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La
torture en Algérie
(1991
- 2001)
Me Mahmoud Khelili,
algeria-watch, octobre 2001
Introduction
Si la torture a pu
vaincre par des procédés ignobles, les corps, elle n'a jamais
pu vaincre les âmes ni encore moins, arrêter le cours de l'Histoire.
Cette illustre leçon que nous a enseignée cette dernière
n'a jamais pu être ni comprise ni apprise par les dictateurs ignares
d'une manière générale et les nôtres d'une
manière particulière. La torture, cet acte abjecte et dégradant
touchant à la dignité humaine a été pratiquée
de manière courante par ceux qui avaient décidé dès
le 3 juillet 1962, de confisquer l'indépendance d'un pays et les
libertés d'un peuple né libre.
Depuis, les techniques se sont développées et les lieux
se sont étendus. Les opposants politiques des années 70
connaîtront le centre de torture de Bouzaréah et ses labyrinthes
truffés de miroirs. Des centaines de jeunes algériens, des
adolescents dans la majeure partie des cas, victimes du drame du 5 octobre
1988, connaîtront quant eux la caserne de parachutistes de Sidi
Fredj où des officiers supérieurs et un wali (préfet)
supervisaient les supplices.
A partir du 11 janvier 1992, les algériens connaîtront à
une très grande échelle cette odieuse pratique dans pratiquement
tous les lieux de détention. Certains y laisseront la vie, beaucoup
garderont des séquelles physiques et psychologiques indélébiles.
Personne n'y échappera, ni même l'enfant, la femme ou le
vieillard. Cette pratique institutionnalisée par le régime
et exécutée par des tortionnaires psychopathes avait plusieurs
buts : extorquer des aveux, punir et terroriser.
Moyens
de torture
1. Les moyens
de torture physique
Les moyens utilisés
par nos tortionnaires désaxés et dépravés
sont nombreux et variés. Ils vont des violences rudimentaires et
primitives aux techniques les plus sophistiquées.
Les bastonnades
et la flagellation :
ce sont des
méthodes rudimentaires qui accueillent le supplicié dans
la "salle d'exploitation des informations" ou le "laboratoire
" selon la propre appellation cynique des salles de torture par les
tortionnaires.
Dès son entrée le supplicié est reçu par des
coups de poings et de pieds sur tout le corps avec deux zones de prédilection
: le visage et les organes génitaux. A cela s'ajoutent des coups
de bâton et de tuyaux en caoutchouc sur la tête et sur le
dos, entraînant le plus souvent des traumatismes crâniens
et des fractures costales.
Il est une spécialité dont nos tortionnaires excellent.
Il s'agit de la "fallaqa " qui consiste après avoir allongé
et attaché le supplicié sur un banc, à frapper sa
plante des pieds avec un bâton fin ou un câble électrique.
Extrêmement douloureuse, elle provoque un dème et des
plaies hémorragiques qui s'infectent le plus souvent et qui empêchent
la malheureuse victime de marcher.
La technique
du chiffon :
c'est la méthode la plus fréquemment utilisée. C'est
ce que j'ai appelé le "supplice made in Algeria ". Elle
est pratiquée partout, c'est la méthode introductive de
la panoplie de supplices. La victime dévêtue est allongée
puis attachée à un banc de telle manière qu'elle
ne puisse bouger. Un chiffon est introduit avec force dans sa bouche,
ce qui permet de maintenir cette dernière ouverte. De l'eau sale,
généralement puisée des WC ou des égouts de
cuisine est introduite de force dans la bouche et ce, jusqu'au remplissage
de l'estomac et à la suffocation. Parfois il est ajouté
à cette eau du grésil ou de l'eau de Javel.
Une fois l'estomac bien rempli, l'un des tortionnaires se mettra à
frapper l'abdomen du supplicié avec des coups de poing ou de pied
pour lui faire régurgiter cette eau. D'autres s'assoient carrément
sur l'abdomen du supplicié.
Il existe une autre variante de cette technique et qui consiste à
introduire un tuyau relié à un robinet et à laisser
couler l'eau jusqu'au remplissage de l'estomac puis le tortionnaire procède
comme précédemment pour faire évacuer l'eau.
La suspension
au plafond :
c'est également l'une des techniques fréquemment utilisées
dans les salles de torture qui sont équipées de systèmes
de poulies ou de crochets placés sur les murs et les plafonds.
Il existe plusieurs variantes selon les "goûts" des tortionnaires.
La suspension
par les poignets : elle consiste à suspendre la victime au
mur ou au plafond par l'un ou les deux poignets, les pieds pendant au
dessus du sol et ce, durant plusieurs heures voire des journées
entières. Cette pratique entraîne une véritable strangulation
au niveau des poignets avec parfois des séquelles vasculo-nerveuses
provoquant un retentissement fonctionnel sur la main.
La suspension
en sac : les pieds et les poignets du supplicié sont attachés
ensemble par une corde ou un câble. Tout le corps est alors hissé
par un système de poulie au plafond. La victime restera ainsi,
des heures voire des jours. Lorsque le supplice se termine, on lâche
brutalement la corde et le corps de la victime, épuisé par
des heures de supplice s'effondre lourdement et violemment sur le sol.
La suspension
par les pieds : les chevilles sont attachées par une corde
ou un câble et la victime est alors suspendue au plafond, tête
vers le bas et ce durant des heures ou des jours. Elle entraînera
des vertiges et des troubles vasculaires cérébraux. Beaucoup
de suppliciés mourront lorsque la suspension est prolongée.
La suspension
par le sexe : technique sauvage, provoquant d'horribles douleurs,
elle consiste à passer un câble en lasso sur la verge ou
au niveau de la racine de l'appareil génital externe et de tirer
vers le haut. Le supplicié est sujet alors à des évanouissements.
Elle entraîne souvent des ruptures vasculaires de l'appareil génital
et de l'urètre ainsi que d'abondantes hématuries. Elle laisse
comme séquelles une impuissance par lésions des corps caverneux.
Cette technique a été le plus fréquemment pratiquée
aux centres de torture de la sécurité militaire de Haouch
Chnou (Blida) et de Châteauneuf.
L'électricité
:
la gégène, qui nous rappelle les tristes et douloureux souvenirs
de la guerre de libération est pratiquée plus de trente
années plus tard comme au bon vieux temps de la bataille d'Alger
et avec parfois plus de raffinements grâce aux progrès technologiques
des "joujoux" importés de France et des Etats-Unis.
La classique séance
d'électricité : Sur une victime dévêtue,
allongée et bien ficelée sur un banc, de préférence
métallique, le tortionnaire mouille d'abord le corps en versant
sur lui un seau d'eau. Des fils électriques se terminant par des
pinces et reliés à une puissante source de courant électrique,
sont appliqués sur les parties sensibles du corps : lobes d'oreilles,
mamelons, parties génitales. Des décharges sont alors appliquées
entraînant de véritables convulsions et contorsions de la
victime, malgré ses solides attaches au banc. Les douleurs sont
atroces selon les récits de nombreux témoins. Nombreux seront
ceux qui perdront connaissance et seront réveillées par
d'autres décharges.
La matraque électrique
est le moyen moderne de torture. Décrite surtout dans les centres
de la sécurité militaire de Châteauneuf, de Blida
et de Boumerdés, elle permet tout en assénant des coups
d'envoyer des décharges électriques qui foudroient la victime.
C'est une matraque formée de deux parties : une partie recouverte
de cuir et qui est la poignée et une partie métallique hérissée
de pointes.
Le stylo électrique
: décrit par plusieurs témoins séquestrés
au centre de Châteauneuf, cet appareil qui ressemblerait à
un stylo présente une pointe métallique terminale semblable
à celle d'un fer à souder. Appliqué sur les pieds
et les différentes parties du corps, il délivre de puissantes
décharges électriques qui foudroient le supplicié.
Cet appareil aurait été importé des Etats-Unis.
Les aiguilles
électriques sont introduites tout comme des aiguilles d'acupuncture
en différentes parties sensibles du corps.. Mais contrairement
à ces dernières qui soulagent, celles-ci provoquent des
douleurs atroces.
Les brûlures
:
il existe plusieurs moyens de les provoquer dans la panoplie de nos professionnels
es torture.
· par mégots
de cigarettes : c'est la technique la "moins" sauvage. Le
tortionnaire écrase le mégot de sa cigarette sur le thorax,
l'abdomen ou le visage du supplicié attaché à un
banc, entraînant des brûlures ponctuelles plus ou moins profondes.
· par l'essence
: elle consiste à verser de l'essence soit sur la barbe soit sur
les organes génitaux et de craquer une allumette entraînant
un embrasement du liquide inflammable. De nombreux citoyens ont présenté
de très graves séquelles plus particulièrement au
niveau de l'organe génital.
· Le chalumeau
: cet appareil de soudure est appliqué généralement
sur le thorax et l'abdomen. Il entraîne des douleurs atroces et
provoque des brûlures du troisième degré qui s'infectent
souvent du fait de l'absence de soins.
· Le fer
à souder : comme le chalumeau, provoque des brûlures
graves. Des tortionnaires sadiques, écriront avec cet instrument
sur la peau du supplicié des prénoms de femmes ou des initiales
de clubs de football qu'ils supportent.
L'épreuve
de l'échelle :
le supplicié est suspendu par ses poignets et ses chevilles en
X à une échelle. On laisse brusquement tomber celle-ci avec
le corps attaché de la victime. Il tombera sur son visage, provoquant
souvent des fractures de la base du nez. Il existe une variante de cette
épreuve qui consiste à ligoter le supplicié sur une
chaise et à projeter cette dernière en avant avec réception
au sol sur le visage.
Les tenailles
:
sont utilisées pour arracher la peau du thorax et de l'abdomen
ou encore les ongles du supplicié. La plaie cutanée ainsi
provoquée est saupoudrée de sel. Lorsque la victime est
barbue, les tenailles serviront à arracher sa barbe.
La lame de
rasoir et la baïonnette :
tout comme les tenailles, elles serviront à entailler la peau du
thorax, de l'abdomen et du dos provoquant des plaies linéaires
qui seront saupoudrées de sel.
