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Speech donné, le 23/06/04 au Centre culturel « Dylan Thomas », Pays de Galles/Wales. Grande Bretagne.
Soleïman Adel Guémar Pays de Galles, le 23/06/2004 Madame La Ministre, Avant la lecture de mes 3 poèmes* qui vous sont proposés aujourd’hui, permettez-moi de vous lire cette courte introduction écrite à la hâte et qui, je l’espère, arrivera à vous donner un aperçu sur le climat vicié et antidémocratique qui règne dans mon pays, meurtri par un régime militaire maffieux sans foi ni loi. L’Algérie, mon beau pays, source intarissable de mon inspiration,
dont le nord ressemble à s’y méprendre au pays de
Galles, vit sous état d’urgence depuis plus de douze ans. Aujourd’hui, mercredi 23 Juin 2004, Mr Hafnaoui Ghoul, journaliste d’investigation au quotidien « El-Djazaïr News » et militant des droits de l’homme injustement emprisonné depuis le 24 mai dernier a comparu pour la deuxième fois consécutive en l’espace d’un mois devant la justice algérienne aux ordres qui le condamnera à nouveau au cachot. A l’heure où je vous parle, Mr Mohamed Benchicou, directeur du quotidien « Le Matin », croupit en prison, condamné le 14 Juin dernier à deux ans de détention. A l’heure où je vous parle, le pouvoir dictatorial d’Alger
refuse arbitrairement de délivrer son passeport au Dr Salah-Eddine
Sidhoum, chirurgien orthopédiste et militant des droits de l’homme,
ayant dénoncé, preuves à l’appui de longues
années durant, les atteintes flagrantes aux droits de l’homme
en Algérie (torture systématique, disparitions forcées,
exécutions sommaires, etc…). A l’heure où je vous parle, Mr Mohamed Smaïn, militant
algérien des droits de l’homme, vit sous la menace et la
pression des hordes militaro-maffieuses qui font subir, nuit et jour,
aux algériennes et aux algériens épris de justice
et de liberté mille et un calvaires. Le 18 Juin 2004
un militant algérien des droits de l’homme
qui continue à se battre si courageusement en Algérie m’a écrit
ces mots d’une rare intensité : A l’heure où je vous parle aucun des responsables de l’assassinat de plus de 130 jeune kabyles en 2001 n’a été condamné. En plus de ces exécutions sommaires, la répression féroce qui s’est abattue en Kabylie et à Alger sur les jeunes manifestants réclamant l’instauration de la démocratie et l’officialisation de la langue Tamazight (Berbère) –langue ancestrale de l’Algérie- a causé plus de 500 handicapés à vie. En Algérie, chers amis, c’est le règne de l’impunité qui est en vigueur. Et sous le couvert de la fameuse loi de « réconciliation nationale » concoctée par les généraux et le président algériens, c’est l’amnistie des assassins qui est en cours. Après plus de 200 000 morts, des dizaines de milliers de disparus et autant de torturés, ils veulent effacer tout et recommencer à zéro. La répression, comme mode normal de gouvernance, persistera en Algérie tant que la raison d’état et les intérêts économiques, pétrole et gaz aidant, continueront à bâillonner les responsables politiques mondiaux qui continuent à se taire devant l’injustice et la dictature qui y règne. La lutte du peuple algérien pour l’instauration de la démocratie dure depuis de très logues années. L’intégrisme islamiste a servi et sert toujours de prétexte au régime militaire d’Alger pour garder illégitimement les rênes du pouvoir. Ce régime n’a, en vérité, rien à envier à celui de Pinochet au Chili. Il le dépasse dans l’horreur et le machiavélisme. Le pouvoir militaire a longtemps tenté de dissimuler sa volonté dictatoriale originelle et structurelle en utilisant le prétexte de la lutte contre l’intégrisme islamiste qu’il a pourtant lui-même enfanté et encouragé de mille et une manières afin de tuer dans l’oeuf les aspirations démocratiques du peuple algérien. Il en est de même concernant la création et l’utilisation des groupes terroristes islamistes, tel que les GIA (Groupes islamistes armés) appelés communément Groupes islamistes de l’Armée connus pour avoir dépasser en horreur la barbarie intégriste, en commettant les plus grands massacres contre les civils que l’Algérie ait connu depuis ces douze dernières années. Je profite de cette occasion pour interpeller votre humanisme et faire circuler cette pétition** dans les rangs de votre honorable assistance et vous demander de bien vouloir y apposer votre signature réclamant aux autorités algériennes de délivrer son passeport au Dr Sidhoum. C’est un acte très symbolique. Pour faire savoir au pouvoir algérien que le monde entier a les yeux braqués sur lui. Peut-être réfrénera-t-il alors un tant soit peu sa tendance dictatoriale. Comme vous le savez si bien, chers amis, les droits de l’homme et la liberté d’expression sont sacrés et ne peuvent être monnayés ni mis aux enchères. En conclusion, je tiens à vous faire partager ce formidable chant d’espoir de la poétesse française Anna Roger Favre qui, dans les années 40, face au péril fasciste a lancé à la face du monde:« Les chemins de l’humanité est une route de montagne qui monte en lacets. Il semble par moments que l’on revient en arrière alors que l’on monte toujours » Soleïman Adel Guémar (*) : « Etat d’urgence », « Sépultures » et « Le système » (**) : http://www.algeria-watch.org/fr/aw/aw_ses_passeport.htm -------------------------------------------------- Etat d'urgence -1- coups de Rangers sur la gueule -2- coupable d'avoir
dégueulé -3- Tizi pleure ses
fusillés je suis toujours
colonisé - élevé à la
couveuse -4- Alger trahie
ils croient que la pluie ils croient que le feu
ne baisse pas les yeux le jour venu Le système -1- je hurlais mes sbires me répondaient il y a pire
j’ai dessiné un drapeau en berne de toutes façons -S.A.G.-
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www.algeria-watch.org
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