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Campagne
Internationale pour la Libération
Chronologie des faits Lundi 29 septembre
2003 (1er jour) Entendu vers 15h par l'adjoint du procureur général, il est transféré à la prison de Serkadji (Alger) vers 17h. Lorsque l'administration
pénitentiaire apprend qu’il a
entamé une grève de la faim pour revendiquer des droits
de détenu politique il est placé dans une cellule au sous-sol
de la prison, cellule humide et éclairée 24h sur 24 d’une
lumière crue l’empêchant de dormir. Il n’a a
sa disposition que deux couvertures, les WC sont à l’extérieur. Salah Eddine Sidhoum publie une lettre ouverte pour annoncer sa décision de se présenter à la Justice algérienne. Le comité de soutien annonce la sortie de M. Sidhoum. Mardi 30 septembre
2003 (2ème jour) 1er jour de grève de la faim totale Salah-Eddine Sidhoum annonce qu’il entame une grève de la faim totale, c’est à dire sans absorption d’eau. L'observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l'homme publie un communiqué dans lequel il s'inquiète pour sa sécutité. Le comité de soutien publie un communiqué annonçant la grève totale de Salah-Eddine Sidhoum Mercredi
1 octobre 2003 (3ème jour) À 17 h « visite » du médecin du bagne dans le cachot. Le docteur Sidhoum a refusé d’être examiné dans cette situation et a demandé à sa consœur de le transférer à l’infirmerie du bagne ce qu’elle a refusé car ayant reçu des instructions de la direction. Or nous savons que son état de santé et sa grève de la faim totale, son transfert à l’infirmerie est plus que primordiale pour une surveillance de sa tension artérielle et des constantes biologiques. Il est important
de noter que le Docteur peut , en raison de sa grève
totale , être l’objet d’un choc hypoglycémique
, qui vu son isolement et l’absence de surveillance peut entraîner à sa
mort . La LADDH exprime son soutien au Dr. Salah-Eddine Sidhoum. Le Collectif des familles de disparus en Algérie publie un communiqué à propos des conditions de détention de Salah-Eddine Sidhoum Jeudi 2 octobre
2003 (4 ème jour) S.E. Sidhoum
a reçu la visite du chef de détention
du bagne qui a feint vouloir savoir quelles étaient ses revendications
pour arrêter la grève de la faim. Le chef de détention est alors parti puis est revenu dans l'après midi pour lui dire que pour les journaux et les livres, c'était ok, mais qu'il n'était pas question de radio et de parloir rapproché et que la " loi" s'appliquait à tous. Le Docteur lui a expliqué qu'il était un détenu d'opinion et non un délinquant et lui a rappelé qu'il y a eu un antécédent de détenu d'opinion dans la même prison à qui on avait accordé le parloir rapproché et la radio et ce prisonnier était Abdelkader Hachani. A la fin de
l’entretien, Sidhoum a demandé s'il
pouvait prendre une douche et se raser, car il était envahi
de poux, le responsable a refusé. Une détérioration de son état de santé est à craindre durant le week-end (jeudi après-midi et vendredi). Pendant cette période il ne peut recevoir la visite d’avocats et il est à craindre qu'il soit victime de nouvelles pressions. Algeria-Watch envoie une lettre au Ministre de la Justice algérien. Justitia Universalis envoie une lettre au Président de la République algérien. Human Rights Watch envoie une lettre au Ministre de la Justice algérien. L'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l'Homme dénonce les conditions de détention de Salah-Eddine Sidhoum Vendredi 3 octobre
2003 (5 ème jour) Dans l'après midi aux environ de 16 h15 il a été pris d'un malaise avec vertige, il s'est allongé et recroquevillé sur lui même récitant la chahada, au bout d'un moment, il s'est trouvé dans un état d’obnubilation, n'arrivant pas à distinguer les choses autour de lui, le gardien venu faire sa ronde et voyant Salah-Eeddine recroquevillé sur le sol a frappé sur la porte pour essayer de le réveiller mais sans résultats. Affolé, il est allé appeler ses collègues qui vinrent quelques temps après dans la cellule. Ils essayèrent de le soulever mais en vain. Ils appelèrent un infirmier qui tenta de lui prendre la tension, Salah malgré son état d'obnubilation et de fatigue intense refusera de se faire prendre la tension dans un cachot et par un infirmier. Il arriva à articuler difficilement quelques mots à l'adresse de l'infirmier : "transférez moi à l'infirmerie ou à l’hôpital, il semble qu'il s'agit de signes prémonitoires d'un coma hypoglycémique", l'infirmier lui a répondu " la loi exige que je te prenne la tension " et il est sorti. Depuis ce moment il n'a reçu aucune visite ni de gardien ni d'autres personnes, il aurait pu plonger dans un coma hypoglycémique total et on l'aurait découvert mort le lendemain. Mais le destin en a décidé autrement. Communiqué de la LADDH Relizane. Comité de soutien: Lettre au ministre de la Justice algérien Samedi 4 octobre