Les tortures sexuelles
Mutilation
de la verge :
nous avons vu précédemment que le sexe était une
zone de prédilection de nos tortionnaires aux troubles psychologiques
évidents et aux obsessions sexuelles quasi certaines, qu'il s'agisse
d'électricité, de suspension ou de brûlures.
L'autre technique de mutilation de cet organe est son introduction dans
un tiroir et la fermeture brutale de ce dernier, entraînant un véritable
effet de cisaillement, extrêmement douloureux et aux séquelles
fonctionnelles graves. Cette pratique a été souvent décrite
au commissariat central d'Alger.
La sodomisation
:
elle est loin d'être rare dans la pratique algérienne de
la torture.
La sodomisation concerne le plus souvent les adolescents sur lesquels
s'acharnent les tortionnaires. Elle peut être directe. Ce sont les
tortionnaires qui sodomisent leur victime à tour de rôle.
Ailleurs ils introduisent le canon de leur pistolet ou un manche à
balai dans l'anus de la victime. Le plus souvent, ils font asseoir le
supplicié sur une bouteille. Cette sodomisation provoque de graves
troubles sphinctériens anaux.
Un commissariat de la banlieue d'Alger (Bourouba) se serait spécialisé
dans ces actes contre nature.
2. Les moyens
de torture psychologique.
Simulacre
d'exécution :
La victime est souvent sortie de sa cellule, visage recouvert d'une cagoule
et jetée dans une malle de voiture. Il est emmené hors du
lieu de séquestration, généralement dans une forêt.
Là on lui hôte la cagoule et on lui met le canon du pistolet
sur la tempe ou on tripote un poignard, lui faisant comprendre qu'on allait
l'égorger. L'opération sera répétée
plusieurs fois pour terroriser la victime.
Insomnies et
état de psychose:
le supplicié est alors enfermé dans une cellule
mitoyenne de la salle de torture. Les cris des suppliciés et les
vociférations hystériques des tortionnaires qui se relaient
en permanence dans leurs basses besognes empêchent la victime de
dormir tout en le maintenant dans un état continu de psychose et
de terreur.
Menaces de
ramener l'épouse, la mère où la sur et de la
violer devant le supplicié : de nombreux cas se sont produits
et des femmes ont été violées devant leurs parents
par des hordes de tortionnaires obsédés.
3. Autres méthodes
:
La perceuse électrique,
plus couramment appelée chignole, la scie, le tournevis, le ciseau
de tailleur sont des instruments également utilisés pour
laisser des traces physiques indélébiles sur le corps du
supplicié par des tortionnaires détraqués assouvissant
leurs fantasmes et leur soif de vengeance inculquée par les services
de l'action psychologique.
Les
lieux tristement célèbres de séquestration et de
torture :
Tous les lieux de
séquestration (commissariats, brigades de gendarmerie, casernes,
centres de la SM) sont des centres de torture. Nous citerons seulement
et pour l'Histoire, quelques lieux tristement célèbres où
des actes abominables sont pratiqués quotidiennement.
- Le centre
de Châteauneuf :
appelé pompeusement poste de commandement opérationnel (PCO)
ou centre de lutte anti-terroriste (CLAT), c'est le centre névralgique
et le haut lieu de toutes les horreurs de cette période sanglante
que traverse l'Algérie. Equipé de moyens sophistiqués
de torture, ce centre verra défiler des dizaines de milliers de
citoyens de tous les coins du pays qui subiront les affres des supplices
de la part d'un personnel tortionnaire névrosé et criminel.
C'est dans ce centre que des dizaines de citoyens perdront la vie sur
les tables "d'exploitation du renseignement".
C'est dans ce centre que des filles, des épouses et des mères
seront violées devant leurs pères, leurs maris et leurs
enfants. C'est dans ce centre enfin que des crânes et des tibias
seront percés à la chignole.
- Le Commissariat
Central d'Alger
sis au boulevard Amirouche est un autre lieu symbole de la "question".
Des milliers d'Algériens connaissent les lugubres sous-sols de
ce commissariat, ses cellules crasseuses et humides et ses salles de torture
aux murs ensanglantés. Des dizaines de citoyens laisseront la vie
sur les bancs du supplice.
- Cavaignac
:
c'est le nom du commissariat situé à la rue Hocine Asselah,
à Alger. Siège de la police dite judiciaire, il sera le
lieu de nombreux actes criminels commis contre des citoyens arbitrairement
arrêtés et séquestrés. Là également,
de nombreux cadavres en sortiront pour être enterrés furtivement
de nuit sous la triste étiquette de "X Algérien",
selon de nombreux témoignages de policiers ayant fui ces horreurs.
- Commissariat
de Bab El Oued :
tristement célèbre dans ce quartier populaire et dont les
tortionnaires excelleront dans les bastonnades et la technique du chiffon.
Les tortionnaires de ce commissariat, souvent saouls, ramènent
régulièrement des clochards du port d'Alger pour tabasser
les détenus.
- Commissariat
de Bourouba (Hussein Dey) :
situé dans un quartier populaire, ce centre se distinguera par
la sodomisation des adolescents et le viol des détenues par le
commissaire en personne et son adjoint durant les années 94-95.
Une "chambre à coucher " sera spécialement aménagée
pour recevoir les citoyennes et citoyens durant cette période.
De nombreux citoyens y perdront la vie dans ce centre suite aux horribles
tortures.
- Centre de
la sécurité militaire de Ben Aknoun :
ce centre aux techniques sophistiquées est réservé
à une certaine catégorie de prisonniers. C'est là
que seront atrocement torturés les "auteurs" de l'attentat
de l'aéroport d'Alger. Les gros moyens sont utilisés : électricité,
perceuse électrique, castration. C'est là aussi que sont
concoctés les scénarii des "aveux" télévisés
et où sont filmés les malheureux "repentis" après
des séances bien dosées d'électricité et des
cours accélérés de scénarii préfabriqués.
Ces séances et ces cours se font par les agents de l'action psychologique
et sous la haute autorité d'officiers de la SM.
- Centre de
séquestration d'El Madania (Alger) :
Situé en plein quartier populaire, il est le lieu d'horribles tortures.
De nombreux citoyens dont des enfants mourront dans ce centre suite aux
sévices.
- Centre de
la sécurité militaire de Haouch Chnou (Blida) :
tristement célèbre dans la région. La victime est
souvent accueillie par un officier connu par sa phrase célèbre
: "ici on ne connaît ni Dieu ni Amnesty International, ou tu
parles ou tu meures!"
Ce centre se caractérise par la technique de la suspension par
le sexe. De nombreuses victimes périront dans ce centre.
- Groupement
de gendarmerie de Bab Ezzouar :
sa cave glaciale est tristement célèbre et décrite
par de nombreux rescapés du supplice. La technique préférée
de ses tortionnaires est l'introduction d'un tuyau d'eau dans la gorge
du supplicié jusqu'à l'asphyxie.
- Centre de
la SM du Hamiz : situé dans la wilaya de Boumerdés.
- Camp de la
sécurité militaire dit " La Surette " de
Médéa : Electricité.
- Caserne dite
de la Sonacome de Rouiba : Se trouve au niveau de la zone industrielle
de Rouiba. Lieu de tortures et d'exécutions sommaires.
Caserne dite
de la Sonipec de Dellys : Ancienne usine de la Sonipec désaffectée
et transformée en caserne militaire depuis le coup d'État
de janvier 1992. Lieu de tortures et surtout d'exécutions sommaires.
Centre militaire
Antar situé aux environs du parc zoologique de Ben Aknoun
: Centre cité par des officiers déserteurs dans des interviews
donnés à la presse occidentale.
- caserne de
la sécurité militaire de Béni Messous
- caserne d'Al
Makaria (ex-Leveilley)
- Caserne de
la sécurité militaire de Bouzaréah
- Commissariat
de Dély-Ibrahim (Alger)
- Commissariat
de Bab Ezzouar
- Caserne des
forces spéciales (nindjas) de Bourouba (Alger)
- Brigade de
gendarmerie de Baba Hassan
- Commissariat
de Boumerdès
- Brigade de
gendarmerie de Henchir Toumeghni (Oum El Bouaghi)
- Brigade de
gendarmerie de Madrissa (Tiaret)
- Caserne des
Salines de Dellys (Boumerdès)
- Commissariat
de Khemis El Kechna
- Caserne Magenta
d'Oran (SM)
-
CTR de Constantine
Liste
non exhaustive de citoyens torturés
Des dizaines de milliers
de citoyens eurent à pâtir de ces pratiques odieuses. Nous
versons pour l'Histoire, comme nous l'avons déjà fait durant
les moments les plus cruciaux qu'ont connu notre patrie et nos concitoyens,
une liste non exhaustive de citoyens victimes de la "question ",
dont beaucoup furent mes mandants.
1 - Kechaï
Abderrachid, 32 ans, enseignant demeurant à Baraki, arrêté
en juin 1991 par la gendarmerie.
Lieu de garde à vue : gendarmerie de Baraki.
Durée de garde à vue ; 13 jours.
Torturé à la prison d'El Harrach par le gardien Rabah Badjarah
: bastonnades, sodomisation par manche à balai et castration post-traumatique.
Complications : troubles urinaires graves et dilatation du sphincter anal.
2 - Hammoudi Nadir,
27 ans, architecte, demeurant à Bab El Oued, Alger, a été
arrêté le 9 octobre 1992 à son domicile à 1
heure du matin.
Lieu de détention : commissariat de Bab El Oued.
Durée de la garde à vue : 28 jours.
Moyens de tortures : technique du chiffon, brûlures par mégots
de cigarettes, tabassage.
Transféré le 7 novembre à la prison de Serkadji puis
en novembre 1996 à la prison d'El Harrach.
Après 5 ans de détention préventive, il est acquitté
par le tribunal d'exception d'Alger et libéré en novembre
1997.
3- Belhouari Sid
Ali, instituteur a été arrêté à
son lieu de travail le 8 octobre 1992.
Lieu de détention : commissariat de Bab El Oued.
Durée de la garde à vue : 22 jours.
Moyens de tortures : technique du chiffon, électricité.
