|
|||||
|
Amnesty International: (AI 3.3.99, Index MDE 28/02/99) ALGÉRIE : Qui sont les " disparus " ? cas d'appels Au cours des dernières années, Amnesty International a constitué des dossiers sur quelque 3000 cas de personnes " disparues " en Algérie depuis 1993. Ces personnes ont été interpellées à leur domicile et sur le lieu de travail ou en d'autres endroits, par des membres des forces de sécurité, mais les autorités déclarent tout ignorer de leur lieu de détention. Nous exposons ci-après à titre d'exemples quelques cas de " disparition ". Les victimes qui appartiennent à toutes les couches de la société sont iriginaires de toutes les régions du pays : jeunes et vieux, membres de professions libérales et chômeurs, riches et pauvres, hommes et femmes, habitants des villes et des régions rurales. Beaucoup de " disparus " ont été arrêtés en présence de leur famille, de leurs collègues ou de leurs voisins par des membres des forces de sécurité qui n'ont ni décliné leur identité ni présenté de mandat. Ils ont ensuite été maintenus et détention secrète, ce qui constitue une violation de la législation algérienne et du droit international relatif aux droits humains. Un grand nombre d'entre eux ont apparemment été arrêtés car on les soupçonnait d'être liés d'une manière ou d'une autre avec un groupe armé. D'autres ont simplement été dénoncées. Dans d'autres cas encore, la " disparition " n'a pas de raison apparente. Les familles sont en première ligne du combat entrepris pour obtenir des ionformations sur le sort des " disparus ", mais elles ne reçoivent que rarement des réponses, au demeurant succintes, des autorités. Leur campagne menée avec l'aide de quelques avocats algériens courageux spécialisés dans le domaine des droits humains et des organisations internationales à l'étranger a toutefois brisé le tabou qui pesait jusqu'alors sur la question des " disparitions " en Algérie. Le présent document accompagne le rapport intitulé Algérie. La fin du silence sur les " disparitions ", (index AI : MDE 28/01/99) dans lequel le problème des " disparitions " en Algérie est abordé en détail. D'autres cas de " disparitions " sont également exposés dans ce rapport. Allaoua Ziou Allaoua Ziou, agriculteur d'une trentaine d'années, a été arrêté le 1er janvier 1995 à Héliopolis, un village de la wilaya (préfecture) de Guelma, dans l'est de la gendarmerie. Personne n'a revu cet homme depuis son interpellation par la gendarmerie. Quatre autres habitants du village auraient " disparu " à peu près en même temps, dans des circonstances similaires. La famille d'Allaoua Ziou s'est adressée aux autorités, notamment à la gerdermarie d'Héliopolis, pour obtenir des informations sur son lieu de détention et les raisons de son arrestation, mais elle n'a pas reçu de réponse. Allaoua Ziou, né en 1967, vivait à Héliopolis, oì il était éleveur. Il passait la plus grande partie de son temps à s'occuper de ses animaux et ne rentrait au domicile familial que pour partager le repas du soir avec sa mère et emporter de la nourriture pour la journée du lendemain. Quand il se déplaçait entre sa maison et sa ferme, il s'arrêtait dans le village pour rencontrer ses amis et faire la pière. Lorsqu'il est reparti s'occuper de ses animaux dans la soirée du 1er janvier 1995, Allaoua Ziou a été suivi par plusieurs hommes en civil. Plusieurs personnes ont vu ces hommes l'appréhender et le faire monter dans une voiture à proximité du cimetière des martyrs. Les témoins auraient suivi la voiture jusqu'à son entrée dans une caserne de gendarmerie. Allaouia était seul à la ferme, ses proches ne se sont aperçus de da disparition que le lendemain matin. Cet jhomme n'avait jamais été arrêté auparavant. La famille d'Allaouia Ziou a écrit au