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LADDH
Déclaration liminaire Les informations
qui nous sont parvenues ces quinze derniers jours font état d'une
situation d'émeute et de répression féroce de la
part des forces de l'ordre sur des populations civiles non armées. En quinze jours d'affrontements, plus de deux cents arrestations ont été opérées dont certaines sont ciblées et arbitraires. Des arrestations ont été suivies de condamnations à des peines allant de 4 mois à 1 ans d'emprisonnements ferme. Contre certains d'entre eux, dix-huit chefs d'inculpations ont été retenus. Cette chasse aux manifestants s'est déroulée sous forme de rafles nocturnes avec des hommes armés et cagoulés à bord de voitures banalisées. La situation risque de s'aggraver d'autant plus que 400 mandats d'arrêts auraient été lancés contre des animateurs des " comités citoyens " des différentes localités de Tizi-Ouzou, Béjaïa, Bouira et Sétif. La révolte
dure maintenant depuis un an et elle est loin d'être cantonné
à la seule Kabylie puisqu'elle a touché plus d'une vingtaine
de départements à travers l'Algérie. Ces manifestations
de rue ont fait à ce jour plus de 80 exécutions arbitraires,
plus de 5000 blessés dont 2000 handicapés et des milliers
d'arrestations suivies de mauvais traitements, tortures et détentions
arbitraires. Cette situation qui touche toutes les franges de la société
et notamment les plus jeunes est une conséquence directe de l'absence
d'Etat de droit et de " la mal gouvernance " de l'Etat Algérien.
De par ces violations
au droit à la vie, le pouvoir algérien a violé les
articles 2 et 3 de la Déclaration universelle des droits de l'homme,
les articles 2, 4, 6 et 26 du Pacte international relatif aux droits civils
et politiques et n'a pas respecté le droit à la vie des
personnes âgées de moins de 18 ans qu'on retrouve expressément
énoncé dans l'article 6 de la Convention relative aux droits
de l'enfant. La Ligue Algérienne de Défense des Droits de l'Homme (LADDH) lance un appel urgent au rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires sommaires ou arbitraires pour que celui-ci intervienne, selon son mandat, en urgence et prenne toutes les mesures nécessaires en vue de prévenir de nouvelles violations du droit à la vie. La LADDH appelle aussi, la Commission des droits de l'homme à : · Faire en sorte que le Rapporteur spécial assure le suivi les 82 exécutions arbitraires déjà transmises par la LADDH en novembre 2001 ainsi que sur les 7 dernières, selon les termes de la résolution de la Commission des droits de l'Homme 1996/76 · Soutenir les demandes de visites en Algérie des Rapporteurs spéciaux sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, le Rapporteur spécial sur les détentions arbitraires, le Rapporteur spécial sur la torture et le groupe de travail sur les disparitions forcées. · Faire en sorte que le gouvernement algérien cesse de réprimer les populations civiles, respecte ses engagements internationaux, notamment la Déclaration universelle des droits de l'homme, le Pacte International relatif aux droits civils et politiques, le Pacte International relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, la Convention relative aux droits de l'enfant, et la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. Alger, le 02 avril
2002 |
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www.algeria-watch.org
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