Complications : crise nerveuse ayant nécessité son évacuation
sur l'hôpital de Bab El Oued.
Transféré le 2 novembre à la prison de Serkadji.
4 - Abderrahim
Hocine, 39 ans, universitaire arrêté en septembre 1992
à Dellys.
Lieux de garde à vue : Châteauneuf, commissariat central,
centre de la SM de Hydra et de Ben Aknoun.
Durée de la garde à vue : 30 jours.
Moyens de torture : technique du chiffon, électricité, perceuse
électrique, bastonnades.
Complications : traumatisme crânien. Evacué en urgence à
deux reprises sur l'hôpital militaire.
Condamné à mort et exécuté le 31 août
1993. Voir témoignage
5- Belkadi Salem,
marié et père de 9 enfants, demeurant à Aïn
Taya, arrêté en 1992 à son domicile par la gendarmerie
de Aïn Taya.
Lieu de garde à vue : centre de la SM de Boudouaou.
Durée de garde à vue : 17 jours
Moyens de torture : suspension par les pieds au plafond, brûlures
au chalumeau, injection de produits chimiques dans le pénis, flagellation
par câble électrique, technique du chiffon, blessures par
baïonnette
Complications : pertes de connaissance, plaie de la jambe par objet tranchant.
Transféré à la prison d'El Harrach.
6 - Benbekhouche
Ayachi, 45 ans, marié et père de 6 enfants. Arrêté
le 9 octobre 1992 à Mila (Constantine) par des gendarmes.
Lieu de garde à vue : brigade de gendarmerie de Si Mustapha (Boumerdès)
Durée de la garde à vue : 17 jours.
Moyens de torture : Arrachage des ongles et de la peau par des pinces,
brûlures au chalumeau, bastonnade, chiffon.
Complications : troubles psychiques.
Transféré à la prison d'El Harrach.
7 - Kazi Abdennacer,
27 ans, tailleur, demeurant à la Cité de Diar El Mahçoul
Alger. A été arrêté le 27 octobre 1992 à
3 heures du matin par des civils armés et cagoulés.
Lieu de garde à vue : commissariat de Cavaignac.
Durée de la garde à vue : 11 jours
Moyens de torture : bastonnade, arrosage par eau froide, coups avec chaise
métallique, simulation d'exécution avec pistolet sur la
tempe, technique du chiffon, clous enfoncés dans le corps et reliés
à du courant électrique, brûlures par des mégots
de cigarettes, crachats. simulation d'exécution
Complications : traumatisme crânien, séquelles de brûlures
de la main.
Observations : incarcéré le 5 novembre 1992 à la
prison d'El Harrach. Voir témoignage
8 - Raïth
Slimane, 29 ans, maçon, a été arrêté
le 18 février 1992 par des gendarmes.
Lieu de garde à vue : compagnie de gendarmerie de Bab Ezzouar
Durée de garde à vue : 22 jours.
Moyens de torture : suspension au plafond par les poignets et flagellation,
brûlure de la barbe, technique du chiffon, bastonnades, en présence
des officiers.
Transféré à la prison militaire de Blida.
9 - Kaouane Hassan,
arrêté en avril 1992
Lieu de garde à vue : commissariat central
Durée de la garde à vue : non précisé
Moyens de torture : coups de poings, électricité, menaces
de sodomisation.
Complications : fracture du pied gauche, section partielle de la langue.
Détenu à la prison d'El Harrach puis transféré
à la prison de Serkadji.
Assassiné dans sa cellule le 21 février 1995. Voir témoignage
10 - Ter Ali,
a été arrêté à la sortie de la mosquée
par des gendarmes le 15 juillet 1992.
Lieu de garde à vue : gendarmerie de Aïn Taya
Durée de la garde à vue : 20 jours
Moyens de torture : technique du chiffon, bastonnades sur la plante des
pieds (falaqua), sodomisation.
Complications : troubles sphinctériens de l'anus. Voir témoignage
11 - Bouamama
Nourreddine, 42 ans, marié et père de 4 enfants. Arrêté
le 23 septembre 1992 à 2 heures du matin à son domicile
par des nindjas.
Lieu de garde à vue : Commissariat Central d'Alger.
Durée de la garde à vue : 22 jours
Moyens de torture : électricité, technique du chiffon, bastonnades,
arrachage de dents par tournevis, arrachage de la peau par pince.
Complications : dème généralisé du corps.
Transféré à la prison d'El Harrach. Condamné
à mort par le tribunal d'exception d'Alger. Voir témoignage
12 - Amara Ahmed,
35 ans, fonctionnaire, a été arrêté le 18 février
1992 à son domicile par des gendarmes.
Lieu de garde à vue : Compagnie de gendarmerie de Bab Ezzouar.
Durée de la garde à vue : 22 jours.
Moyens de torture : brûlure de la barbe, bastonnades, coups de poings,
technique du chiffon en présence des officiers.
Transféré à la prison militaire de Blida.
Observations : vol au cours de l'arrestation de 20 000 dinars et d'effets
vestimentaires.. Saccage de la maison et brutalités envers la mère
âgée. Voir témoignage
13 - Hanni Faci,
23 ans, maçon, arrêté le 24 février 1992 à
la mosquée où il effectuait des travaux de maçonnerie.
suite à un ratissage dans mon quartier d'El Harrach.
Lieu de garde à vue : compagnie de gendarmerie de Bab Ezzouar.
Durée de garde à vue : 19 jours
Moyens de torture : flagellation par câble électrique, technique
du chiffon, tentative de sodomisation par bouteille, introduction d'un
tuyau d'eau dans la bouche et ouverture du robinet.
Complications : troubles urinaires.
Transféré à la prison militaire de Blida.
14 - Berbère
Mohamed, célibataire. demeurant à Aïn Taya, arrêté
en 1992 à son domicile par la gendarmerie de Aïn Taya.
Lieu de garde à vue : centre de la SM de Boudouaou.
Durée de garde à vue : 17 jours
Moyens de torture : suspension par les pieds au plafond, brûlures
au chalumeau, injection de produits chimiques dans le pénis, flagellation
par câble électrique, technique du chiffon.
Complications : pertes de connaissance.
Observations : Transféré à la prison de Serkadji.
Libéré le 13 septembre 1993 après son acquittement
par le tribunal d'exception d'Alger, il sera kidnappé par la SM
devant la porte de la prison. Disparu depuis.
15 - Dahri Abdelaziz,
demeurant à Aïn Taya, arrêté en 1992 à
son domicile par la gendarmerie de Aïn Taya.
Lieu de garde à vue : centre de la SM de Boudouaou.
Durée de garde à vue : 17 jours
Moyens de torture : suspension par les pieds au plafond, brûlures
au chalumeau, injection de produits chimiques dans le pénis, flagellation
par câble électrique, technique du chiffon.
Complications : pertes de connaissance.
Transféré à la prison d'El Harrach.
16 - Silem Abdelkader,
36 ans, arrêté le 28 février 1992 par des militaires
et des civils cagoulés à son domicile au 94 parc Ben Omar
à Kouba (Alger).
Lieu de garde à vue : centre de la SM de Bouzaréah.
Durée de garde à vue : 18 jours
Moyens de torture : coups de poing, bastonnades, matraque électrique,
gégène, chiffon
Complications : hémorragies (epistaxis, gingivorragies), troubles
du rythme cardiaque ayant nécessité son hospitalisation
en cardiologie le 18 mars 1992 (hôpital militaire de Aïn Naadja).
Observations : citoyen cardiaque, porteur d'une prothèse valvulaire
et sous traitement anticoagulant permanent.
Transféré à la prison militaire de Blida.
17 - Boutchiche
Mokhtar, arrêté sur la route à Tidjelabine (Boumerdés)
le 20 janvier 1992 à un barrage de gendarmerie, alors qu'il se
rendait à Bou Saada.
Lieu de garde à vue : centre de la SM du Hamiz
Durée de garde à vue : 40 jours
Moyens de torture : chiffon, bastonnades, flagellation avec un câble
électrique, arrachement de la peau et des ongles par des pinces
coupantes, brûlure de la barbe par des mégots de cigarettes.
Complications : séquelles de brûlures du visage, hémoptysies.
Observations : incarcéré le 10 mars 1992 à la prison
militaire de Blida. Voir témoignage
18 - Bouyoucef
Mohamed, 51 ans, chauffeur de profession, arrêté sur
la route de Boufarik le 7 septembre 1992 par des éléments
de la SM.
Lieu de garde à vue : centre de la SM de Blida
Durée de garde à vue : 12 jours
Moyens de torture : arrachage de la barbe, électricité,
coups de poings et de pieds, chiffon, utilisant de produits chimiques
décapants (esprit de sel)
Complications : dermatose bulleuse, plaies infectées du visage.
Voir témoignage
19 - Guillal Boubekeur,
agent des transmissions, demeurant à Khenchela a été
arrêté le 7 février 1992 par la police à son
domicile
Lieu de garde à vue : commissariat de Khenchela
Durée de garde à vue : 8 jours
Moyens de torture : tabassages, flagellation par câble.
Observations : incarcéré à la prison de Khenchela
où il développa suite au froid glacial des cellules, une
artérite du membre inférieur droit avec gangrène
ayant nécessité l'amputation de sa jambe à l'hôpital
de Ben Aknoun (Service de chirurgie vasculaire du CNMS)..
20 - Bouazza Abdelaziz,
né le 19 juillet 1966 à Kouba (Alger), célibataire,
pâtissier de profession, demeurant à Aïn Naadja, Alger,,
a été arrêté le 19 octobre 1993 à son
domicile par la police.
Lieu de garde à vue : commissariat d'Hussein-Dey.
Durée de garde à vue : 45 jours.
Moyens de torture : bastonnades, chiffon, suspension par les menottes,
brûlures par mégots de cigarettes.
Incarcéré à la prison de Serkadji.
Assassiné le 21 février 1995 lors du carnage de Serkadji.
21 - Harik Nourreddine,
universitaire, 29 ans, arrêté le 7 septembre 1993 à
Belcourt par la sécurité militaire.
Lieu de garde à vue : Commissariat Central et centre de Châteauneuf.
