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FAMILLES DE DISPARUS Le mémorandum chez Bouteflika El Watan, 5 novembre 2002 La seule idée de remplacer un être cher par une somme dargent et un bout de papier nous est insupportable», ont protesté le collectif des familles de disparus et SOS disparus dans un communiqué rendu public hier. Ces associations ont réagi aux propos de Farouk Ksentini, président de la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de lhomme (CNCPPDH), qui a déclaré, au quotidien Echourouk el Youmi du 3 novembre 2002, que le problème des disparus peut être réglé par lindemnisation des familles. Celles-ci recevraient la somme de un million de dinars chacune. Un acte de décès leur sera remis également. «Il est impératif de faire la lumière sur le sort de toutes les personnes enlevées par les forces de sécurité, tous corps confondus, et portées disparus», ont annoncé ces associations appelant à un rassemblement devant le siège de la CNCPPDH à Alger, ce mercredi 6 novembre à partir de 9 h. Joint hier par téléphone, Ksentini a démenti : «Il nest pas question dabandonner les recherches et docculter le travail de vérité et de justice.» «Dans cet entretien, jai parlé dune aide de premier secours pour ces familles qui sont en détresse et dans le cadre de la solidarité nationale», a-t-il ajouté. Il a expliqué que cette aide nest pas une indemnisation obligatoire et ne sera programmée que pour les familles qui en exprimeront le besoin. «Même si la personne disparue est retrouvée, sa famille a le droit à lindemnisation, car elle a subi un très grave préjudice. Préjudice inquantifiable», a-t-il soutenu. Le montant de 100 millions de centimes, a précisé Ksentini, na pas été avancé par lui, mais par linterviewer qui a calculé à la hausse en évoquant les 70 millions de centimes débloqués pour chaque famille des victimes des incendies de prison. «Jai dit exactement que lindemnisation doit être substantielle», a-t-il poursuivi. «Je demande aux familles de disparus de me considérer comme leur représentant auprès de lEtat, et non le contraire», a-t-il conclu. Ksentini a déclaré que le mémorandum de revendications que lui ont adressé les familles des disparus le 5 septembre 2002 a été transmis par ses soins au président de la République. Invité du Forum dEl Youm le 1er octobre 2002, Ksentini avait confié que le travail de sa commission sur ce dossier a connu quelques «blocages». «Les familles nous disent que leurs proches ont été enlevés par les services de sécurité. Ces derniers nous répondent quils ont relâché ces individus. Réponses vagues, donc pas de réponse réellement. Ce procédé ne peut plus durer. Il faut être sérieux», a-t-il expliqué. Les dossiers de disparitions forcées au niveau de la CNCPPDH sont au nombre de 4743. «Cela ne veut pas dire quil nen existe pas plus», a indiqué lavocat. «Le ministère de lIntérieur a parlé de 7000 cas, alors que des ONG nationales avancent le chiffre de 10 000 disparus. Nous devons procéder à des recoupements», a-t-il ajouté. La commission sest donné le délai de fin 2002 pour présenter ses propositions au chef de lEtat, «seul à décider des solutions pour ce dossier», a dit Ksentini. Par Adlène Meddi |
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www.algeria-watch.org
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