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PERSONNES ARRÊTÉES À DJELFA
Le
pouvoir réprime la misère
L'Expression,
12 juillet 2004
Les habitants d’Aïn Chih continuent de vivre une précarité et
une indigence sans pareilles.
Depuis une année, la ville agropastorale de Djelfa continue de
défrayer la chronique. Du congrès des redresseurs du FLN à l’incarcération
du journaliste et militant des droits de l’homme, Hafnaoui Benameur
Ghoul, en passant par le scandale de la mort suspecte des 14 bébés
dans un hôpital de la ville, Djelfa s’est lamentablement
illustrée par des images qui l’ont fait sortir de l’anonymat.
Depuis deux jours, ce sont les jeunes des quartiers déshérités
d’Aïn Chih qui, contestant la mal vie et la précarité dont
ils se trouvent dangereusement victimes, font la une. Pour celui qui
connaît la ville, Aïn Chih est un quartier qui résume
toute la misère de Djefla.
C’est justement contre cette situation que la jeunesse s’est
soulevée, pour dire aussi que les autorités de la ville
ne respectent pas leurs engagements, que le wali fait des promesses qu’il
ne peut tenir, que les pouvoirs publics ne sont là que pour réprimer
et tuer la contestation sociale dans l’oeuf. Les bidonvilles d’Aïn
Chih, qui devaient être éradiqués avant le 5 juillet,
vont encore s’éterniser. L’eau ne va pas jaillir des
robinets et l’électricité ne sera pas raccordée
demain. C’est ce que semble dire la répression qui s’est
abattue sur les émeutiers : 30 jeunes ont été interpellés,
dont 17 placés en garde à vue, selon une source locale.
Cette brusque poussée de tension à Djelfa se passe la veille
de la présentation de Ghoul -encore !- devant le juge. «La
répression peut faire restaurer l’autorité de l’Etat»,
pensent les pouvoirs publics. En fait, ils ne font que retarder l’échéance
d’un séisme social qui risque de faire tout sauter sur son
passage.
Fayçal OUKACI
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