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HAFNAOUI
JUGÉ POUR QUATRE NOUVELLES AFFAIRES
Le
verdict sera rendu le 3 octobre
L'Expression,
27 septembre 2004
Vingt affaires en justice guettent insidieusement le correspondant de
presse et le noient dans un labyrinthe de procédures.
Le tribunal de Djelfa a jugé, hier, le journaliste et militant
des droits de l’homme, Hafnaoui Ben Ameur Ghoul, pour quatre nouvelles
affaires et qui ont pris pratiquement toute l’après-midi,
ce qui a poussé les magistrats à surseoir au verdict, après
avoir longuement délibéré, pour le 3 octobre prochain.
Les quatre nouvelles affaires en procès, et qui sont venues s’ajouter
aux douze déjà jugées, ont été motivées
par des plaintes pour diffamation déposées au niveau du
tribunal de Djelfa par l’ancien wali, le directeur de la réglementation
et des affaires générales, des agents de sécurité de
la wilaya et le président de l’APC de M’liliha. Pour
le wali, le communiqué rédigé par Ghoul en pleine
période électorale (présidentielle d’avril
2004) était diffamatoire à son encontre.
Le Drag de Djelfa a, lui aussi, trouvé diffamatoires et insultants
les écrits de Ghoul dans la presse. Les deux agents de sécurité de
la wilaya de Djelfa affirment que Ghoul ainsi qu’un autre correspondant
de presse (ils citent le journaliste Oussama du quotidien arabophone
El Chourouk El Yaoumi) ont forcé le passage pour aller voir le
chef de cabinet du wali. Enfin, le président de la commune de
M’liliha a porté plainte pour propos attentatoires au sujet
d’un écrit de Ghoul dans lequel ce dernier affirme que le
maire a menacé deux citoyens à l’aide de son pistolet.
En fait, Ghoul avait simplement décrit ce que les deux citoyens
avaient dit et écrit avec signature et fac similé, leurs
cartes d’identité à l’appui. Le détail
de chaque affaire est tellement insignifiant et complexe à la
fois que le journaliste sera noyé dans un labyrinthe de procédures
judiciaires sans qu’il lui soit possible de trouver à redire.
La machine judiciaire avait démarré contre lui, il y a
cinq mois, et la «chasse au Ghoul», très médiatisée
au début, a fini par ne constituer qu’un fait divers, tellement
dérisoire à côté des enjeux politiques et
des positionnements médiatiques auxquels on assiste, éberlués,
lucides et impuissants à la fois.
Il est dit que Ghoul subisse les contrecoups de ses prises de position
par trop populistes et encaisse les lois codifiées des vainqueurs.
Il doit, cependant, se battre seul pour retrouver sa liberté,
car de son côté, la presse, qui l’avait si ardemment
soutenu et applaudi, est aujourd’hui presque dans la même
situation.
Fayçal OUKACI
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