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Trente-deux familles convoquées par le tribunal d'Hussein Dey
Des jugements de " décédés " pour les disparus
Amar H., Le Matin, 2 avril 2000
- Le dossier des disparus est en passe de connaître son épilogue, mais pas dans le sens souhaité par leurs familles. La chancellerie veut en découdre avec ce dossier, trop encombrant, en assignant les procureurs à la délivrance des jugements de disparus. Trente-deux familles ont été convoquées hier au tribunal d'Hussein Dey (Alger) pour récupérer ces jugements.
- L'audience, pour des raisons inexpliquées, a été ajournée au 22 du mois courant. Pour le procureur d'Hussein Dey, il s'agit dans ce cas d'une procédure réglementaire qui renvoie aux articles 109 à 115 du code de la famille. Mais les familles des victimes ne l'entendent pas ainsi. Elles rejettent la procédure imposée par le ministère de la Justice qui, selon leurs appréciations, " va liquider le dossier ". En signe de protestation, elles ont observé le même jour un sit-in au niveau du tribunal en question.
- " Nous refusons ces jugements, car ils appellent d'autres jugements qui vont déclarer décédés les disparus ", diront unanimement les familles. En effet, le jugement de " disparus " place ceux-ci dans une position " anticipée " de mort. Une position qui deviendra effective dans quatre ans : quand des jugements de " décédés " seront délivrés.
- " Nos avocats, affirment les familles des disparus, nous ont dit que la procédure était illégale. Car nous n'avons formulé aucune demande dans ce sens. Nous, nous demandons que les enquêtes aboutissent, pour savoir où sont les disparus. " Ces familles sont représentées par Mes Khelili et Tahiri. Le procureur d'Hussein Dey n'est pas le seul à avoir été saisi. On a appris que d'autres familles de disparus ont également été convoquées pour le même motif au niveau du Palais de justice d'Alger. Dans le feuilleton des disparus, un nouvel épisode commence.
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