Collectif des familles de Disparu(e)s en Algérie

APPEL URGENT

ENLEVEMENT AVEC CRAINTE DE MAUVAIS TRAITEMENT DISPARITION FORCEE

Une famille est de nouveau touchée par l’enlèvement d’un de ses enfants. La famille Toumi, vivant à Alger, est victime de harcèlement de la part des autorités depuis de nombreuses années. Un de ses fils, Toumi Said avait été enlevé en 1994 et reste à ce jour disparu. Un autre de ses fils Toumi Omar, avait été arrêté et condamné en 1994 pour appartenance à un groupe terroriste puis avait été libéré en 1999 grâce à la loi dite de concorde civile.

Apprenant en décembre 2001 qu’il était de nouveau recherché, il s’est enfui. D’après le témoignage de sa mère, « Omar avait été torturé lors de sa détention et, terrorisé à l’idée de subir la même violence, dès qu’il appris que des policiers étaient à sa recherche, il s’est enfui de la maison. A notre demande, il est rentré à la maison le mercredi 23 janvier 2002, et s’ est mis immédiatement en contact avec son avocat ».

Le samedi 26 janvier, Toumi Omar a quitté son domicile pour se rendre à l’ hôpital et n’en est jamais revenu. La mère a fait le tour des lieux de détention possibles et des tribunaux, sans aucun résultat, « Je me suis rendue au commissariat central… au tribunal d’El Harrach, au tribunal d’ Abane Ramdane …, je ne l’ai pas trouvé».

Le Collectif des familles de disparu(e)s en Algérie (CFDA) est très inquiet quant au sort réservé à ce jeune homme.

Le CFDA a été saisi par d’autres familles de disparus en Algérie qui ont reçu la visite, ces derniers temps, de policiers ou des convocations émanant de différents commissariats pour « enquêtes» concernant un de leurs enfants.

Ces méthodes déjà utilisées durant la décennie passée nous font craindre qu’ il n’y a aucune volonté de la part des autorités algériennes de trouver une solution à cette tragédie.

Rappel des faits

Le jeudi 27 décembre 2001 trois hommes, en civil, armés, se sont présentés au domicile de la famille Toumi, demandant Omar

Furieux de n’avoir pas trouvé Omar, les trois inconnus ont tenu des propos menaçants: « S’il ne se présente pas, nous le ferons disparaître comme nous avons fait disparaître son frère », « si nous avions trouvé votre fils, nous lui aurions tiré dessus sous vos yeux ».

Le vendredi 28 décembre, quatre hommes armés, dont un qui faisait partie des visiteurs de la veille , se sont à nouveau présentés chez la famille Toumi. Ne trouvant pas M.Toumi Omar et devant l’insistance du père à vouloir comprendre, ces individus l’ont brutalisé avant de le conduire par la force au commissariat de son arrondissement, les Eucalyptus. M. Toumi demandant encore une fois des explications a reçu pour toute réponse, par le commissaire « ne cherchez pas à comprendre, vous avez intérêt à livrer votre fils le plus tôt possible » « au commissariat de votre choix ».

Terrorisé à l’idée de subir la même violence que lors de sa première arrestation, Omar s’était enfui de la maison dés qu’il apprit que des policiers étaient à sa recherche.

Convaincu de renoncer à se cacher et de consulter un avocat, Toumi Omar est rentré au domicile familial mercredi 23 janvier 2002.

Le samedi 26 janvier T.Omar est sorti de chez lui pour se rendre à l’hôpital et ses parents ne l’ont pas revu à ce jour.

Le vendredi 1er février 2002, la famille Toumi a reçu un appel téléphonique anonyme d’une personne les informant qu’elle avait été détenu avec leur fils,Toumi Omar, au commissariat central Boulevard Amirouche à Alger, jusqu’ au jeudi 31 janvier 2002, et que celui-ci allait être présenté au parquet d’ Alger, samedi suivant.

Mme Toumi, s’est présentée au Tribunal d’Alger, on l’a renvoyé vers un autre commissariat, « après avoir fait le tour…, un policier du commissariat central, m’ a avoué que mon fils Omar était bien détenu chez eux, pour interrogatoire ».

D’après une source d’information de la famille, Toumi Omar aurait été transféré dimanche 3 février du commissariat central à la caserne de Ben Aknoun de la BRB.

D’après une autre source d’information, Toumi Omar aurait été ramené au commissariat central ce mercredi 5 février 2002.

Le cas de M. Toumi Omar illustre bien le calvaire vécu par les familles touchées par des disparitions forcées : tournée des casernes, gendarmeries, commissariats, tribunaux sans obtenir la moindre information.

Le délai légal de garde à vue de 12 jours en Algérie étant dépassé, nous réclamons :

· La connaissance de la raison de cet enlèvement

· La libération immédiate de Toumi Omar ou la comparution officielle à la justice

· Une enquête sur les circonstances et les auteurs de sa disparition.

Collectif des familles de Disparu(s) en Algérie
21 ter, rue Voltaire - 75011 Paris
Tel/fax : 00 33 (0) 1 44 43 87 82

 

 
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