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L'affaire Nacer Hamani Communiqué de Maître Khelili Avocat de Monsieur Hamani Nacer, expulsé de territoire français, kidnappé et sequestré par les services de police judiciaire du commissariat central d'Alger, Alger, 22 octobre 2001 L'avocat de Monsieur Hamani, victime de kidnapping et de séquestration depuis le 16.10.2001, dénonce et condamne avec une extrême énergie l'arbitraire caractérisé, commis par les services de police judiciaire d'Alger qui séquestrent son mandant sous le fallacieux prétexte de garde-à-vue, en raison d'une prétendue enquête sur un pseudo-terrorisme international reproché à monsieur Hamani, alors que celui-ci, condamné dans une affaire liée au terrorisme par une juridiction française compétente, vient de purger la peine qui lui a été infligée par la dite juridiction et doit, en principe, bénéficier de l'autorité de la chose jugée qui ne permet pas aux juridictions algériennes de le rejuger une deuxième fois pour les mêmes faits qui lui ont été reprochés en pays étranger. D'autant plus que ce pays n'est rien d'autre que la France avec laquelle l'Algérie est liée par un protocole judiciaire bilatéral. Maître Khelili déposera plainte contre l'officier de police judiciaire qui a cru pouvoir ordonner abusivement la garde à vue prolongée de son mandant, même si cette garde-à-vue est prétendumment controlée ou couverte par le ministère public, et a tout l'air d'une détention abusive, ou plus précisément une séquestration arbitraire et physique pratiquée sans aucune base légale, qui ne saurait d'aucune manière être légitimée ou couverte par le contrôle du parquet général d'Alger dont le rôle est essentiellement politique. La garde à vue et sa prolongation relèvent essentiellement de l'autorité du procureur de la république qui semble s'être effacé dans cette grave affaire couverte de la plus épaisse opacité, faisant craindre à l'avocat de la victime, sa famille et ses amis, le pire quant à sa vie, en rappelant, en tout état de cause, que l'article 51 modifié du code de procédure pénale oblige l'officier de police judiciaire à mettre tous les moyens à la disposition de la personne gardée à vue pour qu'elle puisse communiquer avec sa famille et recevoir des visites, essentiellement de son avocat, et ce, pendant la période de la garde à vue légale, après cette période, cela regarde la justice, uniquement la justice. Il est à rappeler que Monsieur hamani Nacer a disparu depuis sa descente d'avion le 16 octobre 2001 à l'aéroport d'Alger. Une première plainte a été transmise à Monsieur le Procuruer général dès le 18 de ce mois, sans recevoir la moindre réponse comme l'exige la loi pénale. Alger
le 22 octobre 2001 ------------------------------ Affaire Nacer Hamani Me Khellili dépose plainte pour «kidnapping et séquestration» Souhila Abada, Le Quotidien d'Oran, 23 octobre 2001 Lavocat de Nacer Hamani, un Algérien de 36 ans expulsé du territoire français le 16 octobre dernier, a annoncé hier lintention de la défense de mener une action contre le ministre de la Justice. Me Khellili a décidé de saisir aujourdhui le Conseil dEtat et de déposer une plainte contre ceux qui ont « kidnappé et séquestré » son client. Contacté hier, Me Khellili, qui venait de prendre part à une conférence de presse animée à Paris par des organisations de défense des droits de lhomme, la famille Hamani ainsi que lavocate française de la « victime », nous a affirmé quune plainte contre lEtat français a été déposée auprès de la Cour européenne de justice. Les deux avocats, se trouvant de part et dautre de la Méditerranée, se concertent actuellement pour coordonner leurs actions. Selon Me Khellili, laffaire Hamani se résume en « un kidnapping suivi dune séquestration » que couvre le parquet général. « Seul un juge dinstruction est autorisé à qualifier les faits. Dans le cas qui nous intéresse, cest le procureur de la République ou encore les services de police qui se sont permis de le faire. Le Procureur général est à la fois juge et partie », a tenu à dénoncer Me Khellili. Faisant une rétrospective de cette affaire, lavocat déclare quil sétait rapproché par deux fois des « auteurs de cette bavure judiciaire » pour senquérir des nouvelles de son client. « On mavait annoncé, une première fois, que Nacer Hamani a été relâché à 10h 35mn. Quelques heures plus tard, ils sont revenus sur leur précédente affirmation et mont déclaré quil a été présenté au parquet et quil était placé sous mandat de dépôt. Ils ont refusé de me communiquer le nom du procureur chargé du dossier et le lieu de détention de mon client », nous a-t-il dit. Me Khellili affirme avoir rencontré le premier adjoint du procureur, qui lui aurait confirmé la mise en garde à vue de Nacer Hamani tout en refusant de lui indiquer le lieu de détention et de lui accorder le droit de visite. « Jai évoqué la loi annoncée à grandes pompes par Ouyahia et notamment son article 51, mais cela na rien donné ». Notre interlocuteur semble convaincu que si « le procureur général est intervenu de cette manière, cest quil sagit dun fait politique et non judiciaire ». Le procureur relève du ministre de la Justice qui fait partie dun gouvernement. LEtat algérien couvre des procédures contraires à la morale. « Que la police dun pays commette des bavures, on peut le comprendre, mais que la justice lui sert de couverture, cest inadmissible. Larbitraire a pris lallure dune procédure normale », a-t-il dénoncé. Pour rappel, Nacer Hamani avait été expulsé de France le 16 octobre dernier après avoir purgé une peine de 8 ans de prison. Peine infligée en 1998 par le tribunal correctionnel de Paris et confirmée en appel pour « association de malfaiteurs et relation avec groupe terroriste ». Il avait été interpellé dans la région de Lyon après la découverte dun engin explosif sur la voie ferrée du TGV Lyon-Paris. A son arrivée à Alger, Nacer Hamani a été immédiatement « pris en charge » par les services de sécurité. Le parquet général dAlger a confirmé sa garde à vue la justifiant par « la nécessité dune enquête préliminaire au niveau de la police judiciaire sous contrôle du ministère public, conformément au code de procédure pénale ». Quant à la durée de cette garde à vue, le parquet avait précisé quelle pouvait durer jusquà onze jours en vertu des textes sur létat durgence, en vigueur depuis février 1992.
