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La pression sécuritaire s’accentue sur les candidats à l’immigration Six morts à Melilla et 500 personnes déportées dans le désertLe Quotidien d'Oran, 8 octobre 2005 Au problème humain posé par les candidats à l’immigration vers l’Europe, la réponse sécuritaire reste de mise. Les pressions vers la création de centres de rétention au Maghreb risquent de s’accentuer. Le Maroc en profite pour accuser l’Algérie de mener une «sombre entreprise». Les soldats marocains ont tiré. Sur les centaines de noirs africains qui tentaient, jeudi matin, un autre passage en force vers l’enclave espagnole de Melilla, six sont tués par balles. Cinq personnes avaient été tuées la semaine dernière dans des circonstances similaires. Le recours à des tirs à balles réelles ne semble pas dissuader des candidats à l’immigration de tenter leur chance au péril de leurs vies. Le drame de ces infortunés bloqués dans leur quête de l’eldorado européen par les barbelés de Ceuta et Melilla tourne à la crise régionale. Pour tenter de dissuader les candidats prêts à tout, l’Espagne a décidé d’activer un accord signé en 1992 avec Rabat lui permettant de renvoyer vers le Maroc les noirs africains qui ont franchi les clôtures des enclaves. Un groupe de 73 Africains a déjà été expulsé jeudi soir vers la ville de Tanger en provenance d’Algésiras, les autorités espagnoles affirmant avoir reçu «toutes les garanties» du Maroc qu’ils auront un traitement conforme à la loi et aux droits humains. Pas de quoi apaiser les ONG des droits de l’homme qui expriment des graves inquiétudes sur la manière dont le Maroc gère cette crise. Ces inquiétudes sont étayées d’informations précises. L’organisation Médecins sans frontières a indiqué que plus de 500 émigrants dont des femmes et des enfants ont été déportés et abandonnés dans le désert au sud du Maroc, à El Aouina-Souatar, après avoir été expulsés des enclaves de Ceuta et Melilla. MSF annonce avoir prodigué des soins à plus de 50 personnes qui souffraient de «blessures et contusions produites lors de chutes comme conséquences des assauts sur les grillages de Ceuta et Melilla» mais aussi par «des balles de caoutchouc et des coups» et a fait le constat de que les immigrants subissent des «violences des polices espagnole et marocaine». SOS Racismo, une ONG espagnole, confirme que les déplacements des immigrants vers le désert, près de la frontière avec la Mauritanie, ont cours depuis plusieurs semaines. Apparemment, les renvois vers la frontière algérienne sont jugés inefficaces, les candidats à l’immigration revenant encore tenter leur chance de gagner l’eldorado européen. S’agissant des «garanties marocaines» évoquées par l’Espagne, l’ONG estime qu’elles n’auront aucune réalité et que les clandestins risquent d’être renvoyés dans le désert. Après la mort de 6 personnes, la Commission européenne a appelé les Espagnols et les Marocains à avoir des «réactions proportionnelles» et a décidé d’envoyer une mission à Ceuta et Melilla. De son côté, le secrétaire général de l’Onu a estimé que la question de l’immigration était un «très grave problème». Cette crise ne manquera d’accélérer les pressions de l’Europe sur les pays de transit, voire même de ressusciter d’idée de création de centres de rétention pour immigrants dans les pays du Maghreb. L’idée, déjà évoquée et dénoncée par les ONG, vise à contenir les candidats à l’asile hors des frontières de l’Europe durant l’examen des dossiers. Des projets pilotes sont en cours en Ukraine, Moldavie et l’Europe est tentée de faire pression pour en installer au Maghreb, voie de transit privilégiée des Africains. La Libye paraît tentée d’accepter une formule où, hypocritement, l’Europe considère que l’efficacité du traitement de l’immigration dépendrait du faible niveau de protection des droits de l’homme. On n’oublie pas non plus de reparler d’un «plan Marshall» pour l’Afrique tout en soulignant que ses effets ne peuvent s’inscrire que sur le long terme. Autant dire que les moyens sécuritaires vont se renforcer. Le Maroc en profite pour se défausser sur l’Algérie qu’il accuse de ne pas faire grand-chose pour contrôler les milliers d’Africains qui transitent au Maroc via Maghnia. Hier, dans un commentaire très violent, l’agence MAP accuse l’Algérie de se livrer «au jeu morbide du laisser-faire» et de persister «dans son élan déstabilisateur». De là à suggérer que l’Algérie suscite et encourage le phénomène, il n’y a qu’un pas que le commentateur de la MAP franchit allègrement en parlant de «gain illusoire qu’elle espère tirer de cette sombre entreprise» qui se «changera inéluctablement en perte». L’agence officielle marocaine appelle l’Europe à exercer des pressions sur l’Algérie alors que «la cogérance de cette situation a pris des proportions plus qu’alarmantes...». Apparemment, le Maroc en bisbille avec l’Algérie sur la question du Sahara Occidental n’a pas résisté à la tentation puérile - quand on connaît l’ampleur du problème migratoire - de rendre l’Algérie responsable de la crise. Mais c’est sans doute un réflexe pavlovien, quand il y a une difficulté au Maroc, il faut toujours lui chercher une cause algérienne. Cela fera sourire s’il ne s’agissait d’un problème sérieux et grave. M. Saâdoune |
Criminalisation de la migration | ||||
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www.algeria-watch.org
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