de Tibhirine, et déclare être innocente de cet acte, car le cheikh Attiya avait promis protection aux sept moines après les menaces visant les étrangers. Nous avons respecté cette promesse après la mort du cheikh. Certains de nos dirigeants ont essayé de nous imposer de rompre cette promesse. Nous avons refusé. Et voilà qu’aujourd’hui, ils ont trahi notre promesse. Nous condamnons la connivence entre les exécutants de l’enlèvement et les services de renseignement qui n’ont annoncé l’enlèvement des moines que le 26 mars 1996 et ont omis de signaler les cinq jeunes victimes de notre peuple et les destructions dans la ville de Médéa. Pourquoi ne parlent-ils pas des autres méfaits ?

Médéa le 4 avril 1996, Ali Benhadjar.

Communiqué n° 3

[Références coraniques et explications condamnant l’enlèvement et l’assassinat des moines et la trahison de la promesse du cheikh Attiya.]

 

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