Durée de garde à vue : 30 jours.
Moyens de torture : bastonnades, chiffon, tentative de sodomisation, électricité,
gourdin, brûlure de la barbe par un briquet, utilisation d'un chien.
Complications : troubles urinaires, céphalées tenaces.
Observations : Il sera condamné à mort par le tribunal d'exception
d'Alger et sera froidement exécuté dans sa cellule lors
du massacre de Serkadji le 21 février 1995.
22 - Saadane Hassani,
lycéen âgé de 17 ans a été arrêté
le 13 novembre 1993.
Lieu de garde à vue :centre de Châteauneuf.
Durée de la garde à vue : 57 jours
Moyens de torture : technique du chiffon. Brûlures avec mégots
de cigarettes. Utilisation de décharges électriques. Bastonnades
et simulation d'exécution.
Transféré à la prison d'El Harrach le 10 janvier
1994.
23- Si Mozrag
Mohamed Yacine, commerçant, demeurant à Birkhadem a
été arrêté à son domicile le 23 juillet
1993 par des civils armés et des nindjas de la sécurité
militaire après avoir brutalisé sa sur et sa mère.
Lieu de détention : centre de Châteauneuf.
Durée de détention : 30 jours.
Moyens de torture : technique du chiffon, bastonnade, brûlures du
thorax et du visage au chalumeau, sodomisation.
Complications : brûlures du 2e degré, fracture de côtes,
troubles visuels et auditifs et dépression.
Extrait illégalement le 9 octobre 1994 de sa cellule de la prison
d'El Harrach par des civils armés. Jeté dans la malle d'un
véhicule banalisé et transféré au commissariat
central où il sera atrocement torturé durant 24 heures avant
d'être incarcéré à la prison de Serkadji. Assassiné
à la prison de Serkadji le 21 février 1995.
24 - Temmar,
professeur en cardiologie, 43 ans demeurant à Blida a été
arrêté en juillet 1993 par la sécurité militaire.
Lieu de détention : centre de Châteauneuf.
Durée de garde à vue : 23 jours.
Moyens de torture : bastonnades, électricité, technique
du chiffon, brûlures au chalumeau.
Complications : fréquentes pertes de connaissances dues au traumatisme
crânien.
25 - Maméche
Rédha, 30 ans, chirurgien à l'hôpital d'El Harrach,
arrêté en avril 1993.
Lieu de garde à vue : commissariat de Cavaignac.
Durée de garde à vue : 16 jours.
Moyens de torture : coups par câbles électriques, technique
du chiffon.
26 - Briguen Ahmed,
29 ans, médecin, arrêté le 23 mars 1993 à son
domicile à Badjarah.
Lieu de garde à vue : Commissariat Central d'Alger.
Durée de garde à vue : 22 jours.
Moyens de torture : coups de poings, technique du chiffon, suspension
par les poignets, brûlures avec des mégots.
27 - Chaloui Boualem,
arrêté en avril 1994, accusé d'avoir assassiné
le 5 décembre 1993 au marché El Afia, Mme Larissa Polnaya,
épouse Ayadi, ressortissante russe mariée à un algérien.
Lieu de garde à vue : Centre de Châteauneuf.
Durée de la garde à vue : 55 jours.
Moyens de torture : chiffon, bastonnades, sodomisation.
Après 36 mois de détention préventive, il fut acquitté
le 29 avril 1997 par le tribunal d'exception d'Alger.
28 - Aït
Bellouk Mohamed Islam. Arrêté le 4 novembre 1993 par
la sécurité militaire dans son quartier à El Anassers,
Alger.
Lieu de garde à vue : centre de Châteauneuf et commissariat
central.
Durée de garde à vue : 66 jours.
Moyens de torture : matraque électrique, technique du chiffon,
bastonnades, brûlures par mégots de cigarettes.
Complications : infection de la jambe par les brûlures électriques.
Troubles urinaires.
Observations : Sa mère fut arrêtée et torturée
pendant 10 jours à Châteauneuf avant d'être incarcérée
à la prison d'El Harrach.
Transféré à la prison d'El Harrach puis à
Serkadji.
Condamné à mort par le tribunal d'exception d'Alger.
Assassiné lors du carnage de la prison de Serkadji le 21 février
1995.
29 - Chachoua
Djelloul, arrêté le 31 mars 1993 à Belcourt (Alger)
par la s sécurité militaire.
Lieu de garde à vue : Commissariat Central d'Alger et Centre de
Châteauneuf.
Durée de garde à vue : 86 jours.
Moyens de torture : bastonnades, chiffon, tentative de sodomisation.
Complications : troubles nerveux, insomnies.
Observations : A assisté au centre de Châteauneuf à
la torture d'un enfant de 15 ans et d'un vieillard de 81 ans.
Condamné à trois ans de prison par le tribunal d'exception
d'Alger.
30 - Ramdani Rédha,
demeurant à Badjarah, arrêté le 31 août 1993
à son domicile par des policiers.
Lieu de garde à vue : commissariat de Badjarah et Commissariat
Central.
Durée de garde à vue : 21 jours
Moyens de torture : bastonnades, suspension au plafond, tentative de sodomisation,
chiffon.
Observations : Sa vieille mère fut également arrêtée
en même temps que lui. Elle fut frappée au commissariat et
insultée. Ils ont été tous deux incarcérés
à la prison d'El Harrach le 21 septembre 1993.
31 - Rahmani M'hend,
arrêté le 7 novembre 1993 à son domicile à
Kouba par des policiers cagoulés.
Lieu de garde à vue : Centre de Châteauneuf.
Durée de garde à vue : 65 jours
Moyens de torture : électricité, bastonnades, chiffon, brûlures
par cigarettes.
Observations : arrestation de ses trois frères en même temps
que lui.
32 - Boukhari
Aïssa, 37 ans, demeurant à Hydra arrêté par
la sécurité militaire le 30 mai 1993.
Lieu de garde à vue : Centre de Châteauneuf.
Durée de garde à vue : 40 jours
Moyens de torture : chiffon, falaqua, coups de poing, électricité.
Complications : fracture de la mâchoire, fractures de côtes,
perforation des deux tympans.
Observations : A rencontré le citoyen Mihoubi Nourreddine d'El
Harrach, séquestré depuis 6 mois. Il a assisté à
la mort de deux citoyens torturés, l'un militaire qui avait la
mâchoire fracturée et un autre civil, brûlé
au chalumeau.
Jeté dans la forêt d'El Achour après 40 jours de séquestration.
33 - Sari-Ahmed
Mahfoud, professeur de médecine, demeurant à Alger,
a été arrêté par la police le 2 mai 1993 sur
son lieu de travail à l'hôpital de Baïnem.
Lieu de garde à vue : Cavaignac (Alger)
Durée de garde à vue : 12 jours.
Moyens de torture : coups de poing, chiffon, arrosage du corps par eau
froide, simulation d'exécution par arme à feu,
Observations : ce médecin a assisté à la mort sous
la torture d'un jeune citoyen de Staoueli, âgé de 24 ans
après deux journées d'agonie.
Acquitté par le tribunal d'exception d'Alger après 6 mois
de détention préventive à la prison d'El Harrach.
34 - Bekkis Omar,
15 ans, lycéen, a été arrêté le 2 octobre
1993 au domicile de ses parents à Bab El Oued par des policiers
accompagnés d'un indicateur cagoulé (bouchakara)
Lieu de garde à vue : commissariat de Bab El Oued, commissariat
du 1er arrondissement, Commissariat Central.
Durée de garde à vue : 14 jours
Moyens de torture : menaces de mort, chiffon, bastonnades.
Complications : hypoglycémie, plaie du larynx.
Observations : Dans un garage de torture il a vu des suppliciés
suspendus au plafond par leurs pieds.
35 - Benredjdal
Slimane, demeurant à Réghaïa, a été
arrêté à la brigade de gendarmerie de la ville le
23 février 1993.
Lieu de garde à vue : brigade de gendarmerie de Réghaïa.
Durée de garde à vue : 16 jours
Moyens de torture : bastonnades, arrosage du corps à l'eau froide,
pincement de sa verge dans un tiroir, chiffon, brûlures au fer à
souder, menaces de viol de son épouse, ingurgitation forcée
de deux bouteilles de Crésyl, coups de baïonnettes à
la tête et à l'épaule.
Complications : troubles psychiatriques, brûlures du pied, plaies
infectées au niveau de la tête et de l'épaule (par
baïonnette)
Observations : En traitement en psychiatrie à l'infirmerie de la
prison d'El Harrach.
36 - Djarmouni
Abdelkader, demeurant à Saoula (Alger) arrêté
le 18 décembre 1993 par des gendarmes de la brigade de Saoula.
Lieu de garde à vue : brigade de gendarmerie de Saoula, puis brigade
de Baba Hassan
Durée de garde à vue : 30 jours
Moyens de torture : bastonnades, chiffon, enchaînement collectif
Observations : transféré à la prison d'El Harrach
le 18 janvier 1994.
37 - Bouhadjar
Farid, 25 ans, enseignant demeurant à Bougara (Blida) a été
arrêté le 10 juin 1993 par la police.
Lieu de garde à vue : commissariat d'Hussein-Dey.
Durée de garde à vue : 17 jours.
Moyens de torture : tabassage, bastonnades, chiffon.
Complications : Fractures de côtes, traumatisme du membre inférieur
Observations : hospitalisé durant deux jours à l'hôpital
militaire de Aïn Naadja.
38 - Chama Rabie,
40 ans, demeurant à Bougara (Blida), a été arrêté
à son domicile le 22 juillet 1993 par des gendarmes.
Lieu de garde à vue : brigade de gendarmerie de Bougara.
Durée de garde à vue : 10 jours.
Moyens de torture : bastonnades, flagellations, chiffon, brûlures
du visage par cigarettes.
Complications : Arrachage de 5 dents, séquelles de brûlure
du visage
Observations : incarcéré à la prison de Blida le
31 juillet 1993.
39 - Ouarti Mohamed,
19 ans, demeurant aux Eucalyptus (Alger), a été arrêté
le 11 avril 1993 par des gendarmes à son domicile.
