Campagne Internationale pour la Libération
de Salah-Eddine Sidhoum

Prisonnier d’opinion

Annexe 9

Témoignage de Benmerakchi Mohamed

"On m’a torturé pour avoir paru accidentellement dans un documentaire de la BBC"

Je m’appelle Benmerakchi Mohamed, demeurant au quartier populaire de Climat de France. J’ai 35 ans et je suis taxieur. Le 17 décembre 1995, j’ai été surpris de me voir apparaître dans un document de la BBC consacré à la tragédie algérienne, diffusé par Canal +. On m’a montré, prenant un café avec le Docteur Salah-Eddine Sidhoum, chirurgien et militant des droits de l’homme et dont j’étais le chauffeur de temps à autre. Ce jour là je devais l’accompagner à Alger et en arrivant chez lui, j’avais trouvé une équipe de journalistes qui l’interviewait sur la situation politique et des droits de l’homme en Algérie. Je fus balayé accidentellement par la caméra. Ce fait banal allait me coûter cher, très cher par la suite.

En effet, nous étions à l’aube du jeudi 6 avril 1995 quand soudain je sursautais du lit quand j’entendis frapper violemment à la porte de mon appartement. Je jetais un œil furtif sur le réveil : il était 2 h 10 exactement. Je tremblais de peur car je savais que ces visiteurs de l’aube n’auguraient rien de bon. Ma femme qui se réveilla en sursaut, était terrorisée de peur. Elle ne me dit mot. Son regard en disait long. Devant l’insistance des coups donnés à la porte d’entrée, je n’avais d’autre choix que d’aller ouvrir, m’en remettant à Dieu et à Lui seul.

Dès l’ouverture de la porte, une dizaine de nindjas firent irruption dans l’appartement, les uns armés de pistolets, d’autres de kalachnikovs. Ils étaient tous cagoulés. Certains portaient des combinaisons noires, d’autres étaient en civils. Trois d’entre eux pointèrent leurs armes sur moi, les autres iront occuper les deux minuscules pièces que j’avais. On me demanda si j’étais Untel. Je répondis par l’affirmative. L’un d’eux, le plus calme, me lança : « Alors, Canal + ? ». Je compris alors et très vite qu’il s’agissait de mon apparition dans le documentaire. Ce nindja, rassura mon épouse qu’il ne m’arriverait rien et que j’allais seulement être interrogé avant d’être libéré. J’entendais dans ce vacarme, mes deux enfants, en bas âge, pleurer, effrayés par cette vision surréaliste d’hommes cagoulés et armés. Après une brève fouille, ils me mirent les menottes et me descendirent dans la cour du bâtiment. Je fus surpris de trouver un nombre impressionnant de véhicules, pour la plupart banalisés et d’hommes cagoulés et armés sur le qui-vive. On me couvrit ma tête de ma veste et on me jeta dans la malle d’un de leurs véhicules. Le cortège démarra et j’entendais le grésillement des talkies-walkies. L’un d’eux disait : « Nous l’avons, nous l’avons ! Nous sommes sur le chemin du retour ». Le voyage ne dura pas plus de 5 minutes.

On me descendit de la malle où j’étais recroquevillé et paralysé par la peur, sous des injures et des coups de pieds des nindjas. J’étais dans un état second. Ma tête bourdonnait, mes jambes tremblaient, je n’arrivais plus à retenir mes urines. J’étais pétrifié de peur. Je fus introduit dans un bâtiment puis enfermé dans une cellule. Mon geôlier avant de refermer la porte me lança : « nous allons nous occuper de toi, canal + ». A ce moment je pus ôter la veste de ma tête pour respirer un bon coup d’air frais. J’étais terrorisé.
Quelque temps après, la porte de la cellule s’ouvrit subitement. Il faisait jour. Deux hommes qui portaient des pistolets à la ceinture vinrent me chercher. Ils me prirent fermement par les bras et m’emmenèrent dans une salle où m’attendaient une dizaine d’hommes cagoulés. Ils me firent asseoir sur un banc et l’un d’eux me lança cyniquement : « Alors, Canal +, racontes-nous tout ce que tu sais sur le Docteur Sidhoum ! ».

