Pour établir des vérités sur les circonstances des disparitions

Mustapha Ksentini met en place un mécanisme spécial

Jeune Indépendant, 7 septembre 2002

Le président de la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l’homme (CNCPPDH), M. Mustapha Farouk Ksentini, préconise la mise en place d’un mécanisme crédible pour l’établissement des vérités sur les circonstances des disparitions en associant leurs familles et les organisations des droits de l’homme.

L’objectif arrêté par le président de la commission est la permission aux différentes parties d’exposer leur cas en présence de témoins et d’avocats de leur choix. Les familles des disparus, qui ont rencontré jeudi dernier M. Ksentini, lui ont remis un document dans lequel elles expriment encore une fois leur disponibilité à discuter le problème et aider à trouver les moyens nécessaires permettant de faire la lumière sur cette question. Le document en question insiste sur les modalités d’octroi d’aides dans la transparence et ce, dans le cadre de la solidarité nationale avec les familles des disparus.

Pour sa part, M. Ksentini a promis de faire toute la lumière sur le problème des disparus dans le cadre de ses prérogatives, soulignant ne pas faire partie de «ceux qui se contentent d’évoluer dans un cercle vicieux». Il soulignera que sa commission est totalement indépendante des instances de l’Etat.

Dans la même journée, le président de la commission de la protection des droits de l’homme a été reçu par le ministre délégué auprès du ministre de la Justice, chargé de la réforme pénitentiaire, M. Abdelkader Sallat.

Le ministre s’est dit disposé à coopérer avec la CNCPPDH à «l’élaboration d’une méthodologie de travail sur la base d’une analyse objective et rationnelle de la situation des établissements pénitentiaires et des problèmes posés». Il a tenu à réaffirmer, à ce propos, la nécessité pour chacun d’assumer les responsabilités qui lui incombent.

Tout en indiquant le but de cette réunion, M. Sallat a insisté sur la série de visites d’inspection dans les établissements pénitentiaires qu’il entamera à travers le territoire national à partir de la semaine prochaine. «L’amélioration des conditions de détention dans le sens du respect des droits de l’homme figure parmi les priorités du programme du gouvernement», a-t-il précisé. Pour ce faire, des mesures seront prises, à l’exemple des projets de construction de nouveaux établissements et la réhabilitation de l’Ecole nationale des officiers de l’administration pénitentiaire. Le ministre a également annoncé l’ouverture d’ateliers de formation au profit des détenus, précisant que la politique de formation est un moyen de prévention contre la criminalité, notamment chez les jeunes. Pour sa part, M. Ksentini a émis le vœu de permettre aux membres de sa commission de visiter les établissements pénitentiaires à n’importe quel moment «pour s’enquérir de la situation des détenus». Une doléance qui a reçu un écho favorable de la part du ministre délégué. Au sujet de la proposition de la liberté conditionnelle, M. Sallat dira que cette mesure est difficile dans la mesure où elle nécessite de grands moyens pour suivre la personne libérée. N. K.

 
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