Lieu de garde à vue : brigade de gendarmerie de Bab Ezzouar, Centre
de la SM du Hamiz, centre de Châteauneuf.
Durée de garde à vue : 8 mois
Moyens de torture : chiffon, électricité, brûlures
de l'anus et du dos au fer à souder. Enfermement dans un frigo
(chambre froide), suspension au plafond durant 12 jours, flagellations.
Complications : paralysie définitive de la main droite, troubles
sphinctériens.
Observations : Il fut présenté à la télévision,
" reconnaissant " avoir assassiné la malheureuse Karima
Belhadj aux Eucalyptus. Après 8 mois de séquestrations et
de tortures, il fut jeté dans la forêt et a dû regagner
son domicile situé à plus de 20 km à pied.
40 - Boukhalfa
Abderrahmane, demeurant à Saoula (Alger) a été
arrêté le 18 décembre 1993 à son domicile par
des gendarmes.
Lieu de garde à vue : brigades de gendarmerie de Saoula et Baba
Hassan.
Durée de garde à vue : 30 jours
Moyens de torture : flagellation, tabassage,
Complications : traumatismes du visage.
41 - Aït
Ahmed Rachid, handicapé moteur, demeurant à Saoula a
été arrêté par des gendarmes le 18 décembre
1993 à son domicile.
Lieu de garde à vue : brigades de gendarmerie de Saoula et de Cheraga.
Durée de garde à vue : 30 jours
Moyens de torture : bastonnades, enchaînement.
42 - Boustila
Kamal, demeurant à Réghaïa a été
arrêté le 25 septembre 1993.
Lieu de garde à vue : Commissariat central d'Alger.
Durée de garde à vue : 25 jours.
Moyens de torture : chiffon, sodomisation par manche à balai, électricité.
43 - Fekar Saïd,
60 ans, fellah demeurant à Cap Djinet (Boumerdès), arrêté
le 18 juin 1994 par des militaires à la sortie de la mosquée.
Lieu de garde à vue : brigade de gendarmerie de Bordj Ménaïel.
Durée de garde à vue : 23 jours.
Moyens de torture : chiffon, coups de poings, simulation d'exécution,
flagellation par câble électrique, suspension par les poignets
au plafond durant 12 jours.
Complications : plaies infectées des poignets, baisse de l'acuité
visuelle, hématurie, paralysie des mains
Transféré à la prison d'El Harrach.
44 - L. Mohamed,
20 ans, demeurant à Alger a été arrêté
le 25 juin 1994 sur son lieu de travail.
Lieu de détention : Commissariat Central d'Alger.
Durée de la garde à vue : 39 jours.
Moyens de tortures : suspension au plafond, technique du chiffon, bastonnade.
Hospitalisé d'urgence pour troubles cardiaques.
Libéré en raison de la détérioration de son
état de santé le 3 août 1994.
45. Senoussi Boualem,
agriculteur, éleveur de bovins, demeurant à Aïn Tedlès,
Mostaghanem, arrêté par des gendarmes, suite à sa
présentation à la brigade sur convocation en janvier 1994.
Accusé de soutien aux islamistes.
Lieu de garde à vue : brigade de gendarmerie de Tedlés
Durée de garde à vue : indéterminé.
Moyens de torture : technique du chiffon imbibé de Crésyl,
pendu par les poignets au plafond durant 36 heures, Sodomisation par une
bouteille. Attaché à une sorte de tourniquet (technique
du " poulet rôti ")
Complications : plaies des bras et des poignets.
Observations : présenté au parquet de Mostaghanem et incarcéré.
Condamné par la cour spéciale le 21 juin 1994, à
2 ans de prison avec sursis et 4000 DA d'amende. A sa libération,
il sera repris par les gendarmes de Aïn Tedlès dont le gendarme
Zouaoui. Torturé dans un centre secret durant 27 jours puis emmené
par les gendarmes ainsi que six autres détenus dans la forêt
de Messerghine. Exécution sommaire des six détenus. Lui,
blessé aux jambes fut laissé pour mort dans la forêt.
Au départ des gendarmes, il se cachera jusqu'à la tombée
de la nuit puis se traînera, malgré ses fractures de jambes.
Sera soigné par des villageois et des maquisards. S'exilera en
Europe par la suite.
46 - Allache Rabah,
instituteur, arrêté le 1er avril 1994, suite à un
ratissage à Birkhadem.
Lieu de garde à vue : Gendarmerie de Aïn Naadja.
Durée de garde à vue : quatre mois et demi.
Moyens de torture : bastonnades, brûlures par mégots de cigarettes,
chiffon.
Complications : lésions cutanées dues aux conditions de
séquestration.
47 - Bougandoura
Fayçal, employé à la Sonacome, demeurant à
Badjarah, arrêté en 1994 par des policiers cagoulés.
Lieu de garde à vue : commissariat de Badjarah, puis d'Hussein
Dey, puis des Anassers, puis du vieux Kouba puis enfin Commissariat Central.
Durée de garde à vue : 44 jours
Moyens de torture : bastonnades, chiffon.
48 - Yazid Bachir,
48 ans, demeurant à El Mouradia, kidnappé sur l'autoroute
par des civils armés le 15 janvier 1994.
Lieu de garde à vue : commissariat d'Hussein-Dey.
Durée de garde à vue : 51 jours
Moyens de torture : bastonnades, chiffon,
Observations : a assisté à la torture de plusieurs citoyens.
L'un d'eux présentait une infection des testicules avec véritable
castration post-traumatique. L'autre présentait une plaie infectée
de sa main compliquée de paralysie, suite à une blessure
par balles lors de son arrestation.
49 - Lamdjadani
Nourreddine, 44 ans, médecin, arrêté au commissariat
central d'Alger le 17 mai 1994 suite à une convocation.
Lieu de garde à vue : commissariat central d'Alger et centre de
Châteauneuf.
Durée de garde à vue : 60 jours.
Moyens de torture : chiffon, bastonnades, menaces de mort,
Complications : thrombose hémorroïdaire. Baisse de l'acuité
visuelle, hémorragie nasale, troubles pulmonaires.
Observations : a vu un citoyen dont le tibia a été découpé
à la baïonnette, un autre basculé d'une échelle,
a eu sa boite crânienne éclatée avec suintement du
liquide céphalo-méningé. A entendu le bruit de scies
électriques et de perceuses (chignole) au centre de Châteauneuf.
Vol de sa montre, de ses lunettes de vue et d'une somme de 8000 DA.
Condamné à trois années de prison par le tribunal
d'exception d'Alger.
50 - Moulay Mohamed
Saïd, 46 ans, doyen de l'institut de mathématiques de
l'Université de Bab Ezzouar, a été kidnappé
le 19 juin 1994 par des éléments de la SM sur l'autoroute
d'El Harrach, alors qu'il était avec ses deux enfants en bas-âge.
Lieu de garde à vue : Centre de Châteauneuf et Commissariat
central d'Alger.
Durée de garde à vue : 29 jours.
Moyens de torture : bastonnades, chiffon, flagellations avec un câble
électrique
Complications : traumatisme crânien, plaies de la main, dorsalgies.
Gardé en détention préventive durant 30 mois avant
d'être jugé et condamné à trois années
par le tribunal d'exception d'Alger. Libéré en juillet 1997
après avoir purgé sa peine.
51 - Djemaoune
Abdesslam, restaurateur, a été arrêté le
18 mars 1994 à Birkhadem.
Lieu de garde à vue : brigade de gendarmerie de Aïn Naadja.
Durée de garde à vue : 5 mois
Moyens de torture : électricité, bastonnades.
Incarcéré à la prison d'El Harrach
52 - Ouandjela
Abderrahmane, officier de police à El Affroun, arrêté
le 20 juillet 1994 par ses collègues à son domicile à
El Affroun.
Lieu de garde à vue : commissariat d'El Affroun puis brigade de
répression du banditisme de Blida et centre de Châteauneuf.
Durée de garde à vue : 26 jours.
Moyens de torture : flagellation par câble électrique, chiffon,
tabassage, électricité
Complications : lipothymies, traumatisme du maxillaire supérieur.
Observations : arrêté pour avoir refusé d'exécuter
des opérations de provocation contre des jeunes citoyens de sa
ville et d'avoir déposé sa démission.
Incarcéré à la prison d'El Harrach.
53 - Ykrelef-Abdesmed
Mazari, brigadier de police à El Affroun, arrêté
le 30 juillet 1994 par ses collègues du commissariat d'El Affroun
à son domicile.
Lieu de garde à vue : Brigade de répression du banditisme
de Blida, Centre de Châteauneuf.
Durée de garde à vue : 16 jours
Moyens de torture : tabassage, chiffon, électricité.
Observations : arrêté pour avoir refusé d'exécuter
des opérations de provocation contre des jeunes citoyens de sa
ville et d'avoir déposé sa démission.
Incarcéré à la prison d'El Harrach.
54 - Belhamri
Messaoud, 43 ans, technicien des travaux publics, demeurant au 37
rue Boumaza à El Harrach a été arrêté
le 18 juin 1994 par des éléments de la SM près de
son domicile.
Lieu de garde à vue : centre de Châteauneuf puis commissariat
central d'Alger.
Durée de garde à vue : 30 jours.
Moyens de torture : simulation d'exécution, menace de viol de son
épouse et de sa fille, flagellation par câble électrique,
bastonnades, suspension par les pieds au plafond. chiffon,
Observations : incarcéré à la prison d'El Harrach
le 17 juillet 1994.
55 - Ichalalène
Abderrahmane, 55 ans, a été arrêté avec
son fils âgé de 20 ans à son domicile à Zeghara
(Alger) le 19 novembre 1994.
Lieu de garde à vue : Centre d'El Madania..
Durée de garde à vue : 20 jours.
Moyens de torture : chiffon, bastonnades, suspension au plafond.
Observations : A assisté à la mort de deux citoyens sous
la torture au centre d'El Madania.
56 - Tayebi M'Hamed,
demeurant à Saoula (Alger) a été arrêté
à son domicile le 18 décembre 1994.