Les coups de pieds et de poings commencèrent à pleuvoir de partout. Je racontais le peu de choses que je connaissais sur lui : « C’est un chirurgien en orthopédie qui habite El Mouradia et dont je suis le chauffeur depuis septembre 1993. Du fait des événements, il paraissait débordé de travail ; Il me proposa alors d’accompagner de temps à autre son fils au Lycée et son épouse au travail. Durant les derniers temps, il me paraissait comme inquiet et menacé et il me demandait de l’accompagner souvent en ville . Il ne partait jamais seul dans sa voiture ».

Des questions accompagnées de coups continuaient à pleuvoir. Deux nindjas prenaient des notes.
- Est-il du FIS ? me lança l’un d’eux ?
- Je ne pense pas , lui répondis-je, mais je sais que c’est un militant des droits de l’homme connu, qu’il recevait régulièrement des journalistes de la presse internationale et les organisations des droits de l’homme comme Amnesty ».
- Tu mens, me dit l’un d’eux qui accompagna sa parole d’un violent coup de poing au visage.
- Je vous dis que je ne pense pas qu’il appartienne au FIS mais il s’est toujours réclamé du courant islamique.
Cette réponse ne semblait pas les satisfaire. Ils voulaient coûte que coûte m’entendre dire que le docteur Sidhoum appartenait au FIS.

Non satisfaits de mes réponses, ils m’allongèrent sur le banc, me passant les menottes aux poignets sous le banc. J’avais l’impression que mes épaules allaient se luxer. Mes pieds étaient ficelés avec un fil de fer et attachées au banc. On me mit un chiffon dans la bouche et on commença à verser de l’eau nauséabonde. J ‘étouffais et j’étais sur le bord de l’asphyxie. Je lançais alors : « je vais parler ». Le supplice s’arrêtait, ce qui me permettait de reprendre mon souffle. Mais je n’avais rien à dire de plus que ce que j’avais dis précédemment.
Fait-il la prière ? Quelle mosquée fréquente-t-il ? Son épouse porte-t-elle le hidjab, étaient les questions qui revenaient le plus souvent.

Combien a-t-il d’enfants ? Comment s’habille-t-il ? Quel est son train de vie ? Sa villa était-elle bien meublée ?
Je répondis qu’il faisait la prière, mais que je ne savais pas dans quelle mosquée il accomplissait la prière du vendredi, qu’il avait deux enfants et s’il portait toujours un costume et une cravate.
Portait-il le qamis, me lança l’un d’eux.
Non lui dis-je, je ne l’ai jamais vu le porter.
Les deux nindjas écrivaient studieusement tout ce que je disais. Les autres poursuivirent leurs questions:
Où as-tu accompagné le docteur Sidhoum ?

Je l’ai emmené au cabinet d’Abdenour Ali Yahia, au siège du FFS à la Colonne Voirol et au siège du FLN où il devait remettre une lettre sur les droits de l’homme à Mehri je crois.
As-tu assisté aux discussions avec Abdenour Ali Yahia ?

Non, leur dis-je, je restais toujours dans la voiture, je l’attendais à l’extérieur.
Tu mens me lança l’un d’eux, tu nous cache des choses, tu as intérêt à tout vomir et à ne rien cacher. Ici on a fait parler et danser Cheikh Cherrati et Hocine Abderrahim ! me lança-t-il avec son regard perçant et cynique.

Un frisson glacial traversa mon corps en entendant cela. Il fit alors un signe à ses acolytes. Je sentis alors quelque chose de métallique pincer mes orteils. Soudain une décharge électrique me fit sursauter. Je convulsais pratiquement. Je me suis évanoui. Je reprenais mes esprits quelque temps après et je me suis rendu compte qu’ils me versaient des bidons d’eau sale sur le corps. J’étais trempé et je tremblais de froid. On m’avait placé des pinces sur mes orteils. Ils reprirent l’opération à quatre ou cinq reprises. Je sursautais à chaque fois en sentant que mes articulations des poignets et des chevilles allaient se disloquer. C’était atroce.
Puis vint un temps de répit où questions et insultes alternaient.

