Selon le témoignage d'un ex-officier de police

«Deux disparus morts sous la torture en 1994»

«Azizi Abdelkrim et son fils Azizi Abdessammad sont
tous deux morts sous la torture», affirme un
ex-officier de police dans un témoignage envoyé à un
avocat d'Alger dont nous avons pu obtenir une
copie. Selon le fichier du comité SOS-disparus, les
Azizi père et fils ont été enlevés le 22 septembre
1994.

L'ex-officier rend responsable de cette mort,
qui a, selon lui, eu lieu dans un commissariat de
Bourouba, un officier de police nommé Ould Ammi
Boualem.

Celui-ci est accusé, par ailleurs, d'être
impliqué dans d'autres violations des droits de
l'homme, comme le viol de jeunes prisonniers
accusés de soutien aux groupes armés. Selon des
sources de la sûreté nationale, l'officier de
police Ould Ammi Boualem est mort assassiné en 1995.
Il faut souligner qu'un rapport sur les
disparitions d'une ONG des droits de
l'homme Algeria Watch (mars 1999) classe le
commissariat de Bourouba comme le deuxième centre de
détention au secret après celui de Châteauneuf. Le
témoignage de cet ancien officier de police est
rédigé sous la forme d'une lettre ouverte au
président de la République. Il a pour principal objet
de révéler l'implication de responsables de la
Sûreté nationale dans le réseau de trafic des
voitures volées, le «réseau des voitures taïwan»,
dont la découverte, dit l'ex-policier, a été,
pour lui, à l'origine d'une série de
persécutions qui a culminé par son inculpation pour
«soutien à un groupe armé», son incarcération pendant
près de deux ans, avant qu'il soit acquitté par
la justice.

Le témoignage donne, en outre, une série
d'informations sur les atteintes aux droits de
l'homme, principalement dans deux commissariats
de la capitale, Bourouba et Châteauneuf. «La famille
Azizi a été avisée de l'existence de ce
témoignage», dont l'auteur, apprend-on, se dit
disposé à parler au cas où l'affaire serait
portée devant les tribunaux, chose qui ne tardera pas
à se faire vraisemblablement puisque Me Khellili a
été constitué pour déposer plainte pour «mort
violente suspecte».

Ce ne sera pas, cependant, la première fois
qu'une plainte sera déposée pour «mort
suspecte» dans des locaux de police. Il en existe
déjà une, en cours d'instruction. Elle concerne
la «mort violente» - pour reprendre les termes
d'un document médical qui l'atteste -, le
21 septembre 1995 au commissariat central, de Harga
Nassereddine, disparu le 20 septembre 1995 à
Bouzaréah, selon sa famille..

 

 

 

 
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