Le Dr Sidhoum se trouverait dans un «état précomateux»

Abdelaziz Bouteflika et Kofi Annan saisis

par Mohamed Zaâf , Le jeune Indépendant, 7 octobre 2003

Par Mohamed Zaâf Les autorités algériennes et onusiennes ont été saisies sur le cas du Dr Salaheddine Sidhoum, 56 ans, qui serait «entré dans un état précomateux dû à une hypoglycémie», à la suite d’une «grève totale de la faim» entamée au début du mois sur les lieux de sa détention à Serkadji.

Plusieurs ONG et personnalités internationales arabes et européennes mènent une campagne pour le Dr Sidhoum, réputé pour son militantisme en faveur des droits humains et condamné par contumace à 20 ans de prison par la justice algérienne.

Les initiatives qui se font de plus en plus denses ces derniers jours visent à faire valoir à M.Sidhoum son droit au principe de présomption d’innocence, et à exiger qu’il bénéficie d’un traitement carcéral correct et d’un procès équitable et public dans les meilleurs délais.

Des lettres ont été adressées à cet effet, il y a quelques jours, au secrétaire général de l’ONU, M.Kofi Annan, par le Comité de soutien au Dr Salaheddine Sidhoum, mais aussi par M.Hocine Aït-Ahmed, qui choisissait de signer sa correspondance non pas en tant que leader du FFS mais en tant qu’ «ex-dirigeant de la révolution algérienne».

Des correspondances ont été transmises par le «Comité», au président Bouteflika et au ministre de la Justice, les appelant à intercéder en faveur du détenu.Mais «il n’y a malheureusement aucune réaction de leur part», regrettait-il, alors qu’il estimait «judicieux de leur rappeler leurs engagements internationaux» sur les droits humains.

Selon les informations livrées sur le site d’Algéria-watch, M.Sidhoum «en isolement total au sous-sol, dans un cachot froid et humide, sans vitre, éclairé 24 heures par jour, sans lit ni matelas, voit son état physique se dégrader de jour en jour» .

Le détenu se voit toujours refuser soit la prise de ses propres médicaments saisis par l’administration pénitentiaire, soit l’admission à l’infirmerie de la prison».Le «régime punitif» qu’il s’est vu imposer dès son arrivée en prison (le directeur de Serkadji lui aurait confisqué son eau minérale, ses objets personnels : vêtements de rechange, pyjama, savon, brosse à dents, etc.

aurait poussé le Dr Sidhoum – qui s’est vu également retirer ses médicaments contre l’ulcère d’estomac dont il souffre – à entamer sa grève de la faim. Le Comité s’élève en outre contre «l’humiliation permanente» à laquelle est soumis le Dr Sidhoum, et dénonce le fait que ses entretiens avec ses avocats «se font en présence de deux gardiens», ce qui, affirme-t-il, porte «gravement atteinte à la confidentialité des entretiens du détenu avec ses défenseurs».

Avant de se constituer prisonnier, M.Sidhoum avait expliqué sa démarche dans une lettre à l’opinion.«C’est avec la conscience tranquille que je sors de cette clandestinité (de 9 ans) pour affronter l’appareil répressif de ce régime que le monde libre connaît parfaitement bien aujourd’hui», écrivait-il.

«Je vais être certainement arrêté et incarcéré.C’est le modeste prix à payer par les hommes libres dans un pays de non-droit.Hier, nos aînés l’ont payé pour l’indépendance, aujourd’hui nous le payons pour la liberté et la justice», poursuivait-il.

M.Sidhoum s’engage à continuer de sa prison à Serkadji son «inlassable combat pour l’autodétermination des citoyennes et des citoyens et le respect de la dignité humaine, pour une Algérie de toutes et de tous, sans exclusion ni exclusive, de justice et de démocratie, ancrée dans ses valeurs civilisationnelles et grandement ouverte sur l’universel».

Un «combat» qui, tel que défini, colle étroitement aux aspirations profondes de la quasi-totalité des Algériens, relèvent les observateurs.M.Z.



 

   
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