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L'Europe critique Alger
Amar H., Le Matin, 2
avril 2001
Le réquisitoire
de l'Union européenne sur les droits de l'Homme en
Algérie a irrité les autorités algériennes.
Lors des débats
de la 57e rencontre de la commission, qui siège
actuellement à Genève, l'Algérie a été sévèrement
critiquée par la
Suède qui assure la présidence de l'Union européenne. Dans
son
réquisitoire, la Suède, qui s'est exprimée au nom de l'UE,
a
considéré que l'Algérie « n'est pas respectueuse
des droits de
l'Homme et de la démocratie », la classant dans le catalogue des
pays
mis au banc des accusés. Un discours qui a fortement déplu à
la
délégation algérienne, conduite par l'ambassadeur Mohamed-Salah
Dembri. L'intervention de Dembri a pris la forme d'une mise au point
à l'adresse de l'Europe. « Je m'étonne, aujourd'hui, que
les pays
membres de l'Union européenne aient exposé un catalogue par pays
sur
les droits de l'Homme, car même si nous ne doutons pas que certains
d'entre eux se sont acheminés progressivement vers une conception de
plus en plus élargie des droits de l'Homme et des citoyens, ils ne
sauraient, en revanche, s'arroger le droit de se présenter comme
juges du reste du monde », a répondu Dembri, qui a mis en avant
le
contexte difficile dans lequel évolue la promotion des droits de
l'Homme en Algérie. Pour donner la réplique, Dembri a cité
un certain
nombre de situations relatives à des « violations de droits de
l'Homme » en Europe. « Ainsi, a-t-il déclaré, la curiosité
d'évaluer
l'itinéraire de l'Union européenne dans ce domaine m'a amené
à
consulter certaines sources toutes européennes qui m'ont appris que
des violations des droits de l'Homme se produisent dans les pays de
l'Union () ». Et de citer, entre autres, les minorités nationales
qui
continuent d'être sujettes à des pratiques de discrimination et
à des
politiques d'exclusion, discrimination dans l'accès notamment à
certains postes de travail, la légalisation de partis politiques et
d'associations extrémistes qui prônent ouvertement dans leurs
programmes et dans leurs projets le racisme, l'intolérance, la
xénophobie et incitent à la haine et à la violence. Le
réquisitoire
de l'Union européenne intervient au moment où ses négociations
avec
l'Algérie, pour la création du zone de libre-échange, connaissent
une
accélération. Une délégation algérienne est
attendue en mai prochain
à Bruxelles. L'accord auquel ces négociations doivent aboutir
est -
comme pour les autres pays partenaires de l'UE - sous-tendu par le
respect strict des droits de l'Homme. La sortie de la Suède, qui a
surpris et irrité la délégation algérienne, risque
d'instaurer des
relations crispées entre l'Algérie et le bloc européen.
algeria-watch
en francais
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