| |
|
Harcèlement
continu
El Watan, 19 novembre
2003
Le correspondant
du quotidien El Djazaïri Hassan Bouras a été condamné
le 8
novembre dernier à une peine de 2 ans de prison ferme pour diffamation,
assortie d’une interdiction d’écrire durant 5 ans,
et au paiement de 200 000
DA à la partie plaignante pour dommages et intérêts.
Le journaliste qui
comparaissait en prévenu libre, a été arrêté
à l’audience
aussitôt les débats clôturés, mais avant même
sa condamnation formelle qui
ne lui fut communiquée qu’à la fin de la délibération
des juges, soit deux
heures après. Le condamné déclara entamer sur-le-champ
une grève de la faim
devant ce qu’il considère comme un abus de justice. L’affaire
remonte à la
parution quelques mois auparavant d’un article de presse reprenant
l’
essentiel d’un tract signé par Nour Bachir, officier de l’ALN
et actuel
responsable du bureau de wilaya de l’ONM, et où ce dernier
dénonçait les
agissements politiques de Moulay Brahim, ancien officier de l’ALN,
et de son
fils, actuel président d’APC FLN d’une commune rurale.
La famille Moulay a
porté plainte contre le correspondant qui a été condamné
malgré la présence
de Nour Bachir à l’audience, qui persistait dans ses déclarations,
reprises
auparavant par le journaliste. Il est à noter que Hassan Bouras
a été déjà
agressé physiquement (voir El Watan du 26 janvier 2003) pour ses
articles
concernant ces règlements de comptes au sein de l’ONM et
qu’à ce jour son
affaire traîne au niveau du tribunal, ainsi qu’un premier
procès qu’il a
intenté au même Moulay Brahim pour insultes et injures en
public en date du
19 mars 2001. Pour ses proches comme pour les observateurs de la vie locale,
cette célérité à traiter cette dernière
affaire ainsi que la sévérité de la
peine tiennent à un précédent article concernant
une affaire de faux et
usage de faux impliquant la femme de procureur du même tribunal.
Le
correspondant en grève de la faim (10e jour) a été
transféré à la prison de
Saïda après son appel auprès de la cour.
Par B. B.
|
|
|