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DROITS
DE L’HOMME
Salah-Eddine Sidhoum se rend à la justice L'Expression,
1 octobre 2003 Dans le but de ne
pas être «enterré», le concerné a
entamé une grève de la faim totale à partir de sa
cellule d’isolation, sise à Serkadji.
Un véritable drame humain est en train de se jouer en ce moment.
Le docteur Salh-Eddine Sidhoum, défenseur des droits de l’homme,
se trouve en prison depuis ce lundi. Il y a entamé une grève
de la faim totale, c’est-à-dire sans sucre et sans eau,
depuis ce mardi en vue de se faire entendre par les autorités
avant qu’il ne soit trop tard. La «première réaction» des
autorités pénitentiaires ne s’est guère faite
attendre, selon des sources proches du dossier de la défense,
constituée par un panel composé d’un important nombre
d’avocats de diverses nationalités, tous spécialisés
dans la défense des droits de l’homme.
Salah-Eddine Sidhoum, apprend-on donc, «est mis dans une cellule
isolée, humide, située dans le sous-sol de cette prison
d’ancienne facture, avec une lumière crue laissée
allumée H24. au lieu du matelas d’usage, cet homme de 55
ans n’a que deux couvertures pour dormir». Une fois la grève
de la faim déclenchée, poursuivent nos sources, «les
gardiens sont venus lui enlever l’ensemble de ses effets, y compris
ses effets de toilette et son pyjama, lui déclarant qu’ils
ne les lui rendront pas avant qu’il ne mette fin à cette
grève de la faim».
Le docteur Salah Eddine Sidhoum, affirment les mêmes sources, a
appris incidemment avoir été condamné depuis de
nombreuses années, à vingt années de réclusion
criminelle. Grand défenseur des droits de l’homme, il a
dénoncé les «dépassements commis par certains
corps de sécurité», jouant un rôle de premier
ordre dans la reconnaissance politique du dossier des disparus. Il reste
convaincu que «ce sont les escadrons de la mort et non pas les
terroristes islamistes qui sont venus l’assassiner au lendemain
de sa tonitruante sortie médiatique sur les ondes de la BBC».
Apprenant sa condamnation, donc, il s’est rendu au parquet, demandant «d’être
rejugé comme le prévoit la loi», non sans prendre
le soin de rendre public un communiqué (passé inaperçu)
et constituer un redoutable panel d’avocats de différents
pays. Des sources proches de ces derniers interpellent aussi bien M.Ksentini
que le premier magistrat du pays afin de réserver un traitement
plus humain à cet homme «dont le seul tort est de s’être
exprimé librement dans un moment où la parole ne signifiait
rien moins que la mort» en attendant que la justice se penche de
nouveau, et de manière transparente, sur ce cas.
L’association SOS disparus, dans une conférence de presse
animée hier, a rendu un vibrant hommage au docteur Salah-Eddine
Sidhoum pour ses «courageuses positions en faveur des droits de
l’homme » et « les grands services rendus à la
cause des familles des victimes des disparus».
Le concerné jouit d’une très large mobilisation tant
nationale qu’internationale en sa faveur.
De nombreuses ONG, mais aussi beaucoup de personnalités politiques
de premier plan, ont signé une pétition en sa faveur qu’ils
comptent transmettre au président Bouteflika dans les plus brefs
délais puisque la vie de Salah-Eddine Sidhoum est bel et bien
en danger.
Une affaire à suivre...
Mohamed ABDOUN
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