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Les familles de disparus interpellent le président de la République
A la veille de la tenue de la 56e session de la commission des droits de
l'Homme de l'ONU
Rabea Nouasri, La Tribune, 26 Mars 2000
L'Association nationale des familles de disparus (ANFD) interpelle de
nouveau le président de la République sur le sort, toujours incertain, de
«leurs enfants enlevés sous leurs yeux par des corps constitués de l'Etat»
et lui demande qu'il ordonne une prise en charge sérieuse de leur dossier,
d'autant que «les enquêtes menées par les services de l'Etat n'ont abouti à
aucun résultat palpable», s'inquiètent les membres de cette association.
Ces derniers affirment ne pas comprendre le silence du Président vis-à-vis
de cette question, alors que «par le passé, il a annoncé le chiffre de 10
000 disparus». De plus, là est «la raison de leur inquiétude»,
ajoutent-ils, «Bouteflika n'a à aucun moment prononcé le mot disparu dans
son discours de clôture du dernier Conseil des ministres». Ce qui est
interprété comme «un déni de leur droit de connaître la vérité». Décidées à
aller au bout de leur lutte, les familles de disparus réitèrent leur
conviction que leurs enfants «ne sont pas montés au maquis ou morts dans
des accrochages. Pour preuve, des mères ont porté le couffin à leurs fils
dans des centres de détention». C'est pourquoi, toute leur attention est
focalisée aujourd'hui sur les résultats de la 56e session de la commission
des droits de l'Homme de l'ONU. La presse nationale a rapporté que ladite
session a à son ordre du jour la question des disparus dont le nombre des
dossiers, toujours selon quelques journaux, est de 4 500. Dans ce sens, ces
familles tiennent à exprimer leur étonnement après la déclaration de
Bouteflika qui affirme : «Nous ne sommes pas dupes des arrière-pensées que
sous-tendent la mobilisation et les objectifs inavoués de ceux qui agitent
le concept de droits humanitaires pour des raisons, d'ailleurs, pas
toujours humanitaires».
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