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DROITS DE LHOMME Un avocat chargé du dossier des disparus Par Fayçal Metaoui, El Watan, 11 décembre 2001 Le chef de lEtat aurait, selon des sources informées, chargé lavocat Farouk Ksentini, président de la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de lhomme (CNCPPDH), de régler «définitivement» le problème des disparus. Farouk Ksentini a reçu récemment des familles de disparus et il les a assurés de «la volonté» du président de la République de trouver une solution à ce problème. «Nous avons senti quil y a une réelle intention daller au fond du problème et de répondre à la question : où sont passés nos proches ?», témoigne Mme Kouidri, dont le fils est porté disparu depuis plusieurs années et qui a été reçue par le responsable de la Commission. Le président Bouteflika avait, lors dun meeting, choqué les familles des disparus en déclarant que leurs proches nétaient pas dans sa poche. Les pressions internationales exercées depuis un certain temps sur Alger semblent lui avoir fait changer davis. «En dépit des promesses, les autorités nont à ce jour fourni aucune information concrète, ni aux familles des disparus ni à nous-mêmes. Le problème principal est quaucun effort réel na été fait pour clarifier ces cas», nous avait déclaré, à la fin de sa mission lannée passée en Algérie, Roger Clarck dAmnesty International. Lobservation est relevée dans leurs rapports par la plupart des ONG internationales de défense des droits humains dont Human Rights Watch et la FIDH. Amnesty International avait révélé que les autorités algériennes avait refusé la venue au groupe de travail des Nations unies sur les disparitions forcées ou involontaires. Le déplacement de ce groupe dexperts a été vivement soutenu par le Parlement européen. Un groupe qui a été destinataire à son siège à Genève (Suisse) de 2000 dossiers de «cas vérifiés» de disparus en Algérie. «Les autorités ont privilégié une gestion bureaucratique et policière du problème qui consiste à "ficher" les disparus sans pour autant rendre public le résultat des enquêtes quelles prétendent avoir diligentées», ont relevé les familles des disparus dans un mémorandum adressé à lONU. Le Comité des droits de lhomme de lONU avait demandé aux autorités algériennes douvrir des enquêtes sur les responsabilités des disparitions et de lui transmettre les résultats. Il leur avait aussi demandé de «répondre concrètement sur les disparitions devant les instances internationales». En mai 2001, le ministre de lIntérieur avait déclaré devant lAPN que les recherches se poursuivaient pour retrouver les disparus. «La question est prise en charge par lEtat. Une prise en charge qui ne saurait être efficace que dans le seul cadre de laction légale dévolue aux pouvoirs publics», avait relevé Yazid Zerhouni. Selon lui, le nombre des disparus serait de lordre de 4880, il serait de 7000, daprès les proches de ces personnes. Farouk Ksentini ira-t-il jusquau bout dans ses futures investigations ? Fera-t-il mieux que Kamel Rezzag Bara, président pendant neuf ans du défunt ONDH, qui a lamentablement échoué dans ses démarches ? La commission que préside Ksentini a remplacé lONDH et a été créée par décret présidentiel en mars 2001. Mise sous lautorité directe du président de la République, elle est dotée de «prérogatives plus larges» que celles de lONDH. Elle a pouvoir dautosaisine et est chargée de créer «un réseau dalerte» pour prévenir toute violation de droits humains dans le pays. La commission, qui a pour siège le Palais du peuple à Alger et qui est forte de 48 membres, vient, selon des sources informées, de se doter dun règlement intérieur, toujours en examen au niveau de la Présidence de la République. Cinq sous-commissions ont été créées en son sein. Elle seront chargées, entre autres, des aspects juridiques, de lexamen des plaintes, de linformation et de la médiature sociale (la commission a récupéré une partie des attributions de la défunte Médiature de la République). Farouk Ksentini, indique-t-on, est en phase délaborer son plan daction. Cette commission sera-t-elle plus efficace et moins partiale dans la dénonciation des atteintes aux droits humains et aux libertés publiques ? Saura-t-elle faire oublier le rôle négatif joué par lONDH ces dernières années ? Aura-t-elle toute cette indépendance de pouvoir tout faire et de pouvoir tout dire ?
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www.algeria-watch.org
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