INSTITUT DES DROITS DE L’HOMME
DU BARREAU DE BORDEAUX
HUMAN RIGHTS INSTITUTE OF THE BAR OF BORDEAUX

Maison de l’Avocat-18 & 20, rue du Maréchal Joffre
33000 BORDEAUX-France
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Bordeaux le 1er octobre 03

Monsieur Mohammed CHARFI
Ministre de la Justice
Ministère de la Justice
8, Place Bir Hakem
16030 El Biar
ALGER
ALGERIE

Aff : Dr. Salah-Eddine SIDHOUM

Monsieur le Ministre ;

L’INSTITUT DES DROITS DE L’HOMME DU BARREAU DE BORDEAUX, et l’ensemble des juristes dont les noms suivent, en accord avec AMNESTY INTERNATIONAL, vous font part de leur vive inquiétude, mais aussi de leur indignation concernant les conditions de l’incarcération du Docteur Salah-Eddine SIDHOUM. Ce défenseur des Droits humains avait rassemblé des preuves de violations graves de ces droits par les forces de sécurité, les milices d’Etat armées, et des groupes armés. Victime d’une campagne de calomnies et d’une tentative d’assassinat, il a été condamné à vingt ans d’emprisonnement par contumace en 1997. Pour mettre fin à une vie de fugitif, et recouvrer sa liberté, il s’est présenté le 29 Septembre à la justice.

A la suite de sa présentation au procureur pour faire opposition à ce jugement, et au mépris de la présomption d’innocence, il a été placé en détention à la prison de Serkadji dans une cellule obscure humide et froide et privé de ses effets personnels. Il a immédiatement entamé une grève de la faim pour protester contre les brimades dont il est ainsi l’objet, et revendiquer un traitement humain.

Constatant sa volonté d’obtenir un procès public et équitable , il n’existe aucun motif de craindre qu’il ne s’y présente pas, nous réclamons en conséquence sa libération immédiate.

Il convient d’autre part d’assurer sa sécurité, son intégrité physique et psychologique, ainsi que celles de sa famille, de respecter sa dignité, son droit à la liberté d’expression et d’opinion. Nous rappelons qu’il est nécessaire de lui garantir un procès équitable et public, devant une juridiction indépendante, et en présence d’observateurs d’organisations de défense des droits humains nationales et internationales. A cette fin nous souhaitons naturellement que soit facilité l’obtention de visas pour que les observateurs étrangers puissent se rendre en Algérie sans difficulté pour assister au procès.

Vous remerciant de faire droit à nos requêtes, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de notre considération distinguée.


Maître Brigitte AZEMA-PEYRET
Avocat honoraire
Secrétaire de l’IDHBB pour les Actions extérieures

 

 

 

   
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