Lors de l’interview avec la BBC, qui était avec le Docteur Sidhoum ? me dit l’un des tortionnaires.
Il était avec sa vieille tante, le journaliste anglais et deux cameramen. Ses enfants étaient à l’école et son épouse au travail. Sa petite fille, rentra à midi et resta avec nous jusqu’à 13h 30 avant de rejoindre l’école.
Tu mens, cria l’un des tortionnaires qui était à mon chevet et qui me lança des coups de poings au visage.
Tout me paraissait flou. Je percevais mal le visage de mes tortionnaires du fait des nombreux coups que j’avais reçu aux yeux et au visage.
Il me répéta à nouveau la même question. Je jurais par le Tout Puissant que je disais la vérité.
Qui a ramené l’équipe de la BBC chez le docteur Sidhoum ?
Je ne sais pas. La veille il m’avait téléphoné pour me demander de l’accompagner en ville. Je me suis présenté le lendemain à l’heure convenue, à 11 heures et j’ai trouvé l’équipe de la BBC. Le docteur s’est excusé du contretemps et m’a dit de l’attendre. Il continuait à répondre aux questions du journaliste et moi, j’étais dans l’autre pièce avec sa vieille tante. Vers 13 heures, ils avaient terminé l’interview et m’appela pour prendre un café au salon avec l’équipe.

Encore une fois, ces réponses ne furent guère satisfaisantes à leurs yeux. Leur chef, cria alors à l’un d’eux : « changez d’endroit, nous allons le faire danser ».
Les tortionnaires m’enlevèrent alors les pinces de mes orteils et les placèrent sur mes organes génitaux et sur les lobes d’oreilles.
Tu as intérêt à tout dire maintenant, car nous n’avons pas de temps à perdre.
Où est le docteur Sidhoum, chez qui se cache-t-il ?
Je ne sais pas, je vous jure que je ne sais pas où il se trouve. Son épouse que j’ai rencontré pour la dernière fois en décembre m’avait dit qu’il était en Europe. Depuis, sa famille ne m’a plus appelé. Je peux vous accompagner chez lui dès maintenant à son domicile à El Mouradia.
Non, me répondit le chef, nous connaissons très bien sa maison et nous savons qu’il n’est pas chez lui. Où se trouve-t-il ?
Je répondais toujours de la même manière. Le chef des tortionnaires fit un clin d’œil à son acolyte et je sentis soudain une série de décharges électriques secouer mon corps. C’était horrible. Lors des décharges je sentais comme si mes yeux allaient sortir de leurs orbites. Au même moment un autre tortionnaire jeta de l’eau sale et froide sur mon corps. Je sursautais malgré mes attaches. Je perdais encore une fois connaissance. Quand je repris mes esprits, je voyais des visages flous se pencher sur moi et une voix lointaine me répéter : « Où emmènes-tu la famille du docteur Sidhoum ? Où emmènes-tu la famille du docteur Sidhoum ?

Je ne pouvais plus sous l’effet de la torture me concentrer et je finis par raconter n’importe quoi, pourvu que la torture cesse.
- J’accompagnais son épouse au travail à la clinique Debussy et j’ai accompagné son fils à Riadh El Feth pour acheter des livres scolaires du bac. Une fois, j’ai emmené avec son fils le téléviseur en panne chez le réparateur.

A ces réponses, je reçu une volée de gifles et de coups de poings qui me mirent groggy.
- Tu te fous de nous, fils de……., tu accompagnes ainsi son fils à Riadh El Feth, salopard, tu nous prends pour des c…., n’est-ce pas ?
Et la torture repris de plus belle. Le chiffon fut à nouveau utilisé jusqu’à l’asphyxie. J’étais tout sale et méconnaissable. Je commençais à divaguer et à dire n’importe quoi.