président de la République, aux ministres de la Justice et de l'Intérieur ainsi qu'au Procureur général et à l'Observatoire national des droits de l'Homme (ONDH), organisme dépendant du président. Aucune information ne lui a été fournir sur le lieu de détention d'Allaoua Ziou. A la suite de demandes adressées par des organisations de défense des droits humains, l'ONDH a affirmé qu'Allaouia Ziou était un " terroriste " et qu'il avait rejoint un groupe armé. La famille n'a pas été du tout convaincue par cette réponse : pourquoi, par exemple, l'ONDH ne lui avait-il pas fourni ce renseignement plus tôt, alors qu'elle demandait sans relâche des nouvelles aux autorités depuis un an et demi ? Mohamed Ziou, médecin à Guelma et frère d'Allaouia Ziou, a été arrêté à son domicile le 27 septembre 1995 et maintenu en détention secrète pendant trente jours, apparemment au poste de gendarmerie de Héliopolis, avant d'être remis en liberté sans inculpation le 28 octobre 1995. Amine Amrouche Amine Amrouche, un apprenti menuisier de 21 ans sans emploi, est sorti de chez lui à Baraki, un quartier de la banlieue d'Alger, vers 15heures le 30 janvier 1997. Des amis l'ont aperçu dans le quartier vers 16 heures et personne de l'a revu depuis. Bien qu'il n'y ait pas eu de témoin, on pense qu'il a été victime d'un enlèvement. Plusieurs autres jeunes gens auraient " disparu " à Baraki au cours de la même semaine. La mère d'Amine, Nassera Yous, qui a la double nationalité française et algérienne et qui vit en France, s'est rendue en Algérie en février 1997, mais elle n'a pu obtenir des autorités aucune information à propos de son fils. Elle a appris confidentiellement, par l'intermédiaire des forces de sécurité, qu'il était détenu à l'isolement au commissariat de Baraki. La police a toutefois nié connaître le lieu de détention du jeune homme. Fatima Yous, la grandmère d'Amine, chez qui il vivait, s'est présentée à la gendarmerie pour s'enquérir du sort de son petit-fils ; elle a été insultée et expulsée des locaux. La famille du jeune homme a charché à savoir ce qu'il était devenu auprès des tribunaux, des hôpitaux et de la morgue, mais elle n'a pu avoir aucune nouvelle. Un ami d'Amine a suggéré que celui-ci avait peut-être été emmené pour effectuer son service militaire. Un conscrit en permission s'est présenté au domicile familial le 30 mars 1997 et a affirmé avoir vu Amine dans une caserne d'Oran. Il a ajouté que celui-ci avait été atteint par deux balles lors d'une tentative de désertion. La famille s'est rendue dans tous les hôpitaux et casernes d'Oran sans trouver trace du jeune homme. En novembre 1997, la mère d'Amine Amrouche a entendu dire que son fils était détenu dans une prison militaire au cdentre d'Alger. Amine Amrouche n'avait jamais été arrêté auparavant. Depuis sa " disparition ", sa mère et sans grand-mère consacrent tout leur temps à découvrir la vérité sur son sort et sur celui de milliers d'autres personnes " disparues " en Algérie. La mère d'Amine a reçu un chox quand son beau-frère, Mphamed Cheridji, un contre-maître de 35 ans, cardiaque et atteint de diabète, a " disparu " après avoir été arrêté le 25 janvier 1998 au domicile de sa soeur à Baraki, Alger, par des membres des forcesd de sécurité en civil. Nassera Yous a fondé en 1998 une association regroupant les parents d'enfants " disparus " en Algérie, par l'intermédiaire de laquelle elle fait campagne pour attirer l'attention sur leur sort. Elle a déclaré à Amnesty International : " La disparition d'Amine est un cauchemar qui continue. Tout ce que j'ai envie de savoir, c'est ce qu'il est advenu de mon fils. Est-ce que je demande trop ? ". Amina Benslimane Amina Benslimane, une secrétaire d'une treantaine d'années , a été arrêtée par des policiers