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Les autorités algériennes réagissent au rapport du département dEtat américain Ouyahia : «Lapproche américaine est simpliste»
Par Mohamed Tayeb, Le Jeune Indépendant, 11 mars 2002 Les «vives critiques» du département dEtat américain sur la pauvreté des droits de lhomme en Algérie ont fait réagir dimanche les autorités algériennes. Par la voix du ministre de la Justice, celles-ci fustigent le simplisme de lapproche américaine et rejettent les deux poids, deux mesures» de lAdministration Etats-unienne. Dans son dernier rapport sur la situation des droits de lhomme dans le monde, rappelle-t-on, le département dEtat considère quen Algérie la situation des droits de lhomme «demeure faible et que «des problèmes sérieux persistent». Il nen fallait pas plus pour piquer au vif les autorités algériennes qui espéraient que les événements du 11 septembre avaient relégué cette question au second plan des préoccupations de la communauté internationale. Ce ne semble pas être le cas, malheureusement, les autorités du pays sapercevant quil leur reste encore du pain sur la planche dans ce domaine. Doù la récente sortie médiatique dOuyahia qui a affirmé sur les ondes de la Chaîne I que si lAlgérie encourageait les critiques constructives autour de la promotion des droits de lhomme, elle rejette, en revanche, toute classification des pays en catégories distinctes, les bons et les mauvais. A ladresse du département dEtat américain, il semble dire que lAlgérie refuse la classification en deux collèges des pays du monde en matière de promotion des droits de lhomme. Il accuse dans ce sens le rapport américain de faire limpasse et de taire les violations commises contre les droits du peuple palestinien ainsi que dans dautres pays considérés comme proches des Etats-Unis. En somme, Ouyahia rejette dans la forme et dans le fond lapproche américaine et les deux poids, deux mesures pratiqués dans lévaluation de la situation des droits de lhomme dans le monde. Approfondissant lanalyse, le ministre de la Justice rappelle à qui de droit que les droits de lhomme restent un idéal auquel aspirent les peuples et les Etats, y compris ceux qui prétendent avoir accompli dénormes progrès dans ce domaine, notamment les pays dEurope occidentale. A ce niveau de la
question, il doit sûrement faire référence aux ONG
européennes qui sacharnent encore sur lAlgérie
à un moment où le monde entier semble avoir adhéré
à sa vision de lutte contre le terrorisme et la protection du droit
à la vie des citoyens avant tout autre considération. Et
à un moment aussi où la vie politique est marquée
par la préparation et la concertation dans le cadre des prochaines
législatives. Telle la FIDH qui ne semble pas «relâcher
la pression» sur Alger, elle qui a consacré à lAlgérie
deux paragraphes de son mémorandum adressé à la 58e
commission des droits de lhomme prévue du 18 mars au 26 avril
à Genève. La FIDH y juge que «la violence politique
se poursuit en Algérie, et considère que la lutte de lEtat
contre le terrorisme nexempte pas ce dernier du respect des droits
de lhomme». A cela, Ouyahia se contente dappeler à
la conjugaison des efforts en matière de lutte contre le terrorisme.
Sur cette question pourtant, le débat est resté vif et critique
entre les différents acteurs de la vie politique et institutionnelle
algérienne. Le professeur Issad, par exemple, estime pour ce qui
le concerne que «lennemi ce nest pas les ONG internationales
quil faut dailleurs cesser de diaboliser». Pour sa part,
le président de la CNCPPDH considère en «toute objectivité
que la situation des droits de lhomme en Algérie est acceptable
et au-dessus de la moyenne». Qui croire dans ce cas quand le ministre
de la Justice reconnaît dans la même émission quil
existe encore près de 3 300 cas de disparus non élucidés,
et que son homologue de lIntérieur interdit une marche à
laquelle a appelé récemment un parti officiellement agréé
et qui siège au Parlement. Enfin, peut-on parler dune amélioration
de la situation alors que létat durgence est encore
un vigueur ? M. T. |
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www.algeria-watch.org
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