--------------------- Nacer Hamani perdu de vue en Algérie La famille du condamné est sans nouvelles de lui depuis son expulsion. Charlotte Rotman, Libération, 18 octobre 2001 Nacer
Hamani est arrivé en Algérie. Mais on ne sait pas où.
Depuis son expulsion (lire Libération d'hier), sa famille demeure
sans nouvelles. Elle est rongée par l'inquiétude. Dès
mardi soir, pourtant, elle avait pris des contacts en Algérie pour
tenter de garder sa trace. En vain. Selon la Direction générale de la police nationale française, Hamani est arrivé en Algérie par avion, mardi à 17 heures, et a été remis aux autorités algériennes. Hier soir, à la demande des Hamani, Mahmoud Khelili, membre du conseil de l'ordre des avocats d'Alger et président de la commission des droits de l'homme et des droits de la défense, s'est rendu immédiatement à l'aéroport de Dar el- Beida. «J'ai demandé à entrer en contact avec Hamani, j'ai dit que j'étais son avocat. Deux policiers m'ont répondu qu'il n'y avait pas d'Hamani ici.». Me Khelili est donc reparti. «Dans la soirée, j'ai reçu un appel anonyme : on m'a dit qu'il avait été réceptionné par des militaires au pied de l'avion», racontait hier l'avocat, joint par téléphone. «Dans ce genre de situation, on n'a des nouvelles que très tardivement. Et d'ici là, il peut y avoir des tortures...» A Lyon, sa famille a «la trouille au ventre». Samia, l'une de ses surs, explose : «Le Conseil d'Etat a promis qu'il rentrerait en Algérie en homme libre. Aujourd'hui, c'est un disparu.». -------------------------- Un leurre pour expulser Hamani Il a finalement été renvoyé à Alger en avion et non pas en bateau. Michel Henry, Libération, 17 octobre 2001 Un bateau avec un
joli nom. Liberté. Sur le quai, derrière des grilles, une
femme en pleurs fait au revoir de la main. Elle croit que son mari est
à bord, expulsé de France. Elle se trompe. C'est un leurre.
Alors que le Liberté quitte Marseille hier, à 17 h 30, Nacer
Hamani est déjà à Alger. On l'a expulsé par
avion. Sa famille a perdu sa trace à la sortie du centre de rétention
d'Arenc, vers 13 h 15. Les trois surs, le frère et le père,
ainsi qu'une poignée d'amis, se sont donc retrouvés au port,
pensant que Nacer serait embarqué à bord du Liberté.
Tout semblait le confirmer: les CRS refoulant les quelques manifestants
de la zone internationale, l'hélicoptère tournoyant dans
le ciel, les canots patrouillant en mer. ------------------------- Feu vert du Conseil d'Etat à l'expulsion d'Hamani Pour la haute juridiction, l'ex-islamiste peut retourner sans risque en Algérie. La Cimade s'indigne. Charlotte Rotman, Libération, 16 octobre 2001 Est-il dangereux
de renvoyer dans son pays un Algérien condamné en France
pour son appartenance à un réseau islamiste lié à
une entreprise terroriste? Apparemment pas. Le Conseil d'Etat a décidé
hier que Nacer Hamani pouvait être expulsé vers l'Algérie.
Sa famille craint pour sa vie. Son retour est déjà annoncé
dans les journaux algériens. Il pourrait embarquer aujourd'hui
pour Alger, à 15 h 30, à bord du ferry Liberté. ------------------------------ Le cas Hamani devant le Conseil d'Etat La justice statue sur le sort de cet ex-islamiste ce matin Brigitte Vital-Durand, Libération, 15 octobre 2001 Hamani, qui a revendiqué
dans le passé son appartenance au GIA, peut-il être expulsé
vers l'Algérie sans risque d'y subir des traitements contraires
aux droits de l'homme? e Conseil d'Etat a ouvert ses portes hier après-midi.
Un dimanche, et dans l'urgence. C'est une grande première pour
ce haut lieu du droit, sis place du Palais-Royal à Paris. Mais
ce ne sera sûrement pas la dernière fois que les «sages»
seront appelés à se réunir à des jours et
des heures auxquels leurs fonctions ne les ont pas habitués.
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www.algeria-watch.org
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