Lieu de garde à vue : brigades de gendarmerie de Saoula puis de
Cheraga.
Durée de garde à vue : 30 jours.
Moyens de torture : tabassage, enchaînement,
Complications : traumatisme crânien.
57 - Gharbi Brahim,
maire des Issers (Boumerdés), a été arrêté
à son domicile le 24 avril 1994 par des éléments
de la SM cagoulés.
Lieu de garde à vue : commissariat central d'Alger, centre de Châteauneuf,
centre de la SM de Blida
Durée de garde à vue : 25 jours
Moyens de torture : chiffon, bastonnades, lacération de la peau
avec une lame de rasoir, flagellation avec un câble électrique,
Complications : Infection des plaies provoquées par la lame de
rasoir.
58 - Thamert Hocine,
professeur au lycée de Dellys, kidnappé à Alger le
24 avril 1994 par des éléments de la police politique.
Lieu de garde à vue : Commissariat central, Centres de la SM de
Châteauneuf et de Blida.
Durée de garde à vue : 26 jours
Moyens de torture : tabassage, chiffon, fallaqa, brûlures du sexe
avec des mégots, flagellation, tentative de section des doigts
avec des ciseaux de tailleur.
Complications : traumatisme crânien, infection des doigts et du
cuir chevelu.
59- Kentour Brahim,
a été arrêté le 27 mai 1994 à la frontière
algéro-marocaine (Poste de Maghnia) par des éléments
de la SM.
Lieu de garde à vue : Centres de la SM de Blida et de Châteauneuf.
Durée de garde à vue : 41 jours.
Moyens de torture : bastonnades, chiffon, électricité, suspension
par le sexe.
Complications : arrêt cardiaque.
Observations : Incarcéré à la prison d'El Harrach.
Condamné à 20 ans par le tribunal d'exception d'Alger puis
acquitté après cassation. Voir témoignage
60 - Boutiche
Ahmed, a été arrêté le 18 décembre
1994 à la brigade de gendarmerie de Saoula lorsqu'il a répondu
à une convocation des gendarmes.
Lieu de garde à vue : Brigades de gendarmerie de Saoula et de Cheraga.
Durée de garde à vue : 30 jours
Moyens de torture : bastonnades, enchaînement, flagellation avec
un câble électrique, tentative de section du doigt avec une
pince coupante.
61 - Khider Omar,
professeur d'anglais, demeurant à Dellys a été arrêté
à son domicile le 3 avril 1994 à 2 heures du matin par des
militaires.
Lieu de garde à vue : base militaire de Dellys, centres de la SM
du Hamiz (Boumerdés), de Blida et de Châteauneuf.
Durée de garde à vue : 45 jours.
Moyens de torture : bastonnades, flagellation, chiffon, suspension par
le sexe, tentative de noyade dans un bassin,
Complications : traumatisme crânien, plaie de la verge.
Observations : Condamné à 15 années de réclusion
par le tribunal d'exception d'Alger en 1997.
62 - Lafri Khaled,
chirurgien, demeurant à El Harrach (Alger) a été
arrêté le 7 juin 1994 à son domicile par des policiers.
Lieu de garde à vue : Commissariat central d'Alger.
Durée de garde à vue : 40 jours.
Moyens de torture : Tabassage, flagellation, chiffon.
Complications : traumatismes des pieds.
Transféré à la prison d'El Harrach puis de Serkadji.
Condamné à 3 années de prison. Libéré
en juillet 1997 après avoir purgé sa peine.
63 - Ghamour Rédha,
22 ans, étudiant, demeurant à Badjarah, arrêté
le 12 juillet 1994 par des policiers.
Lieu de garde à vue : Commissariat de Bourouba et commissariat
central d'Alger.
Durée de garde à vue : 70 jours
Moyens de torture : bastonnades, chiffon, brûlures par mégots
de cigarettes
Complications : incontinence anale et urinaires. Troubles psychiques.
64 - Yousfi Nadir,
19 ans, lycéen, demeurant à Badjarah, arrêté
le 12 juillet 1994 à son domicile par des policiers.
Lieu de garde à vue : commissariat de Bourouba et commissariat
central d'Alger.
Durée de garde à vue : 70 jours.
Moyens de torture : électricité, bastonnades, tentative
de sodomisation par le commissaire
Complications : troubles psychiques.
65- Djebbar Redouane,
20 ans, sans profession, demeurant à Badjarah, a été
arrêté le 12 juillet 1994 par des policiers.
Lieu de garde à vue : commissariat de Bourouba.
Durée de garde à vue : 70 jours.
Moyens de torture : chiffon et bastonnades.
66 - Benslimane
Hakim, 21 ans, commerçant, demeurant à Badjarah, a été
arrêté le 12 juillet 1994 par des policiers.
Lieu de garde à vue : Commissariat de Bourouba.
Durée de garde à vue : 70 jours.
Moyens de torture : bastonnades, chiffon.
Complications : paralysie partielle de la main. Syncopes.
67 - Bouaouicha
Mustapha, arrêté le 7 juin 1994 à son domicile
par des policiers.
Lieu de garde à vue : commissariat central.
Durée de garde à vue : 54 jours.
Moyens de torture : chiffon, bastonnades, ingurgitation d'urines à
travers un entonnoir
Observations : A été arrêté par les policiers
alors qu'ils venaient arrêter son frère, absent ce jour-là.
68 - Tayane Mohamed,
47 ans, a été arrêté dans la rue par des hommes
armés à Bouzaréah le 1er septembre 1994.
Lieu de garde à vue : Centre de Châteauneuf.
Durée de garde à vue : 23 jours
Moyens de torture : chiffon, électricité, tabassage, menaces
de mort.
Observations : son fils âgé de 12 ans a été
arrêté à deux reprises et interrogé dans le
même centre.
69 - Sefar Mohamed,
25 ans, demeurant à Bourouba (Alger) a été arrêté
le 13 août 1994 aux environs de 21 heures, à sa sortie de
la mosquée par des policiers du commissariat de Bourouba.
Lieu de garde à vue : commissariat de Bourouba.
Durée de garde à vue : non déterminée
Moyens de torture : Suspension par ses pieds sur la place publique du
1er mai à Bourouba.
Complications : Gangrène du pied, laissée sans soins.
Observations : Des témoins détenus au même commissariat
affirment l'avoir entendu hurler durant plusieurs nuits suite aux douleurs
provoquées par la gangrène puis s'est tu subitement. Certains
témoins avancent l'hypothèse de sa mort suite à la
gangrène. A disparu depuis.
70. Rebaï
Mohamed, officier de police au commissariat de Bab El Oued, marié
et père d'un enfant, demeurant à la Casbah, arrêté
par ses collègues le 2 janvier 1995 et transféré
au centre de Chateauneuf.
Lieu de garde à vue ; Châteauneuf.
Durée de la garde à vue : 56 jours.
Moyens de tortures : Toute la panoplie de Châteauneuf. Par pudeur,
ce citoyen refusera de décrire, dans son rapport adressé
à la présidence de la République, les atrocités
qu'il subira.
Complications : Fracture du bras, fractures de côtes, déchirures
musculaires du thorax et du dos.
Observations : Dans son
rapport de 29 pages adressé à la présidence de
la République et à la presse, il expliquera les raisons
de son arrestation. Deux raisons essentielles : 1) Il avait découvert
un vaste réseau de trafic de véhicules dans lequel étaient
impliqués de très hauts responsables de la police. 2) Il
avait dénoncé les actes odieux pratiqués par le chef
de la BMPJ de Bourouba et son adjoint sur les jeunes citoyens arrêtés
dans le cadre de la lutte "anti-terroriste " (tortures, viols,
sodomisations, exécutions sommaires). Il révélera
l'exécution sommaire d'un citoyen, ancien maquisard de la guerre
de libération, Azizi Abdelkrim, 65 ans et de son fils Abdessamed,
18 ans, par ce même officier de Bourouba. Il révélera
également l'assassinat de son ami, Touadi Hachemi, chef de la police
des frontières du port d'Alger par le "commando noir "
dirigé par un autre commissaire.
Incarcéré durant 9 mois, puis acquitté.
71 - Aït
Chaouche Mokhtar, 44 ans, demeurant à Zeghara (Alger) a été
arrêté le 14 janvier 1995 à son domicile.
Lieu de garde à vue : Centre de Châteauneuf.
Durée de garde à vue : 8 jours.
Moyens de torture : chiffon, électricité, tabassage.
Observations : A été témoin de la mort d'un écolier
de 14 ans sur la table de torture.
72 - Salah Abdallah,
a été arrêté au centre d'Alger (rue Hassiba
Benbouali) le 24 mai 1995.
Lieu de garde à vue : Centre de Châteauneuf.
Durée de garde à vue : 30 jours.
Moyens de torture : chiffon, électricité, suspension au
plafond, bastonnades.
73 - Benmerakchi
Mohamed, 35 ans, taxieur, à Bab El Oued (Alger) a été
arrêté à son domicile le 6 avril 1995 à 2 heures
du matin par des nindjas.
Lieu de garde à vue : Centre de Châteauneuf.
Durée de garde à vue : 6 mois dont 40 jours de torture.
Moyens de torture : chiffon, électricité, bastonnades, suspension
au plafond par des menottes.
Complications : paralysie transitoire des deux mains du fait des suspensions
au plafond. Troubles psychiques.
Observations : Arrêté pour avoir paru accidentellement dans
le documentaire de la BBC diffusé par Canal + le 17 décembre
1995.
Libéré après 6 mois de séquestration au centre
de Châteauneuf.
74- Amoura Mahmoud,
ex-policier, fut arrêté le 24 avril 1995 à un barrage
militaire. Fut porté disparu depuis cette date par sa famille.
Lieu de garde à vue : Centre de Châteauneuf.
Durée de garde à vue : 106 jours.
Moyens de torture : technique du chiffon, bastonnades, électricité.
Complications : Syncopes. Insomnies.
Observations : Incarcéré à la prison d'El Harrach
le 6 août 1995 (n° d'écrou : 77 775).