à son domicile d'El Harrach, dans la banlieue d'Alger, le 13 décembre 1994 à 8 heures 30, en présence de sa mère. Elle aurait été emmenée au tristement célèbre centre de la sécurité militaire de Chateauneuf, où elle aurait été torturée. Sa mère a écrit au président et au ministre de la Justice, entre autres autorités, mais elle reste sans nouvelles de sa fille. Des amis qui ont des contacts dans l'administration pénitenciaire ont affirmé à la mère d'Amina Benslimane que celle-ci était morte des suites de torture, mais ces rumeurs n'ont pas été confirmées. Amina Benslimane, née en 1966, était célibataire et elle travaillait comme secrétaire chez un ingénieur au moment de sa " disparition ". Elle voulait dénoncer les violations des droits humains en Algérie. Elle avait pris des photographies d'attentats à l'explosif et de maisons détruites par les forces de sécurité, et elle essayait de les faire publier. La mère d'Amina a été interviewée par un journaliste étranger pendant les manifestations organisées par les familles des " disparus " au centre d'Alger le 20 octobre 1997. Les forces de sécurité sont intervenues pour disperser les manifestants. Elles ont arrêté un avocat et confisqué le magnétophone d'un journaliste. L'appareil a été restitué dans la cassette qui contenait des interviews de proches de " disparus " ; les autorités, qui avaient promis de la rendre, l'ont conservée. Aziz Bouabdellah Aziz Bouabdellah, un journaliste de 22 ans, a été arrêté à son domicile dans le quartier de Bouzareah, à Alger, dans la nuit du 11 au 12 avril 1997, en présence de sa mère. Personne ne l'a revu depuis. Le jeune homme a été emmené par trois hommes qui se sont présentés comme des membres des forces de sécurité. Les autorités nient avoir connaissance de cette arrestation. Cependant, dans les jours qui ont suivi, des membres des forces de sécurité ont dit à l'un des anciens collègues d'Aziz Bouabdellah, travaillant pour un autre journal, que celui-ci était détenu au centre de la sécurité militaire à Chateauneuf car on le soupçonnait de liens avec un groupe armé. Aziz avait déjà été arrêté en janvier 1997 et relâché sans inculpation après avoir été interrogé. Aziz Bouabdellah était journaliste au quotidien de langue arabe El Alam Essiyassi (Le Monde politique) au moment de sa " disparition ". En octobre 1998, sa mère a déclaré à Amnesty International qu'elle avait entendu dire qu'il était mort des suites de tortures. La détresse de cette femme était aggravée par le fait que les rumeurs ont été répandues au moment où elle aurait célébré le 24ème anniversaire de son fils s'il n'avait pas " disparu ". Mustapha Benkara Mustapha Benkara, un médecin d'une quarantaine d'années, a été arrêté dans l'hôpital où il travaillait, à Médéa, au sud d'Alger, le 31 mars 1994. Pendant les dix jours qui ont suivi son arrestation, sa famille a appris de sources non officielle qu'il était vivant et en bonne santé mais elle a cessé peu après de recevoir des nouvelles. Lorsqu'elle s'est adressée au commissariat de Médéa, la famille de cet homme a reçu des informations contradictoires. On lui a d'abord dit qu'il avait été emmené dans son lieu de naissance pour " enquête ". Mais quand elle s'est présentée un mois plus tard au même commissariat, les policiers ont prétendu n'avoir jamais entendu parler de lui. Un fonctionnaire du ministère de la Justice aurait dit en juillet 1994 aux proches de Mustapha Benkera que celui-ci avait été vu vivant par un militaire. Des rumeurs répandues dans les deux années qui ont suivi la " disparition " de Mustapha Benkara ont laissé entendre qu'il serait mort en détention. Un avocat spécialisé dans la défense des droits humains s'est enquis du sort de Mustapha Benkara. Il a lui aussi recueilli