Observatoire des droits humains en Algérie (ODHA)  
   

Trois frères tués, aucun cadavre

Les frères Ammari

Observatoire des droits humains en Algérie (ODHA), Algeria-Watch, Correspondance, juillet 2003

Ammari Abdelhamid, né le 3 décembre 1965 à Batna, célibataire, fraiseur industriel dans une entreprise militaire, adhérent au FIS. Lors d'une visite chez son frère dans le quartier Diss Bouakal de Batna un ratissage des forces combinées est effectué dans la nuit du 25 au 26 novembre 1993. La maison du frère a été criblée de balles, tout le mobilier détruit. D'après les témoins occulaires, Abdelhamid aurait été tué par des policiers alors qu'il se cachait dans une douche publique. L'ambulance a emmené la dépouille à la morgue mais la famille n'a pas pu l'identifier ni l'enterrer. Aucun certificat de décès n'a été délivré à la famille. La seule trace écrite est une indication dans le journal En-nasr daté du 29 novembre 1993 qui le présente comme un terroriste abattu. La famille s'est adressée à la police, en 1994, au procureur général de Batna en 1994 et en 2003, à la Présidence en 2000 et 2001 sans obtenir de réponses. La mère du défunt fut convoquée par la police pour le 3 juillet 2002 pour être interrogée sur le sort de ses trois fils. Aucune enquête n'avait été effectuée pour établir les circonstances exactes de sa mort.

Ammari Lamine, né le 6 mars 1967 à Batna, célibataire, ajusteur de précision dans la même société que son frère Abdelhamid, adhérent au FIS. Après la mort de son frère il était recherché. Afin d'éviter une arrestation, il monta au maquis à Theniet El-Abed. En octobre ou novembre 1994, ils descendirent à trois des montagnes pour chercher de l'eau et tombèrent dans une embuscade. D'après le témoignage de ses amis (tués quelques mois plus tard) Lamine Ammari fut tué, transporté dans un camion militaire vers le village d'Arris et enterré dans une fosse commune. Aucun certificat de décès n'a été délivré à la famille qui n'a obtenu aucune réponse à ses demandes adressées à la police, en 1994, au procureur général de Batna en 1994 et en 2003, à la Présidence en 2000 et 2001. La mère du défunt fut convoquée par la police pour le 3 juillet 2002 pour être interrogée sur le sort de ses trois fils. Aucune enquête n'avait été effectuée pour établir les circonstances exactes de sa mort.

Ammari Salim, né le 8 juillet 1969 à Batna, célibataire, professeur des beaux-arts dans un lycée. Le 18 novembre 1993 vers 10h du matin, il se déplaçait avec deux amis dans une voiture de marque Honda civic, quand une voiture de police de marque golf a tiré sur eux près de la garde de chemin de fer, tuant une personne du nom de Saada Noureddine qui se trouvait par hasard sur les lieux. Salim Ammari et le chauffeur de la voiture ont été arrêtés, menottés et emmenés dans la golf au siège de la sûreté nationale. D'après un témoin connu de la famille il aurait été torturé à mort. Aucun certificat de décès n'a été délivré à la famille qui n'a obtenu aucune réponse à ses demandes adressées à la police, en 1994, le procureur général de Batna en 1994 et en 2003, à la Présidence en 2000 et 2001. La mère du défunt fut convoquée par la police pour le 3 juillet 2002 pour être interrogée sur le sort de ses trois fils. Aucune enquête n'avait été effectuée pour établir les circonstances exactes de sa mort.

La famille n'a pu connaitre les circonstances exactes de la mort de ses fils et n'a pu récupérer les dépouilles pour les enterrer dignement.

   
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