2003 (6 ème jour) S-E Sidhoum s'est rendu au parloir pour s'entretenir avec son avocat soutenu par un gardien qui l'aidait à marcher. Il ne tient pas debout seul. Ses mouvements sont très lents mais il est très conscient et toujours aussi déterminé. Le collectif d'avocat s'est rencu chez le procureur général d'Alger pour faire une demande de liberté provisoire. Celle-ci va être étudiée. Aux environ de 09 h30 du matin, un civil costumé aux cheveux et moustache fournie blanche, accompagné de deux geôliers s'est présenté devant la cellule du Dr Sidhoum et l'a interpellé avec vigueur: " Levez vous, venez discuter avec moi dans le couloir". Il avait les mains dans les poches et s'emblait sûr de lui, le docteur très fatigué, a refusé de sortir et a demandé au civil de décliner son identité, ce civil répéta la même chose à deux reprises et Salah-Eddine refusa refusa d'obéir sans même savoir qui il était. Le civil le
regarda d'un air sévère et lui dit textuellement " El
Moufid , rak Gosto , Rayah win Rak " , c'est un langage de rue
signifiant : " l'essentiel c'est que tu es bien, reste où tu
es " et il partit. Lettre de Hocine Ait-Ahmed à Kofi Annan, Secrétaire général des Nations Unies Dimanche
5 octobre 2003 (7 ème jour) Lors de la visite d'un avocat, un gardien a joué le curieux. L'avocat a exigé qu'il se retire, la réponse a été qu'il s'agiissait des instructions pénitentiaires et qu'il s'agissait d'une question de sécurité. Il a fini par se retirer. La fouille est devenue triple: à l’entrée du parloir des avocats, puis à la sortie et enfin dans la cellule où on lui a enlevé la veste et ouvert la chemise pour une fouille plus minutieuse. Il s’est avéré que le civil en costume blanc était le juge d’application de peines. Pourquoi a-t-il donc refusé de décliner son identité? Il semble qu’il voulait marchander le transfert du Dr Sidhoum à l’infirmerie contre l’arrêt de la grève de la faim. Or le Dr sidhoum n’a jamais demandé à aller à l’infirmerie qui est un lieu de villégiature des notables du régime détenus pour corruption et détournement. Il avait demandé à être hospitalisé dans le cadre
de sa grève de la faim pour la surveillance de son état de santé et
ses constants biologiques. Lettre du comité de soutien à Kofi Annan, Secrétaire général de l'ONU Lettre de Justitia Universalis au Ministre de la Justice Lundi 6 octobre
2003 (8ème jour) Une médecin
de l'infirmerie de Serkadji vient le voir dans sa cellule pour
lui dire q'elle
oudrait dégager sa
responsabilité dans
toute cette affaire en lui faisant un dossier
médical pour le L'examen clinique sommaire réalisé à l'infirmerie a montré outre la dyspnée d'effort, une tachycardieà 110 par minute. Or dans un temps normal est de 80 par minute Le matin même, lorsque le Dr Sidhoum faisait ses ablutions, une arythmie cardiaque se déclencha. Il fut obligé de s'allonger plus d'une heure avant que le rythme cardiaque redevienne normal. Son poids a chuté de 9Kg en 8 jours 62Kg à l'entrée et 53 au cours de l'examen de ce jour. L'examen biologique sommaire par les bandelettes DEXTRO et LABSTIX ont montré une glycémie limiteà 0,90 et des traces de sang dans les urines. Après avoir rédigé son dossier et son rapport médical à l'administration ou elle a clairement précisé que son état de santé nécessitait une hospitalisation et une surveillance médicale stricte. Quelques minutes après son retour à sa cellule d'isolement, un responsable des gardiens vinrent le voir pour lui dire qu'éventuellement il serait transféré dans une cellule d'isolement de l'infirmerie réservée aux TUBERCULEUX !!!!!!!???? Il refuse catégoriquement d'être isolé avec
les tuberculeux car vu sa grève de la faim et la Donc insister sur les pratiques inhumains qui sont mises en application contre lui pour le faire céder- Or ils se trompent encore une fois d'adresse. Mardi 7 octobre
