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Après
plus de six mois de détention
pour diffamation
Hafnaoui
Ghoul libéré
El
Watan 25 novembre 2004 Hafnaoui
Ghoul a bénéficié hier d'une mise en liberté provisoire,
a-t-on appris de source judiciaire. Il a rejoint sa famille après une
détention qui a duré près de six mois.
Selon des sources
judiciaires, la chambre pénale a examiné la
requête de mise en liberté introduite par Hafnaoui Ghoul conformément à l'article
128 du code de procédure pénale et y a répondu favorablement,
et ce, a précisé notre source, dans l'attente du pourvoi
qu'il a introduit contre les différents arrêts actuellement
examinés par la Cour suprême. Hafnaoui avait été condamné à 8
mois de prison ferme pour diffamation, outrage à corps constitué et
violation des règles régissant les correspondances de et
vers les établissements pénitentiaires. Cette mesure, qui
s'apparente beaucoup plus à une décision politique, intervient
presque deux mois après la lettre envoyée par la famille
Hafnaoui au président de la République le suppliant de mettre
en liberté ses deux fils à l'occasion du mois sacré et
du 50e anniversaire du déclenchement de la Révolution et
d'« en faire de leur libération une journée de
cessation de l'emprisonnement des journalistes ». Correspondant
du quotidien El Youm et membre du mouvement citoyen du Sud, Hafnaoui a été placé sous
mandat de dépôt le 24 mai dernier pour diffamation. Le 8 août
2004, il a été condamné à trois mois de prison
ferme pour « outrage à corps constitué et diffamation »,
alourdissant ainsi le jugement de première instance, le 23 juin
2004, qui a valu à Hafnaoui deux mois de prison ferme. Ce procès
a été intenté par le wali et ses proches collaborateurs à la
suite de la publication dans le quotidien arabophone El Djazaïr News
d'un article qui traitait de « la mauvaise gestion » des
autorités locales et jugé par ces dernières « diffamatoire ».
Une amende de 50 000 DA et une autre de 1 million de dinars ont été également
retenues contre le journaliste pour dommages et intérêts.
La cour d'appel de Djelfa a confirmé, pour sa part, le 29 août
dernier, sa condamnation à deux mois de prison ferme et 2000 DA
d'amende pour avoir fait parvenir une lettre à sa fille en dehors
des voies prévues par le règlement de la prison. Ce jugement
expéditif s'est déroulé sans la présence de
sa défense. En tout, au moins seize procès ont été intentés
contre le journaliste à la suite de nombreuses plaintes pour « diffamation »,
déposées notamment par le directeur de la réglementation
et des affaires générales, des agents de sécurité de
la wilaya et le président de l'APC de M'liliha, mais aussi par le
wali (actuellement wali d'Alger), qui avait déclaré à l'époque
que « le communiqué rédigé par Ghoul en
pleine période électorale (présidentielle d'avril
2004) était diffamatoire à son encontre ». Le
détail de chaque affaire est tellement insignifiant et complexe à la
fois que le journaliste sera noyé dans un labyrinthe de procédures
judiciaires sans qu'il lui soit possible de trouver à redire. La
machine judiciaire avait démarré contre lui et les procès
suivis de condamnations se sont tellement succédé au point
que les nombreux verdicts, très médiatisés au début,
sont devenus à la fin de simples faits divers. Fatiguée et
très désespérée, la famille Hafnaoui a décidé de
s'en remettre au Président, « l'homme de la concorde
civile et de la réconciliation nationale », écrit-elle
dans la lettre pour demander la « libération » du
journaliste et de son frère, lui aussi placé sous mandat
de dépôt le 10 octobre dernier, alors qu'il assistait au procès
des membres du mouvement citoyen du Sud au tribunal de Ouargla. Ainsi,
Hafnaoui Ghoul retrouve sa liberté, même provisoire, après
plus de six mois de détention à la prison de Djelfa.
Salima
Tlemçani |
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