des informations contradictoires. La police lui a déclaré que ce médecin avait disparu après sa garde à vue tandis que les gendarmes ont prétendu ne pas avoir eu connaissance de cette affaire. Mustapha Benkara avait déjà été arrêté au début de 1993. Il était semble-t-il soupçonné d'avoir été contraint par un groupe armé de soigner l'un de ses membres, qui était blessé, et de ne pas en avoir informé les autorités par la suite. Les gendarmes l'avaient relâché au bout de quelques heures après avoir fouillé sa maison. Mustapha Benkara, né en 1953, est marié et père de deux enfants. Il était chef du service de chirurgie à l'hôpital de Médéa au moment de sa " disparition " et avait été candidat du Front de Libération Nationale (FLN) aux élections législatives de 1991. Fayçal Benlatrèche Fayçal Benlatrèche, un lycéen d'une vingtaine d'années, a été arrêté en présence de sa famille à son domicile de Constantine, dans l'est du pays, le 12 mars 1995 à minuit et demi par des membres de la sécurité militaire vêtus de tenues de combat et le visage recouvert d'un passe-montagne. On ne l'a pas revu depuis cette date. Cinq autres jeunes gens ont été arrêtés la même nuit à Constantine. Les familles de Fayçal et des autres jeunes gens ont écrit aux autorités algériennes, mais elles n'ont pas reçu de réponse. L'arrestation de Fayçal Benlatrèche n'a jamais été officiellement reconnue par les autorités. Fayçal, né en 1975, se préparait au moment de sa " disparition " à passer le baccalauréat à la session de juin 1995. Il avait déjà été arrêté et détenu pendant six jours dans la prison centrale de Constantine avec son frère cadet, qui n'avait que 17 ans à l'époque. Les deux adolescents avaient été battus puis libérés sans inculpation. Leur père avait également été interrogé par la police à propos de son vote aux élections législatives de 1991. Abdelkrim et Benatia Derouiche Abdelkrim Derouiche, 31 ans, épicier et entraîneur de football, a été enlevé dans son magasin de Relizane, dans l'ouest du pays, dans la soirée du 22 août 1996. Personne ne l'a revu depuis cette date. L'épicerie se trouve dans la maison d'Abdelkrim ; ses collègues, un parent et plusieurs voisins ont vu des hommes en civil, le visage recouvert d'un passe-montagne, arriver à bord de deux voitures et l'emmener. Les témoins ont relevé le numéro d'immatriculation d'un des véhicules mais les recherches n'ont rien donné. La famille d'Abdelkrim Derouiche soupçonne la garde communale d'être responsable de son arrestation. En effetm dans la matinée du 22 août 1996, un garde communal qui devait de l'argent à Abdelkrim l'avait menacé de représailles s'il refusait de lui donner des produits alimentaires sans le faire payer. Deux jours plus tard, le 24 août 1996 vers 22 heures 30, Benatia, le frère d'Abdelkrim, âgé de 33 ans, qui s'était enquis des raisons de l'arrestation de son frère, a été arrêté à son domicile de Relizane en présence de sa femme et de ses deux enfants par une vingtaine d'homme armés, le visage recouvert d'un passe-montagne. Benatia Derouiche avait été membre d'un groupe armé, mais il s'était rendu aux autorités dans le cadre de la loi de février 1995 portant mesure de clémence (rahma) qui prévoit l'abandon des poursuites ou une réduction de peine pour les personnes coupables d'actes de " terrorisme " qui se rendent et font acte de repentir. Il avait été détenu quelques jours puis relâché. On est sans nouvelles de Benatia Derouiche depuis le 24 août 1996. Omar Dahmani Omar Dahmani, un homme d'affaires de 49 ans, a été arrêté le 8 avril 1995 à son domicile d'Amirouche dans la wilaya de Relizane en présence de sa famille ; on ne l'a pas revu depuis cette date. Des membres des forces de sécurité -certains vêtus d'uniformes de combat et