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Mme
Danielle Mitterrand aux parents des disparus
«Il nest plus possible de laver le linge sale en famille» Mohamed Mehdi, Le Quotidien d'Oran,7 novembre 2001 Dès son arrivée lundi à Alger, Mme Danielle Mitterrand, Présidente de la Fondation France-Libertés, a rendu visite au siège de lAssociation SOS-Disparus pour y rencontrer quelques dizaines de familles de disparus. Des femmes pour la plupart, des hommes, mais aussi des enfants étaient venus, exhibant des portraits de disparus, raconter à Mme Mitterrand le calvaire dans lequel vivent ces familles depuis plusieurs années, et décrire, avec détails, les conditions dans lesquelles leurs proches ont été enlevés. «Je suis venue, beaucoup plus pour vous écouter et pour savoir ce quon peut faire ensemble pour faire avancer la situation», leur a-t-elle dit. De leur côté, plusieurs mères et épouses de disparus ont pris la parole pour décrire la torture morale quelles subissent depuis des années, et pour exprimer aussi leur sentiment que «ça navance pas beaucoup», malgré toutes les démarches entreprises ici et à lextérieur du pays. Pendant plus dune heure qua durée la rencontre, il y eut plusieurs moments de silence et de sentiment de gorge nouée à la suite de certains témoignages particulièrement poignants, comme celui de cette mère dont le fils a été tué devant ses yeux, dans sa chambre, et celle dont les filles ont été enlevées de leurs lieux de travail. Dans leurs témoignages, la plupart déclaraient connaître les ravisseurs. «Nos enfants ne sont pas des terroristes», sexclame lune delles à la limite du sanglot, avant de relancer : «ceux qui ont porté les armes sont libres actuellement». «Je suis venu vous dire quil nest plus possible de laver le linge sale en famille». Elle suggère de «créer un réseau de solidarité entre les familles de disparus du monde entier», en particulier ceux dAfrique du Nord et dAmérique du Sud, «rassembler les témoignages et les indices, pour les diffuser sur le Net et construire un argumentaire pour pousser les gouvernements à réagir», a-t-elle ajouté. Interrogée à propos de la position des gouvernements de lUnion Européenne sur cette question, Mme Mitterrand a estimé que, «malgré leur prise de conscience», les autorités européennes «mettent en balance dautres intérêts», marchands notamment, et quils restent, par ailleurs, «paralysés par la situation mondiale». Enfin, la présidente de France-Libertés considère qu«il ne peut y avoir de paix en Algérie sans le règlement de la question des disparus». Après cette rencontre avec les familles des disparus, Mme Mitterrand sest également entretenue avec Mme Saïda Benhabylès, Présidente de lAssociation de Fraternité avec le Peuple Sahraoui, à lHôtel El-Djazaïr. Mme Danielle Mitterrand est en Algérie, du 5 au 10 novembre, afin «dapporter son soutien à la population sahraouie en exil depuis 1975 à Tindouf. Une mission qui «vise à évaluer la contribution de France-Libertés dans les projets déducation, de santé et de développement, initiés et menés avec les réfugiés sahraouis, mais également à réaffirmer lobligation de la Communauté internationale à mettre en oeuvre le droit à lautodétermination du peuple sahraoui colonisé ou en exil, et à empêcher en conséquence la spoliation de ses ressources naturelles». Créée par Danielle Mitterrand en 1986 de la fusion de trois organisations de Défense des Droits de lHomme, France-Libertés est reconnue dutilité publique et dotée du statut consultatif auprès du Conseil Economique et Social des Nations Unies.
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www.algeria-watch.org
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