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CES DISPARUS QUI HANTENT L'ALGÉRIE Abdelhaq Illeli Alger, 5/04/01 - Rencontrée lors du rassemblement hebdomadaire de familles de disparus, à Alger, une manifestante, Houria Allouache, affirme avoir reconnu, à la télévision française, l'auteur du livre "La sale guerre", Habib Souïdia: "Il était à la tête du groupe de militaires qui ont arrêté mon fils et mon mari, aujourd'hui portés disparus, je veux absolument le rencontrer: qu'il me dise seulement où sont-ils, et que sont-ils devenus ?". Son mari, Ahmed Allouache avait 54 ans, et son fils Mohamed, lui même père de cinq enfants en avait 33, lorsqu'ils ont été tous deux arrêtés par des militaires, le 22 juillet 1994, lors d'un "ratissage"." Contacté par téléphone, Habib Souïdia, nie avoir dirigé l'opération, même si, dit-il, "la mère Allouache insiste et confirme m'avoir vu". Par contre, il dit se souvenir d'elle: "Je l'ai moi-même reçu à Lakhdaria, dans la villa où nous étions basés, lorsqu'elle était à la recherche de son mari et de son fils. J'ai même parlé d'elle dans mon livre, parce qu'elle se souvenait qu'au temps des français, les algériens étaient torturés dans le même lieu". Questionné sur le sort des deux disparus, Habib Souaidia répond sans hésitations: "Ils ont été exécutés après avoir été torturé 15 jours de suite à la villa COPAWI". Cette villa, située à la sortie de la petite ville de Lakhdaria, à une centaine de kilomètres d'Alger, est connue dans la région. Elle servait de campement militaire au début des années 90, et aujourd'hui, c'est devenu une caserne, où se relaient militaires, gendarmes et gard e communale. Sûr de ses dires, l'ancien militaire affirme qu'Ahmed et Mohamed Allouache y étaient détenus, dans des cellules: "Ils ont été arrêtés, torturé et exécuté sur ordre verbal du colonel Chengriha. Ce dernier a donné l'ordre de l'opération en présence de mes collègues Benaiche et Ben Ahmed tous deux responsables de l'unité 25 du régiment de reconnaissance à Lakhdaria, à laquelle j'appartenais. Ils ont été arrêtés par les officiers de la DRS (s ervices de renseignements, NDLR) Belkbiche Abdelkader dit Abdelhak et Ramdhane Khaled. Tous les deux étaient accompagnés du lieutenant Bouziane Mounir de mon unité" Habib Souaïdia qui a confirmé sa participation a ce genre d'opérations dans la région, notamment dans les villages de Bouderbela, Ouled Chalabi, Ouled Mehdi, déclare avoir vu plus d'une centaine de personnes subir le même sort, Cette villa a " accueilli " des détenus venus de Bouira, Kadiria, El Asnam, Zeboudja et Aomar-Gare: aucun n'en serait sorti vivant. L'arrestation de suspects se faisait souvent pour les mêmes motifs:"ils sout iennent les terroristes" Les fantômes de la
république Dans un rapport du site Web Algeria-Watch sur les disparitions forcées en Algérie il est souligné que la majorité des personnes ont " disparu " entre 1994 et 1996. Une période durant laquelle " le régime algérien mène une grande offensive dans le cadre de la lutte contre le terrorisme ". Les statistiques données par ce document indiquent que sur 3088 cas recensés entre 1991 et 1998, 0,2 % des personnes sont portées disparues en 1992 par leurs parents, alors que ce chiffre augmente vite les années suivantes, passant de 5,3% en 1993 à 36,9% en 1994. Le plus gros des enlèvements s'effectuait " lors de ratissages, en plein couvre-feu " et 32,8 % de ces disparus sont recensés notamment à Alger, la capitale. Le témoignage d'Habib Souaïdia, dans son livre, inquiète énormément les personnes concernées de prés ou de loin par le sort des disparus. Aujourd'hui, la question
des disparitions forcées ne se pose plus en termes d'implication ou pas
des forces de sécurité et des autorités algériennes.
Preuves et témoignages à l'appui, la qustion que se posent les
militants des droits de l'homme est plus simple : " Sont-ils morts ou vivants
? ". Tant que la vérité ne sera pas dévoilée,
ces milliers d'algériens dont le sort demeure inconnu resteront les "
fantômes de la République&n bsp;" qui hanteront pour longtemps
l'Algérie...
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www.algeria-watch.org
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