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| Observatoire des droits humains en Algérie (ODHA) | |||||
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Dossier Le Carnage de la prison de Berrouaghia El Hadj Melik: Témoignage d’un père de victime*Observatoire des droits humains en Algérie (ODHA), 2 avril 2005 Je m’appelle El Hadj Melik, père de Mourad Melik mort à la prison de Berrouaghia lors du carnage qui s'y est déroulé en novembre 1994. Nous sommes allés comme d’habitude à la visite bimensuelle de notre fils à la prison. C’était un lundi. A notre arrivée, le 14 novembre, nous avons constaté une situation étrange. Les forces de sécurité nous ont empêché de nous approcher de la prison. Ils nous ont dit de partir et de revenir après quelques jours. Huit jours après, j’ai reçu un télégramme du tribunal de Berrouaghia. Lorsque je me suis présenté, on m’a annoncé la mort de mon fils à la prison, sans me donner d’autres précisions. J’ai demandé alors à récupérer la dépouille de mon fils pour la ramener chez moi afin que la famille puisse s’y recueillir avant l’enterrement. Le préposé du tribunal me répondit que cela était impossible car ils auraient été « ensevelis » après avoir été tués puis pour reprendre le terme du fonctionnaire du tribunal. Ils ne m’ont donné aucune information sur les circonstances de la mort ni sur le lieu de l’enterrement. Depuis je cours dans tous les sens pour recueillir des informations sur mon fils. J’ai provoqué un scandale au tribunal. Je voulais savoir où était enterré mon fils. Devant cette effervescence provoquée, on décida alors de m’emmener sur le lieu de l’enterrement. Il y avait quatre tranchées. Mais eux-mêmes ne savaient pas où avait été enseveli mon fils. Malgré cela je continuais à courir pour avoir des renseignements ou un jugement sur la mort de mon fils. On m’a dit que les prisonniers s’étaient entre-tués. Ce qui était archi-faux. Nous avions trouvé un nombre impressionnant de militaires sur place. On aurait cru que toute l’armée algérienne avait été déplacée sur les lieux. A ce jour, je n’ai pu avoir aucune information fiable sur les circonstances du décès. Trois mois après ce drame, la mairie m’a délivré un certificat de décès. La mort remontait au 14 novembre 94. (1) El Hadj Melik, âgé de 73 ans, demeurant à Alger, père de 8 enfants, ancien maquisard de la guerre de libération nationale, invalide de guerre (70%), a été arrêté à son domicile à Alger le vendredi 14 avril 2000 à 20 heures, en présence de sa famille par douze civils armés se réclamant de la sécurité militaire. Il sera embarqué, en pyjama, dans une voiture banalisée de type Renault 21 de couleur marron. La veille, des gendarmes s'étaient présentés à son domicile pour l’interroger sur ses deux fils, l’un exilé en Europe depuis 1991, l’autre ayant rejoint le maquis en 1993. Le 16 avril, des gendarmes sont revenus au domicile à 17 h pour effectuer une perquisition. Ces gendarmes, dirigés par un certain B. A., laisseront à son épouse une déclaration de perquisition dans laquelle était précisé qu’ils n’avaient rien trouvé de suspect au domicile du disparu. Un témoin détenu jusqu’au 20 avril 2000 aurait déclaré formellement avoir reconnu Hadj Melik au centre de la sécurité militaire de Châteauneuf. Le malheureux a disparu depuis cette date. |
0- Le carnage de la prison de Berrouaghia 1- La situation carcérale avant le carnage 2- Témoignage du capitaine Ahmed Chouchène 4- M. Djebbar, Blida: "le carnage de Berrouaghia a été voulu" 5- El Hadj Melik: Témoignage d’un père de victime 6- La manipulation: témoignage d'Iskander Debbache, journaliste |
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