Ce supplice d’entrée dura près de 4 heures. J’étais au bord de l’épuisement et c’est la fatigue des tortionnaires qui me sauva. Ils avaient besoin de repos. Avant de me quitter, ils me détachèrent du banc, me jetèrent mes habits au visage, me demandant de m’habiller puis me passèrent les menottes. Ils me traînèrent dans ma cellule et me suspendirent par les menottes à un tuyau du chauffage central. Je restais ainsi suspendu, la pointe des pieds touchant à peine le sol. Il ne me restait plus qu’à évoquer le Tout Puissant pour soulager mes douleurs.

Ce n’est que quelques heures plus tard, que l’un des tortionnaires vint me libérer de cette position inconfortable. Je sentais un fourmillement intense des doigts. Je ne pouvais plus les mobiliser ni tenir quelque chose. Le tortionnaire me jeta un morceau de pain rassis. Dans un coin de la cellule, se trouvait une boite de conserve rouillée, qui contenait une eau trouble. Je n’avais pas le choix. Ma soif intense ne me fit pas hésiter : je bus le contenu d’un seul trait malgré son odeur nauséabonde.

Ces supplices durèrent exactement 40 jours. Durant 40 jours, on m’emmenait quotidiennement à la salle de torture et la principale préoccupation de mes tortionnaires était le docteur Sidhoum. Ils voulaient tout savoir sur lui. A quatre reprises, un officier qui paraissait de haut rang, du fait du comportement des tortionnaires en sa présence, assistait à la torture et me posait les mêmes questions sur ce chirurgien.

Il est de mon devoir de témoigner sur tout ce que j’ai vu lors de ma séquestration au centre de Châteauneuf, pour l’Histoire et pour que l’opinion publique nationale et internationale sache ce qui se passe. C’était une situation surréaliste. On se croirait dans un film d’épouvante. Un véritable cauchemar. Dans la série de cellules qui étaient de part et d’autre du long couloir, il y avaient des loques humaines de tout âge. J’ai vu des hommes et des femmes, des enfants et des vieillards, des anciens maquisards de la guerre de libération nationale. On entendait toutes sortes de bruits : des aboiements de chiens et des chansons de raï, des cris de suppliciés et les appels au secours des femmes. Les loques humaines étaient traînées sur le sol par les tortionnaires et jetées dans les cellules après une séance bien dosée de torture. Chacun attendait son tour. J’ai vu des visages et des corps brûlés au chalumeau, des corps ensanglantés, des hommes, des femmes, des enfants et de malheureux vieillards tous nus. Le centre de Châteauneuf était une véritable usine à broyer la personne humaine.
Certains détenus extraits des cellules pour la salle de torture ne reviendront jamais. De temps à autre on entendait des coups de feu. Les jeunes séquestrés en déduisaient que la personne venait d’être exécutée sommairement. Durant mon « séjour » dans ce sinistre lieu, plus de vingt personnes tous âges confondus, ont ainsi perdu la vie de cette façon.

A chaque départ vers la salle de torture, je récitais la chahada, certain de ne plus revenir.
Après 40 jours de séquestration et de tortures atroces, on me fit signer un PV de plus de 30 pages, sans savoir ce qu’il contenait. L’essentiel pour moi était d’échapper à de nouveaux supplices.

Le lendemain de la signature du PV, mon geôlier vint ouvrir la cellule en me disant : « Allez, Canal +, nous allons faire une ballade ensemble ». J’étais pétrifié de peur. Je me suis dis c’est la fin, ils vont m’exécuter. On me fit sortir de la cellule et on me descendis dans la cour, près d’un fourgon, un J5 banalisé. Il était près de 14 heures. Où pouvaient-ils bien m’emmener. Pas au tribunal, car d’habitude c’est le matin que les malheureux suppliciés sont présentés au juge. Il ne restait pour moi que la forêt. Ils allaient certainement me jeter dans une forêt et me liquider physiquement. C’était devenu une obsession pour moi. De nombreux détenus m’avaient raconté que beaucoup de citoyens ont été liquidés ainsi. J’étais angoissé. Ma tête bourdonnait. Je tremblais intensément. L’un des tortionnaires après m’avoir mis les menottes derrière le dos et bandé les yeux me jeta à l’arrière du fourgon et à plat-ventre. Le fourgon démarra en trombe et en moins de quelques minutes s’arrêta. L’un des civils armés qui était près de moi m’enleva mes menottes et le bandage sur mes yeux. Il ouvrit la porte du fourgon et me dit : « Dégages, Canal + ». Je ne savais plus quoi dire. Je n’ai pas voulu avancer.

