| |
|
Disparus, les familles reviennent à la charge
« Nous irons ailleurs si... »
Djamel B., Le Matin, 23 septembre 1999
Déçues par les propos tenus par Bouteflika à la salle Harcha, le 15 septembre, la veille du référendum, les familles des disparus reviennent à la charge et menacent de recourir à certaines ONG internationales pour se faire entendre à Alger.
« Nous sommes 22 000 décidés à nous battre jusqu'au bout et à préparer nos enfants et arrière-petits-enfants à continuer notre combat », affirme calmement une vieille dame qui dit avoir voté pour Zeroual en 1995 et pour Bouteflika en 1999.
« Nous avons cru en lui et en la concorde civile mais, dit-elle, Bouteflika ne semble plus s'intéresser à nous. » Selon elle, relayée par plusieurs personnes, leur patience ne peut aller au-delà de la fin de cette année. « Plusieurs ONG internationales et organisations des droits de l'Homme nous ont contactés pour nous dire leur soutien. » Elles n'attendent que le feu vert de l'association pour lancer une campagne de presse sur le sujet.
« Que Bouteflika, qui a pardonné à des terroristes, nous dise au moins où sont les 4 039 enlevés recensés par l'administration de l'Intérieur et on parlera ensuite des 18 000 autres cas. » Une dame, la quarantaine, accompagnée d'un garçon de six ans, lance, entre deux sanglots : « Je veux mon mari, je ne demande ni logement ni dédommagement, uniquement revoir mon mari. » Certaines affirment avec conviction qu'elles savent où se trouvent leurs « enlevés » et qui les ont enlevés. Selon une dame, les familles de disparus, qui ont repris leur sit-in hebdomadaire devant le siège de l'ONDH de Rezzag Bara, envisagent d'observer une grève de la faim dans les prochains jours. Pour ces mères, reconnaître « officiellement » le problème des disparus « n'est plus suffisant ».
Excédée, l'une d'elles tient à faire la différence entre le neveu du Président qui a disparu avant l'avènement du terrorisme et tous les disparus de l'après-janvier 1992. « Il n'y a pas de comparaison », dit-elle. En attendant, leur calvaire s'étale tous les mercredis devant Rezzag Bara.
retour
|
|
|