75 - Mesli Rachid,
40 ans, avocat et militant des droits de l'homme, demeurant à Aïn
Taya, a été kidnappé le 31 juillet 1996 par trois
civils de la sécurité militaire à Rouiba, en présence
de son fils de 5 ans.
Lieu de détention : centre de Châteauneuf et Caserne de la
sécurité militaire de Boumerdès.
Durée de la garde à vue : 11 jours.
Moyens de torture : bastonnades, techniques du chiffon, simulation d'égorgement
et d'exécution.
Complications : état d'obnubilation durant plus de trois semaines.
Transféré le 10 août à la prison d'El Harrach.
Condamné le 16 juillet 1997 à trois ans de prison par le
tribunal d'exception de Tizi Ouzou. Libéré en juillet 1999.
voir aussi son témoignage
76 - T. Mimouna,
épouse B, mère de 5 enfants, demeurant à Oran, arrêtée
le 19 mars 1996 à 16h 15 à son domicile en même temps
que son mari et son frère par une dizaine d'agents de la sécurité
militaire. Après l'arrestation, une perquisition a été
effectuée par les mêmes personnes. Selon le témoignage
de la victime, tous ses bijoux en or lui ont été volés
(collier avec médaillon, chaîne, 2 gourmettes, 5 bagues).
Lieu de garde à vue : Caserne Magenta d'Oran.
Durée de garde à vue : 21 jours dont 13 jours de torture
Moyens de torture : Déshabillée devant son frère
et son mari, électricité sur les oreilles, la langue et
les seins. Sodomisation par goulot de bouteille, menace de viol.
Complications : Troubles nerveux.
Observations : A été licenciée abusivement de son
travail en raison de ses 21 jours d'absence (durée de la séquestration
par la SM) qu'elle n'avait pas pu justifier. Les auteurs de la séquestration
refusant de lui délivrer de papier officiel d'arrestation.
77 - Traïba
Mohamed, demeurant à Oran, arrêté le 19 mars 1996
à 16h 15 au domicile de sa sur et de son beau-frère
par une dizaine de civils armés de la sécurité militaire
d'Oran
Lieu de garde à vue : caserne Magenta d'Oran.
Durée de garde à vue : indéterminé (citoyen
porté disparu).
Moyens de torture : électricité, coups de massue sur les
coudes et les genoux devant sa sur et son beau-frère.
Observations : Ce citoyen est porté disparu depuis cette date.
78- Ghedhab Mohamed,
est un citoyen algérien résident en Suisse. Il fut kidnappé
par la sécurité militaire le 16 septembre 1996 à
sa descente d'avion à l'aéroport d'Alger (vol d'Air Algérie
AH 2049) suite à des informations fournies par un policier suisse,
Léon Jobe qui travaillait avec la police politique d'Alger.
Lieu de garde à vue : Centre de Châteauneuf
Durée de garde à vue : 20 jours
Moyens de torture : Electricité, technique du chiffon, tabassage.
Complications : syncopes. Infection des plaies.
Observations : Incarcéré à la prison d'El Harrach
(n° d'écrou :83 887) et condamné par le tribunal d'exception
d'Alger à 9 années de réclusion)
79 - Djouaidia
Mabrouk, 29 ans, demeurant à Ouallal (Souk Ahras) a été
arrêté par les gendarmes de sa localité en 1996
Lieu de garde
à vue : brigade de gendarmerie de Ouallal et centre de la SM de
Blida (Haouch Chnou)
Durée de garde à vue : 68 jours : 8 jours à la brigade
de gendarmerie et 60 jours à Blida
Moyens de torture : : technique du chiffon, coups de bâton, électricité.
Complications : fracture de la mâchoire.
Observations : Il fut transféré vers le centre de la SM
avec cinq autres détenus Azzouzi Ahmed, Azzouzi Abdelkader, Mahmoudi
Toufik, Mahmoudi Youcef, Abdelali Djillali. Ces derniers seront portés
disparus depuis leur transfert.
Libéré après 68 jours de séquestration.
80 - Arab Malek,
né le 23 août 1972, à Ouled Koriche (Alger), arrêté
en mars 1997 à son domicile par des agents de la sécurité
militaire. Ses poignets furent attachés avec du fil métallique
puis fut jeté à plat ventre sur le sol sous le regard de
ses parents. Il sera menacé de mort devant eux et l'un des agents
tira une balle en l'air pour terroriser sa famille. Sa mère sera
violemment agressée à coups de poings ainsi que sa fille
âgée de 2 ans qui recevra de nombreux coups de poings. De
nombreux ustensiles et meubles seront détruits par ces agents en
furie selon le témoignage de la famille. Il sera emmené
à moitié dévêtu. La mère terrorisée
par les coups, les insultes et grossièretés, abandonnera
avec ses enfants le domicile durant deux mois.
Lieu de garde à vue : Centre de Châteauneuf.
Durée de garde à vue : 30 jours.
Moyens de torture : Bastonnades, électricité sur lobes d'oreilles
et appareil génital. Sodomisation avec barre de fer. Technique
du chiffon et ingurgitation d'eau sale des WC.
Complications : Syncopes. Rectorragies abondantes. Troubles psychiques.
Observations : Incarcéré à la prison d'El Harrach.
N° d'écrou : 86511. Salle 3A.
81 - Aouadi Mohamed,
né le 28 octobre 1959, chauffeur de profession, a été
arrêté le 9 mai 1997 à 20 heures par des policiers
du PCO de Bouzaréah.
Lieu de garde à vue : PCO de Bouzaréah puis commissariat
central d'Alger.
Durée de garde à vue : 40 jours + 25 jours.
Moyens de torture : menaces de mort par arme à feu, chiffon, chalumeau,
épreuve de l'échelle, tabassage.
Complications : difficultés respiratoires, dorsalgies.
82- Zenina Abdelhamid,
demeurant à Bab El oued. Arrêté en mai 1997 par des
policiers de Bouzaréah.
Lieu de garde à vue : PCO de Bouzaréah.
Moyens de torture : épreuve de l'échelle, chiffon, chalumeau,
coups par barre de fer.
Complications : dème généralisé. Fractures
de côtes.
83 - Benail Enalia,
demeurant à Alger, marié et père de deux enfants,
handicapé avec incapacité totale de 100%, arrêté
à son domicile (Bidonville) par des policiers le 8 mars 1997.
Lieu de garde à vue : Commissariat de la cité El Hayat (Gué
de Constantine).
Durée de garde à vue : 11 jours.
Moyens de torture : Bastonnades à son domicile. Technique du chiffon.
Resté sans nourriture durant 7 jours.
Observations : Son épouse fut déshabillée frappée,
insultée et menacée d'agression sexuelle devant lui par
un policier prénommé Azzeddine.
84 - Benail Saïd,
marié et père de deux enfants, demeurant à Alger,
arrêté en même temps que son frère Enalia le
8 mars 1997 par des policiers.
Lieu de garde à vue : Commissariat de la cité El Hayat (Gué
de Constantine)
Durée de garde à vue : 14 jours.
Moyens de torture : Tabassages, technique du chiffon. Resté sans
nourriture durant 7 jours.
Observations : placé sous mandat de dépôt le 22 mars
1997 à la prison d'El Harrach (n° d'écrou : 86 336).
Jugé et acquitté par le tribunal d'exception d'Alger le
19 février 1998.
85 - Barar Kamal,
demeurant à Alger, arrêté le 16 septembre 1997 à
son domicile par des policiers. Transféré dans un véhicule
banalisé de type R19 au commissariat d'Hussein-Dey puis immédiatement
après au commissariat des Anassers.
Lieu de garde à vue : Commissariat des Anassers.
Durée de garde à vue : 5 jours
Moyens de torture : Technique du chiffon, coups de pieds au visage, à
l'abdomen et aux organes génitaux.
Complications : Plaies du cuir chevelu, plaie lombaire, contusions thoraco-abdominales.
Observations : Examiné par un médecin légiste qui
lui accorda une incapacité temporaire de 13 jours. Présenté
au tribunal d'Hussein-Dey où il bénéficia d'une relaxe.
86 - Takarli Mohamed
Amine, demeurant à Alger, soigné pour troubles nerveux,
a été arrêté à son domicile par des
militaires le 6 décembre 1997.
Lieu de garde à vue : secret, non identifié par la victime.
Durée de garde à vue : 22 jours.
Moyens de torture : Electricité, technique du chiffon, fouetté
avec un tuyau en caoutchouc, sévices sexuels.
Complications : Crises nerveuses avec syncopes.
Observations : Présenté au parquet le 28 décembre
1997 et incarcéré à la prison d'El Harrach (n°
d'écrou : 90 808).
87- Arab Malek,
demeurant à Alger, marié, a été arrêté
en mars 1997 à son domicile par des nindjas et des civils armés.
Il fut agressé physiquement devant sa mère, son épouse
et ses enfants à son domicile. Sa mère fut violemment frappée
par l'un des hommes armés. La victime fut déshabillée
devant sa famille et des coups de feu furent tirés pour les intimider.
Avant leur départ, les hommes armés cassèrent les
meubles et la vaisselle qui étaient à leur portée
et menacèrent la vieille mère d'incendier la maison.
Lieu de garde à vue : Centre de Châteauneuf.
Durée de garde à vue : 30 jours.
Moyens de torture : Electricité, technique du chiffon, sodomisation
par barre métallique, simulations d'exécution.
Complications : Syncopes, troubles psychiques et rectorragies abondantes
ayant entraîné son évacuation et son admission à
l'hôpital Mustapha.
Observations : Même après son arrestation, sa famille fut
régulièrement harcelée par la police, ce qui l'emmena
à quitter le domicile familial et à se réfugier chez
des parents.
Incarcéré à la prison d'El Harrach (n° d'écrou
: 86 511)
88 - Zemzoum Nawal,
mariée et mère d'une fillette, demeurant à Alger,
a été arrêtée à son domicile par des
civils armés le 15 octobre 1997 et fut transférée
à bord d'un véhicule banalisé de type Daewoo vers
un centre de détention non identifié.
Lieu de garde à vue : non identifié
Durée de garde à vue : 25 jours
Moyens de torture : technique du chiffon, brûlures des mains avec
des mégots de cigarettes, menaces de mort, menaces de viol.
