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Un retraité algérien tabassé à mort par des policiers à Paris
Silence, on tue !
Le Jeune Indépendant, 27 juin 2009
Ali Ziri s’apprêtait à retourner en Algérie pour assister au mariage de son fils aîné… une semaine avant cet acte odieux.
Le 9 juin dernier, vers 20h30, trois policiers d’Argenteuil - banlieue parisienne - dont une femme, ont arrêté le conducteur d’un véhicule, Arezki K., un Algérien de 61 ans, qui était accompagné d’un autre Algérien, Ali Ziri, 69 ans. Selon les témoignages recueillis, les trois policiers lui ont d’abord demandé de sortir du véhicule au même titre que le passager, Ali Ziri. S’ensuivent alors des menaces, des insultes racistes et enfin des menottes et des coups.
Voyant son ami Arezki K. traîné par terre, Ali Ziri tente de calmer les policiers, en leur adressant cette phrase : «Laissez-le tranquille, vous n’avez pas le droit de le frapper. Je vais déposer plainte contre vous.»
C’est alors que les policiers se saisissent de lui et le menottent à son tour. Les deux Algériens sont alors malmenés et poussés avec violence à l’intérieur du véhicule policier. C’est dans ce véhicule que le drame, ayant entraîné la mort du retraité Ali Ziri, s’est apparemment produit, alors que les deux hommes sont transportés à l’hôpital d’Argenteuil.
Mis en garde à vue pendant 24 heures, Arezki K. apprendra le décès de son ami par des policiers du commissariat d’Argenteuil. Il affirme avoir fait l’objet d’un tabassage continu, au même titre que son ami, alors qu’ils étaient tous les deux menottés. Les proches et les amis du défunt, qui se sont rendus à l’hôpital d’Argenteuil, ont tous constaté que plusieurs coups étaient visibles sur le corps de la victime. Un collectif réunissant des proches du défunt, des associations, des partis politiques et des citoyens d’Argenteuil s’est mis en place. Les membres de ce collectif dénommé «Vérité et justice pour M. Ali Ziri» condamnent avec force la violence «raciste» utilisée par des policiers d’Argenteuil à l’encontre d’une personne «âgée». Ils demandent à ce que toute la lumière soit faite pour élucider les circonstances exactes qui ont conduit à la mort de cet Algérien. Une plainte a été introduite. Par ailleurs, une marche pacifique, pour réclamer la vérité et la justice, a été organisée mercredi dernier sur le lieu du crime par le collectif de l’espace franco-algérien et durant laquelle, apprend-on, les policiers n’ont pas cessé d’exciter les manifestants qui n’ont pas répondu à la provocation.
On apprend, par ailleurs, que le policier en question, auteur du crime, est un habitué de la violence et bénéficie toujours de sa liberté, malgré la plainte déposée par les familles des victimes qui se sont constituées partie civile. Il est à noter également qu’aucune réaction n’a émané ni des autorités françaises ni des instances consulaires algériennes absentes lors de la manifestation.
Rappelons qu’Ali Ziri est né en 1940 à Ouled Rached, un village de Bouira, en Algérie, dont une très forte communauté vit depuis plusieurs décennies à Argenteuil.
Arrivé en France à l’âge de 19 ans, il a travaillé près de 40 ans dans une même société basée à Paris 17e et a vécu près de 50 ans à Argenteuil, sans avoir eu aucun problème avec la police.
En retraite depuis quelques années, il passait son temps à faire des allers et retours entre la France et l’Algérie où résidait sa famille composée de deux filles et deux garçons.
Il s’apprêtait à retourner dans son pays pour assister au mariage de son fils aîné… une semaine avant son assassinat par la police.
Samir Mehalla
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