L’UE entamera prochainement des négociations avec les autorités algériennes

Par Hamidou B., Le Jeune Indépendant, 17 octobre 2002

Des négociations seront entamées prochainement entre l’Union européenne et les autorités algériennes pour le retour des demandeurs d’asile dans leur pays. C’est le commissaire européen chargé de la justice et des affaires intérieures, Antonio Vitorio, qui l’a annoncé mardi dernier à partir du Luxembourg.

Ce responsable a précisé qu’après l’adoption par la Commission européenne de mandats de négociations pour les accords de réadmission (retour des ressortissants dans leur pays d’origine) avec quatre nouveaux pays dont l’Algérie, des négociations seront lancées incessamment avec les pays concernés. Il faut préciser que cette déclaration a été faite à l’issue de la réunion des ministres de la Justice et de l’Intérieur de l’UE au Luxembourg.

Dans ce contexte, il y a lieu de noter, selon des sources proches de cette réunion, que les ministres de l’UE sont très «proches d’une définition commune» pour le statut de réfugié, prenant en compte un champ assez large de persécutions.

Pour rappel, l’Union européenne a récemment signé l’accord d’association avec l’Algérie.

Au registre des demandeurs d’asile, il faut rappeler que l’Algérie occupe une «place de choix» dans les statistiques du Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR). Depuis l’interruption du processus électoral en 1992, des milliers d’Algériens ont opté pour l’asile dans plusieurs pays européens. Un nombre considérable d’Algériens a usé, dans ce contexte, de tous les stratagèmes pour bénéficier du statut de réfugié. L’Allemagne, la France, la Grande-Bretagne, l’Espagne, la Suisse, la Suède et le Canada sont les destinations les plus prisées par les Algériens. En l’an 2000, le HCR a avancé le chiffre de plus de 7 974 Algériens ayant sollicité les ambassades des pays étrangers pour demander le statut de réfugié. En dépit d’une amélioration relative de la situation sécuritaire, près de 2 000 Algériens ont demandé l’asile en Belgique. En France, cette année, plus de 27 000 demandeurs d’asile ont été enregistrés, selon le rapport de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA). Cet office a précisé que les demandeurs d’asile algériens ont augmenté de 60%. Il y a quelques années, ils justifiaient leur requête par la situation sécuritaire, la «nouvelle génération» l’explique par le ras-le-bol des conditions de vie en Algérie, entre autres la misère, le chômage, la dégradation du pouvoir d’achat, la hogra, le régionalisme, le favoritisme et le manque de perspectives. H. B.

 
Version imprimable
 
www.algeria-watch.org