Observations : libérée le 10 novembre 1997.
89. Branine Abdellatif,
né le 19 novembre 1947, commerçant. Arrêté
le 6 janvier 1997 à minuit à son domicile.
Lieu de garde à vue : Commissariat de Aïn Taya.
Durée de garde à vue : 60 jours dont 30 jours de Ramadhan.
Moyens de torture : technique du chiffon, électricité, attaché
aux arbres durant 3 jours sous le froid et la pluie, utilisation du fer
à repasser sur son thorax.
Complications : surdité, traumatisme oculaire, douleurs articulaires.
Séquelles de brûlures thoraciques.
Observations : Il a été filmé alors qu'il était
suspendu et que des fils électriques avaient placés sur
ses orteils. La torture aura duré 22 jours.
Le magistrat instructeur refusera l'expertise médicale.
90 - Khellili
Hakim, demeurant à El Harrach, fils de Me Khelili Mahmoud,
militant des droits de l'homme. Arrêté le 4 février
1998 à son domicile ainsi que son frère Farid par une vingtaine
de militaires et de policiers.
Lieu de garde à vue :Commissariat des Cinq-maisons (El Harrach)
Durée de garde à vue : 4 jours
Moyens de torture : bastonnades.
Complications : rechute de ses troubles mentaux.
Observations : sujet en traitement depuis plusieurs années pour
troubles mentaux.
91. Boukhalf Mohamed,
demeurant à Alger, a été arrêté le 18
août 1998 à son domicile ainsi que son épouse, sa
fille, Khansa, âgée de 33 jours et son neveu Habchi Mouloud
âgé de 10 ans par des gendarmes. Conduits à la brigade
de Bab Djid (La Casbah). L'épouse, le bébé et l'enfant
seront séquestrés durant 11 jours avant d'être libérés.
Lieu de garde à vue : brigade de gendarmerie de Bab Djid (La Casbah).
Durée de garde à vue : 24 jours
Moyens de torture : technique de la baignoire, sodomisation, introduction
de la verge d'un tortionnaire dans la bouche de la victime pour ensuite
uriner dedans. Arrachage de 7 dents avec une tenaille, menace de viol
de son épouse, écrasement des pieds.
Complications : Traumatisme des pieds. Infection de la bouche.
Observations : les tortionnaires l'ont obligé à réciter
de faux aveux devant une caméra qui le filmait. Forcé par
ses tortionnaires à réciter le même scénario
devant le magistrat sous peine de reprise des tortures. Présenté
au juge le 13 septembre 1998 puis reconduit à la gendarmerie. Réfection
d'un nouveau PV.
Incarcéré à la prison d'El Harrach. Son frère
et sa sur âgée de 16 ans auraient été
tués.
92. Harim Mohamed,
né le 23 septembre 1973 à Hussein-Dey, marié et père
d'un enfant, habitant à El Harrach, arrêté le 16 octobre
1998 à la sortie de la mosquée par des policiers en civil.
Lieu de garde à vue : commissariat d'El Harrach (1 jour), centre
des 3 caves (El Harrach) de la SM (2 jours), puis commissariat central.
Durée de garde à vue : non précisée
Moyens de torture : bastonnades sur les testicules, chiffon, menace de
sodomisation, tentative de pénétration de la verge du tortionnaire
dans la bouche du supplicié.
Complications : hématurie ayant nécessité son transfert
à l 'hôpital.
Observations : Incarcéré à la prison d'El Harrach.
Une plainte a été déposée par la défense
du supplicié contre les tortionnaires du commissariat central dont
un certain officier Djamil Fassouli dit Jo, auteur de pratiques indécentes
envers le supplicié, en présence de son épouse, fonctionnaire
de police.
93. Amara Salim,
né le 18 décembre 1972, célibataire, éleveur,
demeurant à Bordj El Kiffan (Alger), arrêté à
son domicile le 27 septembre 1998 à 1h 30 du matin par des policiers
dont un certain " Rocky ", venus à bord de Nissan de
la police. Ils étaient accompagnés d'un indicateur dont
le visage était caché par un pull.
Lieu de garde à vue : commissariat de Aïn Taya.
Durée de garde à vue : 09 jours
Moyens de torture : bastonnades, coups de pieds et de poings, technique
du chiffon durant une semaine. Menaces de mort s'il revenait sur ses "aveux
" devant le juge d'instruction.
Complications : Epistaxis, douleurs thoraciques, pertes de connaissance
au cours des séances de tortures.
Observations : Ses tortionnaires l'ont obliger à reconnaître
des faits imaginaires selon un scénario qu'ils avaient établi
puis a été filmé par un cameraman, racontant ses
"aveux ".
Incarcéré à la prison d'El Harrach le 5 octobre 1998.
94. Kerchouche
Mourad, kidnappé le 9 mars 1998 par quatre civils armés
à la rue Bouamama, à Belfort (El Harrach) par des éléments
de la SM de Dély Ibrahim. Jeté dans la malle d'une Peugeot
306 banalisée
Lieu de garde à vue : lieu secret.
Durée de garde à vue : 4 jours
Moyens de torture : chiffon, matraquage, menace d'utilisation de la chignole.
Complications : fractures de côtes, bronchite asthmatiforme.
95. Fodail Nassima,
demeurant à Alger a été arrêtée en octobre
1999 par des policiers qui recherchaient son mari.
Lieu de garde à vue : non précisé
Durée de garde à vue : 10 jours
Moyens de torture : brûlures par mégots de cigarettes, bastonnades,
technique du chiffon.
Observations : Libérée après 10 jours de séquestration
et de tortures. A déposé plainte contre ses tortionnaires,
restée sans réponse.
96. Medjnoun Malik,
demeurant à Tizi-Ouzou, arrêté le 28 septembre 1999
près de son domicile à Tizi-Ouzou par des hommes armés
de la SM.
Lieu de garde à vue : Centre de Châteauneuf (Alger).
Durée de garde à vue : 7 mois
Moyens de torture : Bastonnades, chiffon, flagellation.
Complications : Syncopes. Hospitalisé durant 28 jours à
l'hôpital militaire de Blida.
Observations : Incarcéré le 2 mai 2000 à la prison
de Tizi-Ouzou.
97. Chenoui Abdelhakim,
demeurant à Tizi-Ouzou, maquisard repenti dans le cadre de la "concorde
civile ", arrêté le lendemain de sa reddition, soit
le 19 septembre 1999 à son domicile par la police.
Lieu de garde à vue : Chateauneuf.
Durée de garde à vue : 6 mois
Moyens de torture : électricité, chiffon, bastonnades, suspension
par les coudes, sodomisation par manche à balai. Injection de produits
chimiques.
Complications : perte de poids : de 86 kg à 58 kg, pertes de connaissance.
Observations : Il aurait été filmé "avouant
" avoir assassiné le chanteur Matoub Lounès.
Incarcéré à la prison de Tizi-Ouzou.
98. Redouane Dahmani,
lycéen âgé de 15 ans, a été arrêté
le 20 juin 2000 à Dellys (Boumerdès). Séquestré
au poste de police de Dellys. Introduit dans une salle où se trouvait
un malheureux citoyen en pleine séance de torture
Lieu de garde à vue : commissariat de police de Dellys
Durée de garde à vue : 8 jours
Moyens de torture : introduit dans une cellule, après l'avoir déshabillé,
bastonnades, électricité, aux orteils et sur les parties
génitales, technique du chiffon, projection de cendres incandescentes
de cigarettes dans les yeux, flagellation par câble électrique,
brûlures par mégots sur le visage.
Complications : hématémèse, syncopes.
Observations : Présenté devant le juge d'instruction le
28 juin 2000, en présence de ses tortionnaires. N'a pas osé
parler des tortures subies.
99. Saâdoun
Mokrane, 30 ans, étudiant à l'école d'ingénieurs,
militant des droits de l'homme, arrêté le 7 juin 2000 à
Tizi-Ouzou par des agents de la sécurité militaire. Séquestré
dans une caserne militaire à Tizi-Ouzou. Torturé durant
6 jours.
Lieu de garde à vue : Caserne de Tizi-Ouzou.
Durée de garde à vue : 6 jours
Moyens de torture : Technique du chiffon, électricité
Observations : Incarcéré à la prison de Tizi-Ouzou.
La sécurité militaire le soupçonnait d'activer sur
le plan des droits de l'homme, en récoltant des informations sur
les violations des droits de l'homme en Kabylie.
100 - Zaoui Saïd,
70 ans, demeurant à Dellys, ancien adhérant du FIS, arrêté
le 7 février 2001, ainsi qu'une vingtaine d'autres citoyens, suite
à une rafle opérée en représailles à
l'explosion d'une bombe au passage d'une patrouille des services de sécurité
Lieu de garde à vue : non déterminé, la victime avait
les yeux bandés.
Durée de garde à vue : indéterminée.
Moyens de torture : technique du chiffon, bastonnades, électricité.Voir
appel
Conclusion
La torture, moyen
de gestion politique de toute opposition citoyenne par un pouvoir venu
par la force des armes depuis l'indépendance, a été
généralisée et institutionnalisée depuis le
coup d'Etat de janvier 1992.
Comme nous venons de le voir à travers des exemples précis,
toutes les méthodes, des plus archaïques aux plus sophistiquées
seront utilisées par les tortionnaires afin de punir et de terroriser
les citoyens.
Il est important de signaler que l'atteinte à l'honneur par la
pratique de sévices sexuels occupe une place importante chez nos
tortionnaires psychopathes.
Cette pratique de la "question " sera grandement encouragée
par l'IMPUNITE dont jouissent ses auteurs. La nature du régime
politique, la dépendance totale d'un appareil judiciaire aux ordres
des "services ", la complaisance, pour ne pas dire la complicité
de beaucoup de médecins légistes dans la couverture de ces
actes ignobles, font que cette pratique a encore de beaux jours malheureusement
en Algérie.
Seule une mobilisation de tous, société, militants des droits
de l'homme et victimes de ces actes dégradants et inhumains, contre
l'impunité de ses auteurs et commanditaires, pourra faire reculer
cette bête immonde.
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