Affaire Dhina : La France joue les prolongations dans l’intérêt du régime d’Alger

Comité FreeMourad, 5 avril 2012

5 avril 2012 – Le 10 mai se tiendront les élections législatives en Algérie. Le Dr Mourad Dhina, opposant politique de longue date au régime algérien, aurait joué un rôle important dans les débats et discussions autour de cette élection, mais la justice française semble en avoir décidé autrement.

La Présidente de la chambre d’instruction de la cour de Paris a décidé hier d’ordonner un complément d’information et de renvoyer l’affaire au 6 juin 2012, prolongeant ainsi d’autant la détention du Dr Dhina, ce qui a de quoi donner des motifs de satisfaction au régime d’Alger dont l’objectif principal était de neutraliser un opposant actif, au moins pendant la durée de la période électorale à venir.

Le comité FreeMourad s’étonne de cette décision, alors même que la magistrate en charge du dossier avait relevé, lors de l’audience du 21 mars, que ni le mandat d’arrêt, ni la demande d’extradition adressés par l’Algérie n’étaient conformes à la convention bilatérale d’extradition de 1964 et ne comportaient notamment ni la date ni les lieux des faits. L’avocat général avait, au cours de cette audience, lui-même ajouté que « force est de constater qu’un certain nombre d’obligations ne sont pas respectées, la première qui parait la plus évidente est de savoir quel est l’objet de la demande ».

Me Antoine Comte, l’avocat du Dr Dhina, avait clairement relevé le fait que la justice algérienne n’avait pas été en mesure de fournir les documents nécessaires deux mois après l’arrestation de son client. Il a également soulevé le fait qu’une enquête de la police helvétique ouverte à la demande des autorités algériennes, qui a duré de 1994 à 2000, avait été classée en raison de l’absence de tout fondement des accusations portées contre le Dr Dhina.

Cette décision de la cour de Paris semble donc incompréhensible, sinon à donner crédit à tous ceux qui, en Algérie, dans le monde arabe et en Europe dénoncent l’instrumentalisation de la justice française par le régime d’Alger et la collusion entre la majorité au pouvoir en France et le régime algérien pour museler une personnalité politique qui appelle à l’établissement d’une véritable démocratie et d’un état de droit dans son pays.

 
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Non à l'extradition de Mourad Dhina  
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