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| Observatoire des droits humains en Algérie (ODHA) | |||||
Témoignage d’un rescapé de la torture à Relizane B. El Hadj, 1993
Moi, citoyen B.
El Hadj, demeurant à Relizane, témoigne
avoir vécu les faits suivants de la part des services de sécurité lors
de mon arrestation. Lorsque je fus conduit à l’intérieur de l’un de leurs véhicules, je découvrais d’autres citoyens arrêtés avant moi, les poignets ligotés, les yeux bandés, la bouche bâillonnée et jetés à plat-ventre dans le fourgon. A notre arrivée sur le lieu de détention, nous fumes jetés à dix-huit
dans une cellule étroite qui ne pouvait contenir en temps normal
que quatre personnes. Le 2e jour commença le véritable interrogatoire individuel. Quand nous arrivions individuellement dans la salle de torture, nous trouvions celui qui nous avait précédé entre la vie et la mort du fait des tortures subies. Les vivants ressemblaient à des morts. J’ai vu un homme pendu, totalement déshabillé, les poignets et chevilles ligotés, la tête en bas. J’ai assisté à l’épreuve de l’eau sale qu’on faisait ingurgiter jusqu’à l’asphyxie puis à l’épreuve de l’électricité avec les fils qu’on plaçait sur le corps. J’ai vu des suppliciés à qui on a coupé les doigts avec des pinces. Des citoyens se sont vus mutiler leurs organes génitaux et arracher les cheveux et la barbe. D’autres ont été menacés de voir les membres de leur famille subir le même sort. Puis après toutes ces horribles épreuves, vient l’étape de la confection des chefs d’inculpation mensongers. Puis parfois les tortionnaires passaient à la phase de l’action psychologique par le dialogue et les manœuvres. Et le cycle de l’interrogatoire reprenait de plus belle. On nous montrait des photos de citoyens torturés pour nous terroriser et nous pousser à faire de faux aveux selon leur propre scénario. Certains suppliciés cédaient et faisaient des aveux imaginaires. Tous ceux parmi nous qui avaient une activité commerciale et possédaient des marchandises ou un véhicule, se les voyaient subtiliser. C’était leur manière de nous punir. De temps à autre des détenus étaient emmenés
par leurs tortionnaires pour ne plus réapparaître. Seul
Dieu sait le sort qui leur avait été réservé. Témoignage
recueilli en juin 2004.
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www.algeria-watch.org
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