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Après
Nacer Hamani
La France expulse un autre chef de réseaux du GIA vers Alger Arezki Benmokhtar, Le Quotidien d'Oran, 10 novembre 2001 Contexte international aidant, la France nhésite plus à afficher sa collaboration avec lAlgérie sur le plan sécuritaire. Hier, elle a expulsé Mohamed Chalabi, lun des principaux responsables du réseau de soutien logistique au Groupe islamique armé (GIA). En un peu dun mois, la France a expulsé deux islamistes vers lAlgérie. Après Nacer Hamani, expulsé le 16 octobre, cest au tour de Mohamed Chalabi, 46 ans, lun des principaux responsables du réseau de soutien logistique au Groupe islamique armé (GIA), de se voir expulsé vendredi matin par avion de Marseille vers lAlgérie. La France ne prend plus de gants avec «ses islamistes». Depuis les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis, les services de sécurité sont sur les dents et traquent sans relâche les réseaux islamistes dormants de lHexagone. Elle ne sencombre pas non plus de précautions pour coopérer avec lAlgérie sur ce terrain. Cette entente nest dailleurs pas nouvelle, mais Paris hésitait à létaler publiquement. Elle peut désormais le faire sans craindre une levée de boucliers des défenseurs des droits de lhomme. Cest un des effets collatéraux des attentats islamistes. Mohamed Chalabi avait été condamné le 22 janvier 1999, avec les deux autres principaux protagonistes du réseau, Mourad Tacine et Mohamed Kennouche, à huit ans de prison ferme et à une interdiction définitive du territoire français par la 11ème chambre correctionnelle de Paris, siégeant dans un gymnase de ladministration pénitentiaire à Fleury-Mérogis (Essonne). II est soupçonné dêtre le responsable dun groupe de soutien des Groupes islamistes armés (GIA), chargé notamment de la création de réseaux terroristes en Europe entre 1994 et 1996. Il a été libéré de prison il y a six mois. Chalabi a été interpellé mercredi dernier à Angers où il se cachait, selon la police, pour éviter une mesure dexpulsion, sa condamnation ayant été assortie dune interdiction définitive du territoire français. Son expulsion ne sest pas déroulée sans incident: par deux fois, les policiers marseillais avaient échoué à le faire embarquer sur le bateau algérien «Le Hoggar». Le jour de son arrestation, il sétait injecté trois dose dinsuline - Chalabi souffre du diabète - et est conduit à lhôpital. Le lendemain, le commandant du bateau invoque des raisons de sécurité pour refuser de lembarquer. Il a été hospitalisé à nouveau à la suite dune altercation avec des policiers de son escorte. Lavocate de Chalabi, Me Isabelle Coutant-Peyre, a tenté vainement de sopposer à lexpulsion de son client, qui risque, selon elle, la peine de mort en Algérie. Elle a également dénoncé le fait quil nait pas pu exercer les recours légaux, ni eu le droit de choisir son pays de destination. Habituellement, les «éloignés» peuvent choisir le pays où on les envoie. Les islamistes évitent évidemment Alger. «Un nouveau pas vient dêtre franchi dans le déshonneur de la France avec lenlèvement de Mohamed Chalabi», écrivait-elle dans un communiqué. Le président de la Ligue des droits de lhomme, Michel Tubiana, na pas été tendre avec la France. Dans une lettre au ministre de lIntérieur, il le met en garde contre les «traitements inhumains» encourus par Chalabi en Algérie. «En procédant à lexpulsion de M. Chalabi, vous violerez sciemment, et sous votre responsabilité, lensemble des conventions internationales dont la France est signataire et plus simplement les règles mêmes du droit interne», écrivait-il. Michel Tubiana a rappelé que Mohamed Chalabi est né en France et est parent denfants français. Le ministère français des Affaires étrangères a cherché à rassurer en affirmant jeudi que «les autorités algériennes nous ont fait savoir quil ne fait lobjet daucune condamnation pénale en Algérie». Dautres sources avancent, par contre, que «des garanties ont été prises entre les gouvernements français et algérien, à travers le Quai dOrsay», pour la sécurité de Chalabi. Le journal Libération, lui, sinterroge: «Est-ce une habitude qui sinstalle ? Le résultat dun accord secret avec le pouvoir algérien ?» Par un «revirement inexpliqué, la France a changé de politique», écrit-il, tout en qualifiant lexpulsion de «véritable deuxième peine (qui) confine à un exil quand elle touche, comme pour Chalabi, un père de quatre enfants français, qui na plus guère dattache en Algérie». Le chef du réseau Chalabi à Marseille dans l'attente d'une expulsion (AP, Reuters, 08.11.01)
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www.algeria-watch.org
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