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Libération anticipée de Ali Benhadj et Abassi Madani Timides réactions officielles Le Matin, 16 novembre 2002 Le «
cas » Abassi Madani et Ali Benhadj, les deux dirigeants du Front
islamique du salut (FIS dissous), revient régulièrement
pour occuper le devant de la scène politique. Cette année,
l'information quant à leur libération prochaine, «
avant la fin du mois de Ramadhan », a marqué l'actualité.
« Avant la réunion de la Commission des droits de l'Homme
à Genève », avancent des militants des droits de l'Homme
en Algérie qui croient savoir que « l'institution militaire
algérienne et la Présidence de la République auraient
convenu de libérer les deux responsables du parti dissous au début
de l'an prochain pour ne plus se voir reprocher la détention en
Algérie de « prisonniers politiques ». Pour un responsable
d'un parti démocratique, « maintenant que le cap est mis
ouvertement sur la concorde nationale et la réconciliation sans
exclusive, tout est possible avec Bouteflika, plus que jamais décidé
à briguer un second mandat, quitte à enfourcher le cheval
islamiste ». Qu'en est-il au juste ? Du côté du gouvernement,
« no comment ». « Le gouvernement n'a aucun commentaire
à faire sur ce qu'a écrit El Djil quant à la libération
de Ali Benhadj ou l'existence de contacts entre le Pouvoir et le GSPC
», nous a déclaré récemment Khalida Toumi,
la ministre de la Communication et de la Culture et porte-parole du gouvernement.
Larbi Belkheir, le directeur de cabinet de la Présidence de la
République, rencontré en marge de l'ouverture de l'année
judiciaire à la Cour suprême, n'a pas évoqué
ou laissé entendre une quelconque éventualité d'une
libération avant terme de Ali Benhadj ou de contacts avec les groupes
armés islamistes. « Il finira bien par sortir de prison le
jour où il aura purgé sa peine et il doit s'engager à
respecter les lois de la République », nous dit-il. Certains
hauts responsables chargés du dossier sécuritaire se font
plus prolixes que la porte-parole du gouvernement. « La libération
de Ali Benhadj avant la mi-juillet 2003, date prévue pour sa libération
de prison, est un non-sens politique. Ce n'est que de la pure spéculation,
tout comme les prétendus contacts avec Hassan Hattab ou quiconque
des chefs terroristes du GSPC prêtés à l'institution
militaire », disent-ils. Pour eux, « les seuls éléments
nouveaux en rapport avec Benhadj se limitent à la lettre écrite
au chef de l'Etat par le frère de Ali Benhadj et la lettre des
oulémas au Président de la République pour lui demander
la libération des deux dirigeants du parti dissous, Abassi Madani
et Ali Benhadj au nom de la réconciliation nationale et des raisons
de santé ». Une demande que certains responsables qualifient
de « décalée ». « Abassi a été
libéré, rappellent-ils, le 15 juillet 1997. A la suite d'une
interview et de l'envoi d'une lettre au secrétaire général
des Nations unies après les massacres de Raïs et Bentalha
durant l'été 1997 où il lui demandait d'intervenir.
Deux actes qui lui ont valu une assignation à résidence
le 1er septembre 1997. » « Je crois que le colloque a répondu
à ceux qui uvrent ouvertement ou non pour donner un second souffle
à la concorde qui a expiré un certain 13 janvier 2000 »,
fait remarquer un ancien haut responsable militaire. Pour lui, «
même si le Président de la République, qui dispose
du droit de grâce, affiche maintenant, pour une raison humaniste
ou électoraliste, une disponibilité à libérer
les deux dirigeants que les Algériens considèrent comme
les premiers responsables de la crise, rien ne dit que Benhadj acceptera
de sortir avant terme. Il en est de même pour les éléments
du GSPC dont tout le monde sait maintenant qu'ils sont les représentants
de Ben Laden en Algérie. Pour l'heure, ajoute-t-il, ils n'ont émis
aucun signe pour une éventuelle repentance ». En attendant,
le pressing pour la libération des deux responsables du parti dissous
continue pour faire franchir à Bouteflika « une des lignes
rouges » dont il a souvent fait état. Cette revendication
est relayée depuis peu par des savants islamistes qui ont mis à
profit l'occasion de la commémoration du 1er Novembre pour écrire
à Abdelaziz Bouteflika. Ils lui demandent de libérer Abassi
et Benhadj tout en lui en exprimant leur appui pour sa démarche
réconciliatrice sans exclusive. |
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www.algeria-watch.org
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