L A D D H

Bureau de la Wilaya de Relizane
13 Boulevard Zaghloul Relizane

Relizane le 15 octobre 2002

Suite au communiqué en date du 3/10/02 concernant l’enlèvement du jeune RACHEDI Houcine fils du disparu RACHDI Abdelkader âgé de 74 ans à l’époque de son enlèvement.

Après un premier contact avec sa famille au pénitencier de Bel-Hacel, le jeune RACHDI Houcine a fait part de son aventure depuis son enlèvement le 2 /10/02 par les services de sécurité militaire de Relizane.

D’après sa famille l’intéressé a été torturé durant toute la journée de mercredi après son arrestation. Des questions lui ont été posées sur les activités du bureau de la LADDH.

-Les noms de personnes en contact avec la LADDH.

-Sur les revendications des familles de disparus

- Et du témoignage de son frère Belkacem contre Fergane et sa milice lors du procès qui l’a opposé à SMAÏN

L’un de ses tortionnaires lui avait dit; « Toi et les autres imbéciles vous accusez Fergane pour assister le salop de Smaïn, alors que votre père était un terroriste qui a été enlevé et tué par les terroristes ».

Cet interrogatoire sous des décharges électriques a duré toute la journée de mercredi. Ce n’est que le lendemain matin qu’il a été confronté à un certain LABAD Mohamed demeurant à Douar Sidi-Lazreg une localité rurale à 30 kms au sud de Relizane. Ce dernier aurait déclaré que lui et RACHDI ont assuré une liaison par lettre remise par un groupe de terroristes à Relizane et destinée à un autre groupe à Tlemcen, une ville distante de 320 kms de Relizane.

L’intéressé déclare qu’il n’a jamais connu son accusateur auparavant et qu’il n’a jamais été à Tlemcen. Ce témoin à charge n’a pas été inquiété et se trouve toujours en liberté.

Le soir du jeudi il a été emmené à Oran à la caserne « Magenta » où il a été interrogé sans brutalité ni pression. Le lendemain matin il a été confronté à la personne qui aurait « réceptionné » la lettre à Tlemcen.

Lors de la confrontation les deux personnes ont fait spontanément la même déclaration : « Ils ne se sont jamais connus ni se sont rencontrés auparavant ». Ils ont été gardés à vue jusqu'à lundi matin pour être auditionnés et acheminés devant M. le juge d’instruction du tribunal de Relizane qui les a inculpés pour « aide et assistance à un groupe terroriste » et placés en détention préventive.

On est persuadé que le scénario des pièces les plus sombres se met en place. Alors que le pays est en proie a une ébullition permanente pouvant déboucher sur de graves débordements dus le plus souvent à des dépassements déjà dénoncés et sans observer aucune réserve, face à la désapprobation quasi unanime de l’opinion publique nationale et internationale.

Comme pour défier la population et lui montrer qu’elle n’a qu’à bien se tenir, le Commandant responsable du CTRI de la wilaya de Relizane, n’hésite pas à parader quotidiennement le long de l’artère principale de la ville en compagnie de FERGANE. Des signaux forts -que quelle que soit l’option choisie rien ne se fera sans eux, ni encore moins contre eux-. Telle est l’horrible réalité

Il serait légitime de s’interroger si le but réel de certains responsables des services de CTRI, n’est pas d’organiser le chaos pour faire perdurer une crise qui a ruiné le pays et contrarier les efforts des pouvoirs publiques tendant à mobiliser une population désabusée et meurtrie.

Cette situation constitue non seulement une humiliation à la mémoire des victimes et une torture morale à leur famille, mais aussi un pied de nez à la crédibilité de la politique du Président de la République et de la concorde nationale.

Conscient des risques potentiels qu’une attitude aussi désinvolte et provocatrice comporte pour la stabilité de la ville et du Pays, le bureau de la LADDH de Relizane exhorte les Autorités à intervenir pour imposer plus de retenue et d’esprit de responsabilité et éviter d’exciter les rancunes.

Le président du bureau

M. SMAÏN


 
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