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Affaire Mourad Dhina : L'avocat général qualifie « d' « ubuesque » la demande algérienne d'extradition !Comité FreeMourad, 21 juin 2012 Ce mercredi 20 juin 2012 la demande d'extradition du gouvernement algérien du Dr. Mourad Dhina a une nouvelle fois été examinée par la chambre d’instruction de la Cour de Paris. Lors de l’audience du 21 mars, la cour, après avoir relevé les contradictions et incohérences du dossier, avait demandé aux autorités d’Alger de produire certains documents, parmi lesquels l’arrêt de renvoi de la chambre d’accusation devant le tribunal criminel d’Alger daté du 26 octobre 2004. Le régime d’Alger a finalement transmis à la Cour les documents requis qui se trouvent être en totale contradiction avec l’argumentation contenue dans leur demande initiale. Dans un revirement spectaculaire, l'avocat général a non seulement confirmé les incohérences et absurdités du dossier des autorités algériennes mais pris celles-ci en flagrant délit de mensonge. Dans le résumé des faits produit à l’appui de leur mandat d’arrêt ces dernières avaient prétendu que le principal accusé dans une affaire de terrorisme, M. Samir Hamdi Bacha, avait mis explicitement en cause le Dr Mourad Dhina. Il ressort cependant du document d’accusation présenté par les autorités algériennes elles-mêmes que non seulement M. Hamdi Bacha a lui-même été victime d’une procédure arbitraire mais qu’il a au surplus totalement mis hors de cause le Dr Mourad Dhina. Confronté à ces incohérences doublées d’une mauvaise foi évidente, le magistrat français n’a pu que constater que les autorités n'avaient pas répondu de manière satisfaisante à la demande d'information complémentaire de la cour allant jusqu’à qualifier « d' « ubuesque » la demande d'extradition et requis en conséquence un avis défavorable de la Cour. Maître Comte, l’avocat du Dr Dhina, a appuyé le réquisitoire de l'avocat général et fait siennes ses conclusions en soulignant le caractère politique évident de la demande du régime d’Alger dont l’unique but est de faire taire un opposant. Le Dr Dhina a pour sa part déclaré qu’au-delà de son sort personnel il était peiné pour l’image donnée de l’Algérie par le pouvoir illégitime et corrompu qu’il combat depuis 20 ans et que son cas ne peut que donner une idée de ce que subissent les milliers de victimes en Algérie d’une justice inique et expéditive. Il est à relever que dans des affaires similaires de demande d’extradition d’opposants, les autorités algériennes s’abstiennent généralement d’envoyer aux juridictions européennes les documents demandés par les juges pour ne pas avoir à se ridiculiser et à montrer à quel niveau de déliquescence la justice algérienne est tombée. L’affaire a été maintenue en délibéré pour le 4 juillet prochain comme annoncé au cours de la précédente audience. Le Comité FreeMourad espère que justice sera faite et que Mourad Dhina sera libéré après plus de six mois de détention injustifiée. Le rappel de l'affaireDr. Mourad Dhina, opposant au régime algérien, cofondateur du mouvement Rachad et directeur exécutif de l’ONG Alkarama de Genève, vivant en Suisse depuis près de 20 ans, a été arrêté par la police française à Orly le 16 janvier 2012 à la demande des autorités algériennes. Il est depuis détenu à la prison de la Santé à Paris sous écrou extraditionnel. Les autorités algériennes ont, depuis de nombreuses années, cherché à neutraliser le Dr Dhina en l'accusant d’appartenance à un groupe terroriste en Suisse pour justifier leurs demandes d'extradition à ce pays qui n'y a cependant jamais accordé suite. La Cour de Paris par contre n’a, lors d'une première audience le 21 mars, pas cru devoir tenir compte d'un courrier du ministère public de la Confédération helvétique à l'avocat de M. Dhina, Me Antoine Comte, attestant qu’une enquête menée de 1994 à 2000, soit pendant 06 années, avait été classée en raison de l’absence de tout fondement aux accusations portées contre le Dr Dhina. Elle a demandé un complément d'information aux autorités algériennes. Le ministère algérien des affaires étrangères a fini par produire l’arrêt de renvoi devant le tribunal criminel d’Alger des trois accusés poursuivis dans une affaire qui se révèle, a postériori, comme avoir été montée de toute pièce pour tenter de faire extrader le Dr Mourad Dhina par les autorités suisses. |
Non à l'extradition de Mourad Dhina | ||||
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www.algeria-watch.org
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