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CONSEIL
NATIONAL DU RND El Watan, 28 juin 2003 Ahmed Ouyahia, secrétaire général du RND, a exprimé, hier à l’hôtel Safir de Zéralda, lors d’une conférence de presse, une vive inquiétude quant à la recrudescence des actes terroristes et la réactivation de l’islamisme politique au moment où le pôle «républicain» s’enlise dans l’inertie. Il a affirmé que le pouvoir et la présidentielle dominent les luttes politiques du côté des démocrates et nationalistes, au détriment des intérêts suprêmes du pays. «Ce n’est pas dans mon intention de donner des leçons, mais les faits sont là. Même la condamnation du terrorisme est tombée dans la banalité.» Le secrétaire général du RND a estimé que les partis politiques qui portent les valeurs républicaines doivent sortir de leur léthargie et agir, au lieu «d’attendre puis se lamenter au mois de mars ou avril 2004». Ahmed Ouyahia a parlé, sans chercher aucunement à voiler ses propos, du risque de se réveiller devant la réalité d’un président islamiste ou au pire intégriste. Le pire est, de toute évidence, l’accession de Abdallah Djaballah à la magistrature suprême. «L’intégrisme est un, même s’il ne porte pas de barbe ou se revendique de la modernité. Notre rapport avec cette tendance est l’adversité.» De ce fait, le chef du RND a ouvertement déclaré que son parti contrera toutes les initiatives émanant du mouvement El Islah. Par conséquent, le groupe parlementaire du Rassemblement votera contre le projet de proposition d’amendements à la loi organique portant régime électoral, s’il venait à être présenté au Parlement. Ahmed Ouyahia a réaffirmé, par ailleurs, son opposition à la levée de l’état d’urgence qui «n’est pas un choix mais une circonstance». Il a expliqué que la circonstance qui a prévalu à l’instauration de l’état d’urgence est toujours de mise. Il a rappelé, à l’occasion, qu’une clause découlant de l’état d’urgence a empêché Abassi Madani, entre 1997 et 2003, de nuire à l’ordre public à sa sortie de prison pour raison de santé, puis son assignation à résidence surveillée. Il a invité ensuite l’assistance à méditer sur la date du 2 juillet 2003, qui marquera le terme de la peine privative de liberté à laquelle a été condamné en 1991 le numéro deux du Fis dissous, Ali Benhadj en l’occurrence. Bien qu’il a tenu à préciser, à l’entame de sa conférence de presse, qu’il ne se prononcerai sur aucune question relevant de ses fonctions de chef de l’Exécutif, Ahmed Ouyahia n’a pu éviter d’évoquer les choix économiques qu’il aura à concrétiser au niveau de l’institution gouvernementale. «Il n’y a plus de crise politique, même si beaucoup investissent la scène publique en brandissant ce discours. La crise économique n’est pas encore résorbée, par contre. Au gouvernement, nous n’avons pas d’autres options que de dialoguer avec les partenaires sociaux sur tous les aspects des réformes.» Sur un tout autre chapitre, le secrétaire général du RND a catégoriquement démenti l’information relative au crédit de cinq millions de dinars qu’il aurait contracté auprès de Khalifa Bank pour ses besoins personnels, et à une enveloppe de sept milliards de dinars octroyée par cette banque au parti pour la construction de son siège national. «A ceux qui pensent terroriser les gens par la rumeur, je leur dirai ça ne marche pas avec Ouyahia», a-t-il martelé. Par S. H.
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