portant des bérets rouges, d'autres en uniforme vert et deux qui avaient le visage recouvert d'un passe montagne- son arrivés à bord de véhicules blindés semblables à ceux utilisée par la sécurité militaire. Ils n'ont pas décliné leur identité, ils ont simplement crié " Police, ouvrez ! ", avant d'emmener Omar Dahmani. Les demandes d'informations adressées au procureur de Relizane ainsi qu'à l'ONDH et au ministère de l'Intérieur sont restées sans réponse. M'hammed Mohammedi M'hamed Mohammedi, un commerçant de 63 ans, a été arrêté le 5 octobre 1996 à 21 heures 30 à son domicile, dans un village de la wilaya de Relizane, par des membres de la garde communale. Des voisins et des passants ont vu cet homme monter à bord d'une Renault 25 appartenant à la garde communale. Sa famille a appris qu'il avait été détenu une nuit à Relizane puis transféré dans une caserne de Kaïla. On est sans nouvelles de lui depuis cette date. Mohammed Salah Aiachi Mohamed Salah Aiachi, inspecteur du Trésor Public de Constantine, dans l'est du pays, âgé de 59 ans, a été arrêté sur son lieu de travail le 28 juin 1995 par quatre ou cinq personnes qui se sont présentées comme des agents de la Sûreté nationale. Des membres de ce service était déjà venus plusieurs fois et ils avaient fouillé son bureau en son absence. Mohamed Salah Aiachi aurait été dénoncé par une lettre anonyme comme sympathisant du Front islamique du salut (FIS). Sa famille, qui s'est enquise de son sort auprès des autorités compétentes, a reçu une réponse de l'ONDH affirmant que Mohamed Salah Aiachi avait été enlevé par un groupe non identifié. Les forces de sécurité et les autorités n'ont toutefois mené aucune enquête, elles n'ont interrogé ni sa famille, ni les témoins de l'enlèvement, comme elles le font généralement pour les personnes enlevées par des groupes armés. Un homme arrêté à peu près en même temps que Mohamed Salah Aiachi et relâché par la suite a déclaré à la famille de cet homme qu'il l'avait vu et qu'il lui avait parlé dans une prison de la région de Constantine, où ils étaient tous deux incarcérés en septembre-octobre 1995. Salim Bougherara Salim Bougherara, 26 ans, commerçant dans l'import-export, a été arrêté le 5 avril 1998 à minuit et demi à son domicile de Bouroubaa, à Alger, par des membres des forces de sécurité en uniforme de l'armée. On ne l'a pas revu depuis cette date. Le domicile de cet homme est situé à proximité d'un poste de contrôle de l'armée, et l'opération s'est déroulée en présence de membres de sa famille et sous les yeux des soldats gardant le poste de contrôle. Des témoins ont vu les membres des forces de sécurité qui ont emmené Salim Bougherara s'entretenir avec les soldats après l'arrestation de celui-ci. Nacereddine Batach Nacereddine Batach, urbaniste de 37 ans, marié et père de cinq enfants, a été arrêté sur son lieu de travail -la Mairie d'Alger- en présence de ces collègues, le 20 février 1994 à 14 heures par qutre policiers en civil. On ne l'a pas revu depuis cette date. Les policiers qui étaient venus à la mairie plus tôt dans la journée avaient présenté leurs cartes d'identité ; ils avaient été obligés de revenir car Nacereddine Batach était absent lors de leur premier passage. Ali Lakhdar-Chaouch Ali Lakhdar-Chaouch, un chirurgien orthopédique de 27 ans, a été arrêté le 1er avril 1997 à l'hôpital de Kouba, à Alger, où il travaillait. Il a été emmené par des membres des forces de sécurité vers 2 heures du matin alors qu'il était de garde. Personne ne l'a revu. Naïma et Nadjoua Boughaba Naïma et Nadjoua Boughaba, deux soeurs d'une vingtaine d'années, secrétaires au tribunal d'El Harrach, dans la banlieue d'Alger, ont été arrêtées le matin du 12 avril 1997 alors qu'elles se rendaient à leur travail. On est