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CONDITIONS CARCÉRALES EN ALGÉRIE
Les prisons toujours surpeuplées
L'Expression, 28 octobre 2006
Pour pallier ce problème, 81 établissements pénitentiaires seront réalisés à l’horizon 2009.
Des progrès notables ont été enregistrés en matière d’amélioration des conditions carcérales. C’est du moins ce qui ressort du bilan présenté par le ministre de la Justice garde des Sceaux au chef de l’Etat. Les nouvelles réformes concernent plus particulièrement la couverture sanitaire et l’insertion sociale des 50.000 locataires des 127 centres de détention repartis sur l’ensemble du territoire national.
En effet, le bilan de Belaïz a fait état de la réalisation de 81 établissements pénitentiaires à l’horizon 2009. Un programme qui a commencé, rappelons-le, l’année dernière, et qui vise, outre l’atténuation des effets néfastes du surpeuplement des prisons, de remplacer les vieux établissements ayant atteint un niveau de détérioration très avancé et dont la plupart date de l’époque coloniale. Il faut dire, à cet effet, que l’espace réservé à chaque détenu dans les prisons algériennes ne dépasse pas 1,86m2, alors que le standard européen est de l’ordre de 12,2m2. Une situation induite par le fait que l’Etat algérien n’a construit qu’une cinquantaine de prisons et ce depuis 1962. D’autres mesures ayant trait à l’aspect social et humanitaire, à l’exemple de l’attribution d’une aide financière aux détenus défavorisés lors de leur relaxe, ont été prises dans le cadre des réformes.
A propos de la couverture sanitaire des prisonniers, il a été avancé le recrutement de 261 médecins et de 221 psychologues ainsi que l’acquisition de 39 fauteuils dentaires, 31 appareils de radiologie, 14 laboratoires, 55 ambulances, 75 fourgons cellulaires, 25 groupes électrogènes et l’ouverture de 109 pavillons pour détenus malades au sein des structures hospitalières. Il a été mentionné, dans le même contexte, la réalisation de 698.293 actes médicaux et de 186.895 bilans et analyses médicaux. Dans le souci d’enrayer le phénomène des incendies tragiques qui se sont déclarés, faut-il le rappeler, dans plusieurs prisons, des équipement et des moyens modernes, tels les couvertures et les matelas ignifuges seront mis à la disposition des établissements carcéraux. Au sujet de l’insertion et de la rééducation des incarcérés, et en plus de la création d’un comité interministériel composé de représentants de 22 départements ministériels, plusieurs autres réalisations, dans le même volet, ont été mises en exergue par le garde des Sceaux.
Il s’agit surtout de la formation professionnelle de près de 13.000 détenus et l’enseignement de plus de 17.000 autres dont 518 ont obtenu le baccalauréat et 740 le BEF. Ainsi, le régime carcéral algérien semble avancer sur une bonne voie après la série d’incidents tragiques l’ayant entaché, ces dernières années, et après avoir été épinglé, à maintes reprises, sur des questions relatives, notamment au surpeuplement des prisons et au non-respect des droits de la population pénale.
Il faut dire, d’ailleurs, que l’Etat a pour mission primordiale de donner des choix aux détenus dans le but de préserver la société des risques de récidive tout en respectant la dignité des détenus.
Farouk DJOUADI
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