Attentats terroristes

Les gardes communaux et les GLD cibles privilégiées

Par Aït-Chaâlal Mouloud, Le Jeune Indépendant, 11 octobre 2001

Les gardes communaux et les groupes de légitime défense (GLD) sont devenus de plus en plus les cibles privilégiées des groupes terroristes. Depuis septembre dernier, 21 GLD et gardes communaux ont trouvé la mort dans des attentats terroristes, que ce soit à l’est ou à l’ouest du pays, alors que durant les trois derniers jours, six GLD et gardes communaux avaient été assassinés à Relizane et Bouira. Les GLD et gardes communaux occupent, depuis bientôt huit ans, les avant-postes de la lutte antiterroriste dans les régions isolées et difficiles d’accès. Depuis 1994, plus de 500 000 citoyens ont été armés viennent s’ajouter auxquels plus de 80 000 gardes communaux. Ce corps auxiliaire des forces régulières représente un appui souvent déterminant dans la traque des terroristes, car connaissant parfaitement le terrain et les zones de repli des terroristes et servant de sources d’informations précieuses dans la lutte antiterroriste. Ce qui explique, selon toute vraisemblance, l’acharnement des groupes armés ces derniers jours, sur ce corps, compte tenu du fait qu’il constitue la première ligne de défense face aux attaques terroristes notamment dans les hameaux isolés et gênant la progression des groupes armés. Plusieurs incursions terroristes ont été d’ailleurs repoussées grâce à la vigilance des GLD et gardes communaux dont le corps déplore plus de 1 700 morts depuis 1998 lors d’accrochages ou attentats ciblés.

Le recours des forces de sécurité à la mise sur pied de ce corps faisait partie d’une stratégie visant à reserrer davantage l’étau sur des groupes armés. Toutefois, sa participation aux côtés des forces de sécurité n’a pas été souvent «régulière» étant donné qu’il traîne de nombreuses accusations de dépassements, d’enlèvements et d’exécutions extra-judiciaires commises par des groupes agissant à leur gré. Les citoyens gardent en mémoire la fameuse affaire de Relizane qui a défrayé la chronique au moment où plusieurs GLD et gardes ont été radiés ou livrés à la justice. En 1998, plus de 120 affaires concernant des gardes communaux et des GLD avaient été instruites par la justice.

Mais en dépit de ses errements, l’Etat continue à s’appuyer sur les GLD pour assurer la sécurité des citoyens dans les hameaux isolés. Dernièrement, plusieurs citoyens ont été armés à Chlef, Aïn Defla, Tizi Ouzou et Batna face à la recrudescence des attentats terroristes. Cette solution s’imposait à l’Etat, compte tenu du fait que les forces de sécurité se retrouvent dans la plupart des cas incapables d’opérer un déploiement permettant d’assurer la protection nocturne des citoyens des régions isolées et où les groups armés sévissaient avec une impunité déconcertante. A.-C. M.

 

 

   
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