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Procès MDN-LE MATIN, Aujourd’hui Des témoins pour Benchicou Par Mourad Belaïdi, Liberté, 6 juillet 2004 Fait important aujourd’hui : des victimes des évènements de T’kout seront au tribunal pour réaffirmer devant la cour que la torture a bien eu lieu. En prison depuis le 14 juin dernier à la maison d’arrêt
d’El-Harrach, le directeur du Matin, Mohamed Benchicou, comparaîtra,
aujourd’hui, devant le tribunal de Sidi M’hamed, rue Abane-Ramdane à Alger
sur plainte déposée par le ministère de la Défense
nationale qui a engagé des poursuites judiciaires suite à la
publication de témoignages de jeunes citoyens de T’kout.
Ces derniers ont affirmé avoir été torturés
après leur arrestation par la gendarmerie lors des évènements
qui ont secoué cette région. Le directeur du Matin ainsi
que la journaliste auteur de l’article, Abla Chérif, sont
accusés de diffamations et d’outrage à une institution
officielle. Une copie des faits reprochés, jointe à la
convocation, accuse la journaliste d’avoir inventé des propos
relatant des actes de tortures “croyant pouvoir diffamer et porter
atteinte à l’honneur d’une institution de la République
sans preuve”, peut-on lire dans le document. Mohamed Benchicou
est, pour sa part, accusé d’avoir porté atteinte à l’honneur
des Moudjahidine dans une de ses chroniques consacrée aux jeunes
de T’kout. Le procès d’aujourd’hui drainera
sûrement une grande foule de la corporation, des représentants
de la société civile et des citoyens qui viendront apporter
leur soutien à Mohamed Benchicou qui est incarcéré depuis
22 jours. Sept jeunes de la ville, victimes de tortures prendront part
au procès. Ils seront cités par les avocats de la défense
comme témoins. La journaliste du Matin, Abla Cherif, rencontrée
hier au siège de son journal, semble confiante et déterminée
tout en affirmant qu’elle n’a rien à ajouter par rapport à ce
qu’elle a écrit sur cette affaire. “Les témoins
sont au nombre de sept pour affirmer la véracité des propos
tenus”, et d’ajouter : “Il est cependant important
qu’un premier procès soit tenu pour la première fois
en Algérie”. Il est à rappeler que le procès
en appel, des 27 jeunes détenus à la suite des manifestations
dans cette localité de l’Est algérien, tenu le mois
dernier, a été l’occasion pour les détenus
de prouver par leurs témoignages que la torture avait effectivement
eu lieu. Ils ont exhibé devant la cour les traces encore visibles
des sévices endurés. Les différents comptes rendus
des correspondants de presse et de rapporteurs, dépêchés
sur les lieux pour la circonstance juste après les émeutes,
ont confirmé la pratique de la torture. Certains de ces victimes
n’ont pas hésité à raconter même publiquement
la manière dont il a été porté atteinte à leur
dignité et les pratiques déshonorantes qu’ils ont
eu à subir dans les locaux de la gendarmerie. Il est à rappeler
que les mêmes faits ont été dénoncés
au cours des évènements par les avocats chargés
de la défense des détenus, lesquels avaient organisé une
conférence de presse pour alerter l’opinion nationale et
internationale.
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www.algeria-watch.org
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