Hadj Smaïl, représentant de LADDH à l'ouest du pays, au forum du journal El Youm

« Le dossier des disparus est loin de connaître une solution »

Le Matin, 28 mai 2002

L'invité, hier, du forum hebdomadaire qu'organise le journal arabophone El Youm, Hadj Smaïl, représentant de la Ligue algérienne de défense des droits de l'Homme (LADDH) à l'ouest du pays, s'est montré plus nuancé qu'à l'habitude sur les accusations qu'il porte contre « les Patriotes pour exécutions sommaires et responsabilité dans la disparition de dizaines de personnes ».

Il fait tout d'abord la distinction entre les Patriotes qui ont pris les armes pour combattre le terrorisme et « ceux qui faisaient partie de la milice de Hadj Ferguene, un ancien moudjahid et ex-chef de la Délégation exécutive communale (DEC) de Relizane ». Celui-là même auquel il attribue 57 % des cas d'enlèvement parmi les 198 recensés dans la région de Relizane était, selon lui, « au service de la maffia locale ». Il relève, à cet effet, l'opacité dans la gestion par les autorités de ce dossier des disparus en exhibant une déclaration sur l'honneur signée par deux chefs de l'Armée islamique du salut (AIS), dont Aoued Bouabdellah (dit cheikh Noredine), bras droit de Ahmed Benaïcha, l'« émir » de cette organisation à l'Ouest, attestant la mort et l'enterrement d'un jeune disparu de Oued R'hiou. Cette utilisation d'amnistiés ne contribue pas, selon Hadj Smaïl, à la résolution de ce dossier qui « nécessite l'ouverture d'une enquête pour lever le voile sur plusieurs cas de disparitions et d'assassinats, dont celui du Patriote Bechloul, sur lesquels des témoins sont prêts à apporter leur version des faits ». « Il existe des gens bien au Pouvoir. » C'est la deuxième nuance qu'apporte Hadj Smaïl dans son nouveau discours. « Ni les ONG (organisations non gouvernementales), ni les organisations des droits de l'Homme ne sont capables de changer le système et faire sortir le pays du marasme, seul un mouvement de masse puissant pourra changer l'ordre établi », estime-t-il encore en appelant à « la patience ». Car, selon lui, « le Pouvoir est capable de massacrer la moitié du peuple pour se maintenir ».

 
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