sans nouvelles d'elles depuis cette date. Kaddour Aouimeur Kaddour Aouimeur, un pilote d'Air Algérie âgé de 34 ans, a été arrêté par des policiers en civil sur son lieu de travail, l'aéroport Houari-Boumedienne, à Alger, le 15 avril 1995. Une vingtaine de jours après son arrestation, un ancien prisonnier qui avait été détenu au centre de la sécurité militaire de Chateauneuf a affirmé à la famille de cette homme que celui.ci y était détenu. Aucune nouvelle n'est arrivée depuis. Mustapha Badrani Mustapha Badrani, un joykey de 31 ans, a été arrêté devant son domicile de Bachdjarah, dans la banlieue est d'Alger, le 3 novembre 1993, au cours d'une rafle des forces de sécurité dans le quartier. On ne l'a pas revu depuis cette date. Merouane Benbelkhair Merouane Benbelkhair, un adolescent de 17 ans sans emploi, a été arrêté avec son frère aîné à leur domicile de Kouba, à Alger, le 3 janvier 1997 vers 19 heures au cours d'une rafle des forces de sécurité. Son frère a été relâché au bout de huit jours mais Merouane a " disparu ". Une lettre de la police rejette toute responsabilité pour son arrestation. Lakhdar Bendadi Lakhdar Bendadi, un ouvrier boulanger de 49 ans, a été arrêté le 10 août 1994 avec son fils de 27 ans à son domicile de Sig, dans l'ouest du pays, et emmené au poste de police. Le fils a été rapidement relâché mais Lakdar a " disparu ". Sa famille a appris qu'il était détenu dans une prison militaire secrète. Hamid Taleb Hamid Taleb, 35 ans, ouvrier dans une fabrique de chaussures de Bordj el Kiffan, dans la banlieue d'Alger, a été arrêté en présence de ses collègues le 11 octobre 1994. Il aurait été détenu au poste de police de Ban el Zouar pendant quinze jours, à l'issue desquels il a " disparu ". Boualem Djaiti Boualem Djaiti, un enseignant de 37 ans, marié et père de trois enfants, a été arrêté à son domicile de Sidi Daoud, dans la wilaya de Boumerdès, le 2 septembre 1995 par des membres des forces de sécurité, parmi lesquels figuraient des militaires et des gardes communaux. Il a " disparu ". Abdelkamel Rachedi Abdelmalek Rachedi, chef-pâtissier de 28 ans, a été arrêté avec deux de ses cousins le 19 avril 1996 vers 19 heures à un barrage routier de Sétif, dans l'est du pays, par des membres des forces de sécurité appartenant à plusieurs services. La voiture qu'il conduisait a été saisie. Ses deux cousins ont été relâchés mais lui, personne ne l'a revu. Un jeune honne qui avait été détenu avec lui a, après sa libération, informé sa famille qu'il l'avait rencontré en détention et il lui a remis les chaussures qu'il portait. Taleb Sai Taïeb Sai, un chauffeur de taxi né en 1959, a été arrêté le 7 décembre 1996 vers 2 heures du matin à son domicile du Gué de Constantine, dans la banlieue d'Alger. Sa famille a appris qu'il avait été incarcéré dans différents centres de détention, mais elle ne sait rien de plus à son sujet. Samir Guerrab Samir Guerrab, étudiant ingénieur de 24 ans, a été arrêté par des membres des forces de sécurité le 8 novembre 1994 vers 4 heures 30 du matin à son domicile de Boufatis, wilaya d'Oran, dans l'ouest du pays. Emmené en pyjama à la gendarmerie locale, il a été transféré à Dar el Beida où il a été détenu pendant huit jours. Il a ensuite été de nouveau transféré. On est sans nouvelles de ce jeune homme. Djamaleddine Fahassi Djamaleddine Fahassi, un journaliste de 41 ans, a " disparu " le 6 mai 1995 après son arrestation devant un café d'El Harrach, dans la banlieue d'Alger. Yacine Boulasbaa Yacine Boulasbaa, 24 ans, employé paramédical dans un hôpital d'Alger, a été arrêté à son domicile le 25 décembre 1995 vers une heure du matin par des membres des forces de sécurité. On est sans nouvelles de lui depuis cette date. .
|
|||||
|
www.algeria-watch.org
|
|||||