2003 (9ème jour) Son état physique continue de se détériorer. Venue dans l'après-midi d'un infirmier pour lui prendre la tension artérielle, le Dr sidhoum refuse de la prendre dans le cachot et il exige à nouveau son admission à l'infirmerie normale selon la prescription des médecins. Des détenus informent leurs avocats que des journaux sont censurés au sein de la prison depuis quelques jours, il s'agit en fait des quotidiens relatant la grève de la faim du Dr Sidhoum. En effet tous les articles le concernant sont découpés avant de les remettre aux détenus. Appel urgent du comité de soutien d'envoyer des courriers au Président Bouteflika Mercredi 8 octobre
2003 (10ème jour) Des dizaine de mails ont été envoyés au Président Bouteflika suite à l'appel du comité Jeudi 9 octobre
(11 ème jour) Aucune réaction officielle des autorités malgré les interventions publiques et non publiques de très nombreuses organisations et institutions. Le comité écrit une lettre au directeur de la prison de Serkadji A son retour du parloir où il avait vu ses avocats, aux environs de 11h30, le Dr Sidhoum a eu un malaise à son entrée dans sa cellule d'isolement, il a perdu connaissance durant quelques minutes. Il a été transporté à l'infirmerie. Après avoir bu quelques gouttes d'eau, il reprit ses esprits. Il avait une très forte douleur thoracique irradiant au cou et aux mâchoires, il réclama en urgence un comprimé de TRINITRINE ou de CORVAZEL. Le « médecin » qui prit uniquement sa tension 12 / 8 et son pouls (120 / mN) décida qu'il ne s'agissait pas d'une angine de poitrine. Il ordonna à un douanier détenu faisant fonction d'infirmier de lui placer une perfusion de sérum glucosé et de l'hydrocortisone. Le Dr Sidhoum protesta violemment contre les agissements de ce médecin qui n'écoutait même pas ses doléances et sa description nette de la douleur thoracique. Le « médecin » devant le refus du Dr Sidhoum de recevoir du Sérum glucosé et de l'hydrocortisone (qui n'a rien à voir avec l'angine de poitrine), ordonna aux gardiens de l'enfermer dans sa cellule d'isolement en leur disant qu'il était un simulateur. Il fut à nouveau enfermé avec
des douleurs thoraciques atroces. Le Dr Sidhoum
réclama à nouveau
de la TRINITRINE ou du CORVAZEL pour soulager son angine de poitrine.
Le médecin refusa à nouveau et ordonna la mise en
place Le Dr Sidhoum
refusa à nouveau et fut jeté dans sa
cellule jusqu'à 16h30. Lorsque le chef de Enfermé dans
l'infirmerie, il sera pris en charge par 5 malades chroniques qui
sont restés à son
chevet jusqu'à une heure avancée de la nuit. Le Dr Sidhoum
tient à remercier le chef de détention
Bouali Slimane qui l'a pratiquement sauvé de la mort. Vendredi 10 octobre 2003 (12ème jour) Samedi 11 octobre 2003 (13eme jour) Bonne nouvelle: fixation de la date du procès pour le 16/10/2003 devant la cour criminelle d'Alger. Résolution du Comité Méditerranée de l'Internationale Socialiste (11.10.03) Dimanche
12 octobre (14 éme
jour) Lundi 13 octobre (15 éme
jour) Mardi 14 octobre
2003 (16ème jour) A 19h la chambre d'accusation n'avait pas encore rendu public son verdict. Lettre de Mme Chirin Ebadi, prix Nobel de la paix, au Dr. Sidhoum (14.10.03, pdf, 20kb) Mercredi
15 octobre 2003 (17ème jour) Il est toujours à l'infirmerie en grève de la faim Jeudi 16 octobre
2003 (18 ème jour) Le procès était public, trois observateurs étrangers y ont assisté, Me Mohammed Abbou pour le Comité de soutien et la Commission arabe des droits de l’homme, Me. Samir Ben Amor pour Human Rights Watch et Amnesty International et M. Tabib Chawki par l’Observatoire des défenseurs des droits de l’homme. De nombreux journalistes et défenseurs des droits de l’Homme étaient également présents. A l’audience, le procureur a requis sept ans de prison. Onze avocats ont plaidé notamment pour prouver que les accusations portées contre Dr. Sidhoum étaient totalement infondées. Un grand merci à tous ceux qui ont écrit aux autorités algériennes; ont transmis leur soutien à Salah-Eddine Sidhoum sous forme de lettres et d'interviews; ont rédigé des appels, organisé des rassemblements en Algérie et à l'extérieur. Merci aussi à toutes les ONG pour leur engagement, aux députés européens et à toute personne connue ou non. Grâce à cette formidable mobilisation, Salah-Eddine Sidhoum et libre. C'est une bataille de gagnée sur le chemin de la Vérité et de la Justice.
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www.algeria-watch.org
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