J’avais peur. L’un des hommes armés me dit : « Dégages, rentres chez toi, fils de …… ». Je n’en croyais pas mes yeux. Je me suis dis que dès que je ferais un pas en avant, ils allaient tirer sur moi et maquiller cela comme étant une tentative de fuite. Puis je me décidais à marcher par petits pas et à reculons. Les hommes armés montèrent dans leur véhicule en vociférant et en me lançant des grossièretés. Puis le fourgon s’éloigna. Je repris mes esprits et je prononçais à nouveau la chahada en louant Dieu de m’avoir gardé en vie après ce long cauchemar épouvantable. J’étais dans une impasse déserte où il n’y avait aucune habitation. Je refis le trajet inverse et je débouchais sur la grande route qui menait de Chevalley vers Bab El Oued. Je reconnu les lieux. J’étais à peine à une centaine de mètres du centre de torture de Châteauneuf. J’étais comme un malade mental sans traitement et sans logis. Mes habits étaient sales et déchirés. Mon corps crasseux dégageait une odeur qui ferait fuir les hyènes, ma barbe et mes cheveux étaient hirsutes. Un véritable clochard. Que faire ? Descendre ainsi jusqu’à mon domicile ? Que diront mes voisins et trouverais-je mon épouse à la maison ? Puis je me rappelais qu’un ami habitait dans les environs à quelques dizaines de mètres. Je me suis dirigé vers la villa et j’ai sonné. Le gardien m’ouvrit la porte et faillit tomber à la renverse en me reconnaissant. Il me fit rentrer dans le jardin et appela l’épouse de mon ami qui, lui était absent : « Venez, madame, vite, vite, Mohamed est toujours vivant ». L’épouse de mon ami était horrifiée en me voyant : El Hamdou Lillah, tu es vivant, El Hamdou Lillah ».

Elle m’emmena directement à la salle de bain pour prendre mon bain et me débarrasser de mes guenilles. Je me suis regardé dans le miroir. C’était invraisemblable. J’étais méconnaissable. Un monstre. Grâce à Dieu, mon épouse et mes enfants ne me verront pas dans cet état. Je me suis alors rasé rapidement, puis pris mon bain et mis les habits de mon ami. Je reprenais l’aspect d’être humain après avoir été réduit durant 40 jours à l’état d’animal par mes propres « frères » algériens.

Mon ami arriva entre-temps et s’effondra en larmes. Il avait cru que j’étais mort car la rumeur avait circulé après ma disparition durant 40 jours que j’étais mort, exécuté sommairement. C’était la période où des dizaines de citoyens étaient liquidés physiquement et jetés dans les rues. Il m’emmena dans la salle de bains et me rasa à nouveau et me coupa les cheveux. Il s’occupa de moi comme un bébé. Grâce à Dieu, il n’y a pas seulement dans ce pays que des criminels, des tortionnaires et des corrompus. Il restait encore, malgré plus de trois décennies de gabegie, des hommes généreux et courageux. El Hamdou Lillah ! Son épouse nous prépara à manger et je pris contact alors avec mon frère au téléphone. Il ne me crut pas et faillit raccrocher. Il croyait qu’il s’agissait d’une plaisanterie de mauvais goût, étant persuadé que son frère était mort.

Il était de mon devoir de rapporter ce témoignage à l’opinion publique nationale et internationale pour que les hommes et femmes de ce monde sachent ce qui se passe dans cette usine à broyer la personne humaine qu’est le centre de Châteauneuf.

 
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