Amnesty International

Algérie


Un défenseur des droits humains dans la clandestinité

Août 2003

SALAHEDDINE SIDHOUM, médecin et défenseur algérien des droits humains, vit dans la clandestinité depuis près de neuf ans. Il aimerait reprendre une vie normale mais court le risque d'être arrêté, jugé de manière inéquitable et emprisonné s'il se présente aux autorités.
Depuis 1992, Salaheddine Sidhoum a recueilli des renseignements sur de graves violations des droits humains – telles que des homicides, des actes de torture et des "disparitions" – commises par les forces de sécurité, les milices armées par l'État et les groupes armés. Il est ainsi devenu la cible de menaces émanant des différentes parties impliquées dans le conflit en Algérie. Avant qu'il entre dans la clandestinité, en 1994, le Jamaa islamiya musallaha (Groupe islamique armé, GIA) l'aurait placé sur sa liste noire, parmi d'autres intellectuels, et aurait planifié son assassinat. En novembre 1994, l'un de ses amis aurait été torturé par les forces de sécurité, qui cherchaient entre autres à lui arracher des "aveux" impliquant Salaheddine Sidhoum dans des activités politiques interdites. Ce dernier est entré dans la clandestinité trois jours avant la diffusion, à la télévision française, d'un documentaire qui le montre en train de dénoncer de graves violations des droits humains commises par les autorités. Le lendemain, des hommes armés faisant apparemment partie des services de sécurité se sont présentés à son domicile et ont tenté de savoir où il se trouvait en ayant recours à des mesures d'intimidation à l'égard de sa famille.

En 1997, alors qu'il se cachait toujours, Salaheddine Sidhoum a été condamné par contumace à une peine de vingt ans d'emprisonnement pour avoir troublé l'État et pour d'autres chefs d'inculpation liés à des "actes terroristes ou subversifs". Comme des centaines d'autres procès ayant eu lieu sur la base d'accusations similaires au cours des années 1990, le procès de Salaheddine Sidhoum était contraire aux règles d'équité les plus élémentaires. En vertu de la loi algérienne, s'il sort de la clandestinité pour se présenter aux autorités, le verdict de 1997 sera annulé et un nouveau procès aura lieu sur la base des mêmes inculpations.

Depuis qu'il est entré dans la clandestinité, Salaheddine Sidhoum a continué de rassembler des informations sur les atteintes aux droits humains commises en Algérie, recueillant des témoignages et les publiant sur Internet. Plusieurs autres militants algériens qui ont effectué des recherches et fait campagne sur les droits humains dans les années 1990 vivent aujourd'hui en exil après avoir reçu des menaces de mort dirigées contre eux ou contre des membres de leur famille.

Veuillez écrire aux autorités algériennes pour leur demander de veiller à ce que Salaheddine Sidhoum puisse exercer son droit à la liberté d'expression et recueillir et diffuser des informations sur la situation des droits humains sans craindre des représailles ou des poursuites judiciaires. S'il est jugé de nouveau pour des infractions prévues par la loi, son procès devra se tenir dans les meilleurs délais et être conforme aux normes internationales d'équité.

Envoyez vos appels au ministre de la Justice :
M. Mohammed Charfi
Ministre de la Justice
Ministère de la Justice
8 place Bir Hakem
16030 El Biar
Alger
Algérie
Fax : +213 21 921 243 / 921 701

 
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