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CRI D'ALARME ET DE DETRESSE DES GREVISTES
Hijra International Organization A son Excellence, Concerne : demandeurs d'asile algériens en Australie en grève de faim. Monsieur l'Ambassadeur, Excellence, vous n'êtes pas sans ignorer qu'au fil du temps, depuis 1992, les massacres se multiplient en Algérie. Selon les dernières estimations du gouvernement algérien lui-même, quelques 100'000 Algériens ont trouvé la mort en six ans. Les violences continuent encore et toujours. Malgré ces circonstances, la plupart des Etats occidentaux opposent une indifférence croissante aux besoins de protection des Algériens. Plus les violences se multiplient, plus les demandes d'asile sont refusées et les visas se raréfient. Hijra international a appris que le Centre Villawood de Sydney accueille une vingtaine de demandeurs d'asile, mais seulement sept d'entre eux ont dirigé, milité ou sympathisé avec le Front Islamique du Salut (Parti majoritaire aux élections avortées en 1992 par le coup d'Etat militaire contre le choix du peuple algérien). Certains d'entre-eux sont en famille dans ce centre. Ils observent une grève de la faim depuis le jeudi 9 septembre 1999 dans le but d'attirer l'attention sur leur situation dramatique. D'ailleurs, les services de renseignement algériens ont procédé à leur observation et fichage pour activité subversive, ils sont donc exposés à un danger réel si jamais l'Australie n'accepte pas de les protéger. Il s'agit de Messieurs :
En plus du refus quasi systématique par les pays occidentaux des demandes d'asile émanant d'Algériens - à peine 1% des demandeurs obtiennent une réponse positive - certains de ces pays pratiquent les refoulements des demandeurs d'asile vers l'Algérie tout en sachant à quel degré la situation des droits humains est catastrophique. Le droit d'asile est pourtant consacré par le droit australien et le droit international; il est placé au niveau de l'intérêt général public, au dessus de l'intérêt propre des Etats. Sa violation rend irréparable le préjudice subi par la victime, qui, si elle est renvoyée en Algérie, sera exposée au risque de sa persécution, voire d'atteinte à sa vie. Il nous semble que les mesures déjà prises pour la détention de ces demandeurs d'asile, et celles, imminentes, de leur refoulement, portent atteinte aux principes les plus intangibles de la Convention internationale du 28 juillet 1951, portant sur les réfugiés, ainsi qu'à l'article 14 de la Déclaration universelle des droits de l'homme. Ces personnes n'ont pas commis un crime a l'encontre de la paix, ni un crime de guerre ou un crime contre l'humanité. N'est-ce pas que devant la persécution toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l'asile dans un autre pays. L'article 33 de la Convention portant sur les réfugiés interdit l'expulsion vers le pays où la vie ou la liberté serait menacée. D'autre part, l'article 3 de la Déclaration sur l'asile territorial du 14 décembre 1967 dispose qu'aucune personne ne sera soumise à des mesures telles que l'expulsion, ou le refoulement, vers tout Etat où elle risque d'être victime de persécution. Hijra International a toutes les raisons du monde d'accuser le régime, dirigé d'une main de fer par quelques généraux contrôlant une véritable mafia politico-financière, d'avoir pratiqué des violations massives aux droits à la vie, à la liberté, à l'expression, à l'association ainsi qu'au droit souverain du peuple de choisir librement ses dirigeants politiques. Depuis 1991, toutes les élections organisées en Algérie ont été entachées de fraudes massives. Hijra International se refuse à croire que les quelques personnes détenues au Centre de Sydney constituent un danger pour la sécurité de l'Australie, ou une menace pour la communauté australienne, ou encore qu'elles aient toutes été l'objet d'une condamnation définitive pour un crime particulièrement grave. Hijra International se doit également de vous signaler que la loi algérienne dite de « concorde civile » n'est en fait qu'une disposition pénale et que rien dans le projet des dirigeants algériens, notamment les généraux de l'armée qualifiés de « décideurs », n'indique qu'ils renoncent à leur politique d'éradication physique et d'exclusion politique. Hijra International proteste donc contre ce qu'elle qualifie sans hésitation de non-assistance à personnes en danger, qui viole les conventions internationales en matière de droits de l'homme et de droit humanitaire. Excellence, Pour Hijra International; Copie :
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www.algeria-watch.org
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